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[HOMÉLIE] Il n’y a pas de plus grand roi !

Le pardon du bon Larron

Brooklyn Museum.

Le pardon du bon Larron, par James Tissot

Mickaël Le Nezet - publié le 19/11/22

Curé de la paroisse de Rochefort, le père Mickaël Le Nézet commente les lectures de la solennité du Christ Roi de l’univers (2S 5, 1-3 ; Ps 121 ; Co 1, 12-20 ; Lc 23, 35-45). Faisons confiance à la royauté du Christ qui est sans égale : jusque sur la croix, elle vainc toujours le mal par le bien.

Le peuple restait là à regarder Jésus sur la croix. C’est la sidération, l’incompréhension. Celui qui n’avait cessé de faire le bien autour de lui est là, agonisant sous leurs yeux. Celui qui avait redonné espoir à beaucoup est là, humilié et crucifié. Le mal semble avoir gagné. L’injustice semble avoir triomphé. Lui qui n’avait rien fait de mal comme le dit le bon larron a été mis à mort. « Voici votre roi ! » dira Pilate à la foule venue demander la mise à mort de Jésus. N’est-ce pas surprenant de proclamer roi, un crucifié, un humilié, qui n’a même plus apparence humaine ? Mais n’est-ce pas justement le grand mystère de la foi qui vient renverser toutes les logiques humaines nous invitant alors à une espérance encore plus grande ?

La logique de Dieu

Une chose a retenu mon attention dans l’évangile à travers ce dialogue surprenant entre Jésus et les deux autres crucifiés. Alors que Jésus supporte les terribles souffrances de la crucifixion cherchant dans ses dernières forces un peu d’air pour respirer, il entre pourtant en dialogue avec l’un des deux larrons. À ce moment où l’épreuve atteint son paroxysme, Jésus a une parole d’apaisement et de réconfort pour le bandit crucifié lui-aussi : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis » (Lc 23, 43). À l’approche de cette fin tragique sur la croix, Jésus ne pense pas à se sauver mais à sauver celui qui se reconnaît coupable : « Après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons » dira le bon larron (v. 41). La logique humaine qui voudrait que le Fils unique de Dieu use de son pouvoir pour se libérer de la mort et ainsi se sauver de cette épreuve, cette logique est renversée par la logique de Dieu qui a donné au monde son Fils bien-aimé pour le sauver du mal et de la mort. 

Tel est ainsi notre roi, frères et sœurs ! Il n’y a en effet pas plus grand roi que celui qui jusqu’au bout aura souci de ses sujets. Il n’y a pas plus grand roi que celui qui s’oublie par amour de ses proches. Tel est notre roi que nous fêtons ce dimanche. 

Vainqueur du mal en faisant le bien

Et voilà pourquoi Paul dans la deuxième lecture nous invite à rendre grâce à Dieu qui nous a rendu capables d’avoir part à l’héritage des saints, nous arrachant au pouvoir des ténèbres par son Fils bien-aimé. Le roi que nous honorons n’a pas répondu à ceux qui lui voulaient du mal ou qui se moquaient de lui. Il ne s’est pas laissé emporter par les provocations de ceux qui l’interpellent pour le tourner en dérision : « Sauve-toi toi-même ; qu’il se sauve lui-même » (cf. v. 35-37). Notre roi, sur la croix, n’a qu’une parole de consolation et de réconfort : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis » (v. 43). Notre roi n’entre pas en guerre contre ceux qui lui font du mal. Il ne livre pas bataille à ceux qui l’humilient. Il est vainqueur du mal en faisant le bien jusqu’au bout, quoi qu’il lui en coûte. Quel autre roi, frères et sœurs, serait capable d’une telle attention, d’une telle abnégation, d’une telle bienveillance ? Nous avons raison de reconnaître en Lui le vrai roi en qui nous mettons notre confiance. Nous savons qu’il ne nous abandonnera jamais, qu’il ne se détournera jamais de nous, qu’il aura toujours souci de nous si nous savons nous tourner vers lui. 

Celui qui fait la vérité vient à la lumière 

Car on ne se sauve pas tout seul, disait le pape François. On ne se sauve pas à force d’efforts et de sacrifices. On est aimé, sauvé, et pardonné par Celui qui est allé jusqu’à donner sa vie sur une croix par amour pour nous. Cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu, cela ne vient pas de nos efforts mais de la grâce offerte par Jésus Christ. Et c’est bien ce dont nous sommes témoins dans le dialogue entre Jésus et le bon larron. En reconnaissant devant Jésus le mal qu’il a commis — « Pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons » (v. 41) — et en demandant la miséricorde de Jésus — « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (v. 42) — le bon larron reçoit cette parole de réconfort et d’espérance : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis. » Et c’est ainsi que nous comprenons cette parole de saint Jean : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3, 21). Ainsi, comme l’écrit le pape François dans l’exhortation Gaudete et Exultate : « Quand des circonstances nous accablent, nous pouvons toujours recourir à l’ancre de la supplication qui nous conduit à demeurer encore dans les mains de Dieu et près de la source de la paix : “N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu. Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées” (Ph 4, 6-7) » (GE, n. 114).

Approchons-nous toujours de notre Roi avec confiance. Sachons nous en remettre à lui, en vérité. N’ayons pas peur de nous présenter à lui tel que nous sommes et avec humilité. Revenons sans cesse à lui pour entendre alors cette parole de vérité : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis » et alors « la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées » (Ph 4, 7). 

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HomélieJésusPardon
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