"Fréquenter le tombeau du Christ quotidiennement, c’est expérimenter tous les matins qu’il n’y a rien !" s’exclame le frère Stéphane. Le nouveau "président" du Saint-Sépulcre aime ce lieu, et il pourrait en parler des heures durant. Quand on lui fait remarquer que le terme de "président", pour un religieux franciscain, sonne étrangement, il explique que la communauté de frères qu’il dirige et qui veille sur le tombeau du Christ dépend directement du "custode" (c’est-à-dire "gardien" en latin) de Terre sainte, supérieur de tous les franciscains de la région. Depuis 1342 et le pape Clément VI, les franciscains ont la charge pour les Latins (l’Église catholique romaine) des lieux saints. En fait, ce sont les seuls religieux occidentaux autorisés en Terre sainte par les autorités musulmanes durant de longs siècles. Au Saint-Sépulcre notamment, où les franciscains vivent sans interruption depuis 1309. Arrivé à la fin d’août pour cette nouvelle mission, le frère Stéphane est marqué par ces presque quatorze siècles qui le précèdent et désire "mettre ses pas dans ceux derrière [lui], rien n’est nouveau".












