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Où et quand Dieu m’attend-il ?

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Pierre Vivarès - publié le 16/11/22

Où Dieu m’attend-il ? En posant la question ainsi, remarque le père Pierre Vivarès, curé de la paroisse Saint-Paul à Paris, le vague à l’âme d’une lassitude spirituelle liée à une Église fatiguée et fatigante prend une autre perspective.

La semaine dernière a été rude, une de plus. Une conférence des évêques à Lourdes, une de plus. Un discours de clôture, un de plus. Il se trouve que j’étais en congés lors de cette semaine d’avalanche de nouvelles révélations et, loin de ma paroisse, loin de ce peuple de Dieu avec lequel je célèbre tous les jours, loin des prêtres avec lesquels je vis, loin des laïcs avec lesquels nous travaillons pour faire vivre notre communauté, annoncer l’Évangile, célébrer le Christ et veiller sur les plus fragiles, une grande lassitude m’a saisi devant l’Église, devant « notre sainte mère l’Église hiérarchique » comme l’écrit saint Ignace de Loyola dans les Exercices spirituels

Le désir de Dieu

Est-ce le sentiment d’un conjoint fatigué de son époux ou de son épouse, la lassitude d’un employé pris dans une structure dans laquelle il ne trouve plus de sens pour sa vie personnelle ou pour la vie de l’entreprise, la fatigue d’un citoyen pris dans une nation dont les lois et la politique lui semblent néfastes pour lui ou pour le monde ? Il ne s’agit pas de remettre en cause la beauté de l’Évangile, la puissance du Christ agissant dans le monde, l’Église du ciel que nous avons célébré à la Toussaint. C’est peut-être le désir d’être ailleurs, de vivre autrement, pour se protéger et retrouver une paix intérieure que les actualités attaquent chaque jour. On se prend à être tenté d’un ministère autre, lointain, différent. On peut rêver d’un service du Christ plus radical, moins institutionnel que celui exercé dans une paroisse millénaire, dans une structure plus souple que celle d’un grand diocèse où parfois certains vous mentent en vous regardant dans les yeux. 

En fait, on peut rêver d’un élan retrouvé en changeant le cadre de sa vie et son lien avec « notre sainte mère l’Église hiérarchique » car on ne discerne plus ni sa sainteté, ni sa maternité en raison même de son caractère hiérarchique. Ce désir d’un ailleurs n’est pas une tentation, car une tentation porte sur un désir mauvais et ce n’est pas le cas. Il ne s’agit pas de partir ou de tout plaquer, de renier ou de changer de vie. C’est le désir d’une fraîcheur, d’une simplicité, d’une authenticité, disons-le d’une sainteté. C’est le désir du psalmiste : « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche, toi mon Dieu. » C’est une expérience spirituelle liée à l’appartenance à un corps, à ce Corps qu’est l’Église incarnée dans un lieu donné, et à la modalité d’exercice de sa vie chrétienne à l’intérieur de ce corps. Il ne faut pas répondre trop vite que l’herbe ne sera pas plus verte là-bas qu’ici et que les travers rencontrés quelque part se retrouveront partout. D’abord ce n’est pas forcément vrai et on ne reste pas quelque part par dépit, par habitude ou par paresse : on y reste par choix. Le choix de Dieu ne me pose pas question : ni le choix que Dieu a fait de moi le jour de mon baptême, ni le choix que j’ai fait de Dieu en essayant de suivre le Christ. 

Être où on doit être

J’ai donc ruminé la lassitude de cette expérience spirituelle avant de regagner ma paroisse le dimanche. Le peuple de Dieu était là, chantant la gloire du Christ vainqueur du péché et de la mort. Lui aussi a dû vivre ce vague à l’âme mais, comme saint Pierre, peut-être a-t-il prié en disant : « À qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. »

J’ai célébré un baptême le dimanche puis les douloureuses obsèques d’une jeune maman le mardi. C’est pour eux que je suis prêtre.

J’ai célébré un baptême le dimanche puis les douloureuses obsèques d’une jeune maman le mardi. C’est pour eux que je suis prêtre. Un autre que moi l’aurait fait, certainement mieux d’ailleurs, et il ne sert à rien de se croire indispensable. Mais j’ai la certitude que la sainteté consiste à être où on doit être au moment où on doit l’être. Que ce soit dans les rires d’un dîner entre amis, le transport pour aller travailler ou conduit à l’échafaud pour y subir le martyre, la sainteté n’est qu’une adéquation entre le lieu, le temps et l’être. 

Où et quand Dieu m’attend-il ? En posant la question ainsi, le vague à l’âme d’une fatigue spirituelle liée à une institution fatiguée et fatigante prend une autre perspective. Dieu m’attend avec mes frères et sœurs chrétiens pour tenir notre devoir de prière et de louange, Dieu m’attend auprès de ceux qui se réjouissent et de ceux qui pleurent, Dieu m’attend auprès de ceux qui vivent les béatitudes. Et qui va me dire où je dois être ? C’est cette même sainte Mère, l’Église hiérarchique. Tant qu’elle m’envoie en mission sans me demander de trahir ma conscience, de faire le mal, de taire des crimes ou de n’être qu’au service de sa propre conservation, c’est elle qui me montre le chemin par où je dois passer, là où je dois être, avec qui je dois être et quand je dois y être. C’est là le choix que je dois poser, renouveler, et s’il peut être le lieu d’une immense lassitude, il n’en reste pas moins le chemin que je dois prendre. 

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