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Ces astuces à adopter quand un enfant nous pousse à bout

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fizkes I Shutterstock

Caroline Moulinet - publié le 15/11/22

Celui qui veut tout contrôler, celui qui demande de l'attention, celui qui demande de l'aide pour tout... Certains profils d'enfant poussent particulièrement à bout. Comment poser des limites sans recourir au chantage ou à la violence?

La Fondation pour l’Enfance a publié un baromètre exclusif sur les violences éducatives ordinaires (VEO) réalisé par l’Ifop fin octobre 2022. L’enquête révèle que 79% des répondants déclarent avoir mis en œuvre au moins une violence éducative pour l’un de leurs enfants au cours de la semaine précédant l’enquête, 65% au moins deux et 49% au moins trois. Les violences éducatives les plus pratiquées sont des violences morales : « crié très fort après lui » (55%), « mis au coin ou puni dans sa chambre » (48%), « privé de quelque chose (dessert, écrans, bonbons, doudou) car il ne vous obéissait pas » (46%) et « promis quelque chose pour obtenir obéissance » (42%). Les violences physiques sont comparativement moins mises en œuvre, même si une part non négligeable a « donné une fessée » (23%), « bousculé » (20%) ou « donné une gifle » (15%). Certains comportements sont particulièrement propices à la violence. Voici quatre exemples, avec pour chacun des astuces pour maintenir la paix à la maison.

1L’enfant en demande constante d’attention

« Quand cela fait déjà dix fois que mon fils interrompt la conversation que j’ai avec mon mari ou une amie, je perds franchement patience et je lui dis de se taire… ou plutôt, c’est vrai, je crie ‘Je ne veux plus t’entendre !’… », témoigne Clémence. Quel parent de jeunes enfants n’a pas vécu la même expérience ? Cependant, l’enfant de 3-4 ans qui interrompt une conversation n’a pas forcément conscience de son intrusion. Lui dire fermement d’attendre que l’adulte ait fini de parler aide sur le moment, mais une solution plus efficace sur le long terme consiste à apprendre à l’enfant comment se comporter dans ces situations et de l’assurer que ses parents l’aiment même si leur attention n’est pas centrée sur lui.

Décider d’un geste code pour lui signifier « Je vois que tu veux me parler, laisse-moi cinq minutes, je t’aime, je te vois et je t’écoute dans un instant », fonctionne bien. Juliette raconte s’être mise d’accord avec sa fille pour lui faire un clin d’œil en « geste-code », en lissant sa queue de cheval, tout en parlant à ses amies. « Ma fille a compris, elle attend. Elle est même fière de notre petit secret. De mon côté j’essaie de ne pas discuter pendant 20 minutes et de lui donner de l’attention sans tirer trop longtemps sur sa patience de fille de 5 ans ».

2L’enfant qui s’oppose et veut tout contrôler

Choisir le chemin en rentrant du parc, décider de ses vêtements, refuser de manger la pomme parce qu’elle a été coupée de travers… Les situations de ce genre pourraient être cocasses si elles ne mettaient pas les parents sur le fil de l’explosion. « Tu es insupportable ! » ou « Arrête de toujours râler ! » fusent et peuvent faire très mal à l’enfant qui fait un raccourci rapide et croit qu’il n’est plus aimé. L’enfant se sentant rejeté peut même avoir tendance à s’opposer encore davantage, comme pour confirmer son idée.

Alors les parents ont à apprendre à prendre de la hauteur. N’ont-il pas quelques années de plus et des ressources un peu plus grandes de maîtrise d’eux-mêmes ? Une routine claire (préparer les vêtements la veille, ou laisser le choix entre deux tenues – qui plaisent toutes les deux aux parents) et encore prévenir l’enfant de ses attentes (« Nous quittons le parc dans cinq minutes, je souhaite qu’en rentrant tu viennes tout de suite dans le bain, ensuite tu pourras sortir le jeu que tu préfères ») aide à ce que l’enfant se sente reconnu dans ses désirs et apprécié pour qui il est.

3L’enfant revanchard

Cela peut être l’attitude de l’enfant qui se durcit au fur et à mesure des punitions de ses parents. Il semble réagir en se disant « Tu m’as enfermé dans ma chambre, et bien tu vas voir, ta fessée je n’en ai rien à faire, tu ne me forceras pas à faire mes devoirs. » Ou encore « Tu m’as traité d’imbécile et privé de tablette, je vais te le faire payer ce soir. » Plus encore, l’enfant va trouver de la fierté s’il arrive à attraper ladite tablette sans se faire pincer.

Ces situations sont douloureuses pour le parent parce que l’enfant semble faire ce qui est mal de façon délibérée. Et il y a du vrai dans cette attitude, mais cette réaction est le résultat d’une souffrance intérieure et d’une violence contre lui-même. Si le parent le trouve méchant, et bien il choisit de l’être de plus en plus.

Aussi paradoxal que cela paraisse, célébrer les petits pas, remercier pour le couvert qui a été mis malgré les grognements, mettre des mots quand l’enfant a été gentil avec son frère ou sa sœur, tout ceci permet aux parents d’inverser l’engrenage. Clémence confie : « Mon fils m’exaspère quand il fait exprès d’asticoter sa petite sœur alors que je lui ai interdit la tablette, je sais qu’il veut me faire craquer. Même son regard en coin me provoque. Après avoir suivi un cours pour parents, j’ai tenté l’expérience et j’ai mis l’accent sur les moments où il est gentil, au lieu de pointer du doigt chaque fois qu’il était pénible. J’ai été surprise de voir que nos relations se sont apaisées. Il y a moins d’amertume entre nous. »

4L’enfant qui demande de l’aide pour tout

Peut-être par peur de rater et de décevoir le parent, ou parce qu’il est bien agréable d’avoir ses parent auprès de soi, certains enfants aiment se faire aider, voire assister, pour mettre leurs chaussures, porter leur sac, couper leur jambon. Juliette reconnaît son erreur : « Elle voulait que je lui donne la main pour glisser sur le toboggan. Sérieusement… Je me suis moquée ‘C’est la honte de ne pas savoir faire ça, enfin!’ Quand j’ai vu ses joues toutes empourprées, j’étais si désolée! »

Il y a parfois davantage de maladresse dans les mots des parents que de volonté de faire mal. Pourtant les enfants cherchent l’appréciation de leurs parents pour progresser dans le monde. Il est préférable de ne pas développer de sentiment de honte ou de culpabilité, tout le monde a le droit d’essayer et de se tromper. Les parents ont donc à trouver l’équilibre : d’abord aider leur enfant à apprendre les différentes étapes d’une compétence nouvelle (s’habiller par exemple en commençant par un t-shirt plutôt qu’une robe avec quinze boutons, se servir de purée avant d’apprendre à se servir d’eau ou alors utiliser une petite carafe) puis l’encourager à se lancer et persévérer devant les difficultés. Chaque succès aura bien plus de valeur que de s’entendre dire « Quel imbécile, tu ne sais même pas faire ça ! »

Une saine autorité structure la personnalité et ouvre sur le monde. Les cris et la violence morale ou physique étouffent et laissent crainte et rancœur dans le cœur des enfants. Au contraire, la fermeté et la tendresse aident à croire en soi et à progresser. Etre parent n’est pas tous les jours facile, les adultes ont besoin de zones de décompression parce qu’éduquer des enfants demande beaucoup d’amour, beaucoup d’énergie et de dévouement, mais voir leurs enfants en confiance avec eux est un cadeau réciproque pour toute la vie.

Tags:
ÉducationEnfants
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