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La fin d’un monde ?

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Pascal Deloche / Godong

Michel Cool - publié le 13/11/22

Nous sommes les témoins médusés de la fin d'un monde, constate notre chroniqueur Michel Cool, mais pas de la fin du monde. Dans nos faiblesses, se trouve toujours l’étincelle de Dieu irradiant l’invisible lumière du ciel.

La fin d’un monde n’est pas la fin du monde ! J’écris cela à la fin d’une semaine pénible pour beaucoup de catholiques tiraillés entre la nausée et la révolte. Mais elle le fut d’abord pour les victimes des crimes pédocriminels dans l’Église. Pris par l’émotion, on a fâcheusement tendance à les oublier. Ce sont pourtant elles qui ont le plus souffert de la révélation par les évêques réunis à Lourdes que onze d’entre eux, dont un cardinal et ancien président de la conférence épiscopale, étaient visés par des procédures judiciaires pour cause d’abus sexuels sur des personnes vulnérables. Ne pas oublier les victimes ! Pas seulement en leur demandant pardon, en priant pour elles ou en militant pour une justice réparatrice, mais en se convertissant vraiment à leur douleur incommensurable.

Le monde d’hier

Comment se convertir à leur douleur ? En rompant une fois pour toutes avec les comportements et les discours qui ont prévalu pendant trop longtemps dans l’Église : oubli, censure, voire congédiement des victimes, pour sauver la façade d’une institution aujourd’hui discréditée et profondément lézardée. Ce combat-là n’est pas encore gagné ! Certains messages d’évêques envoyés de bonne foi à leurs diocésains demandent de prier pour l’Église, pour le corps épiscopal ; mais pas un mot, pas une ligne pour les victimes ! C’est à sa manière de « soigner », d’accompagner les victimes sur la longue route de leur reconstruction, qu’on pourra estimer la capacité de l’Église en France à changer profondément ses mœurs, à retrouver pleinement son humanité, ce grand cri qui traverse tout l’Évangile !

Nous assistons à la fin d’un monde ecclésial sans nul doute. Mais pas à la fin du monde. Encore moins à celle du christianisme qui, regardons ailleurs qu’en Europe, connaît des relèves impressionnantes comme sur le continent asiatique où pourtant vivre en chrétien est une leçon de courage chaque matin ! Par ailleurs, j’écris cette tribune le 11 novembre, jour anniversaire de l’Armistice qui mit fin à la grande saignée humaine de 14-18 dont l’Europe ne s’est finalement jamais relevée. La Seconde Guerre mondiale avec son terrifiant cortège de barbaries lui aura donné le coup de grâce qu’avait pressenti durant son exil brésilien, Georges Bernanos dont la liberté prophétique explose à chaque page de son livre Le Chemin de la Croix-des-âmes. Le 11 novembre c’est le clairon de la paix qui retentit sur le Vieux Continent, mais c’est aussi la signature de l’effondrement de la civilisation européenne, ce « monde d’hier » admirablement raconté par Stefan Zweig (Le Monde d’hier, souvenirs d’un Européen).

Un point de vérité pure

Nous sommes les témoins médusés de la fin d’un monde, mais pas de la fin du monde. Face au mal qui semble nous submerger, nous engloutir comme Jonas par la baleine, dans la Bible, nous voici vulnérables, fragiles, à la merci de nos émotions, de nos colères, de nos indignations, de nos ressentiments… Et dans cette ténébreuse obscurité, nous broyons du noir, nous voulons croire que notre monde court à sa perte… Ce faisant, nous noircissons encore plus le monde en lui ajoutant notre parcelle de noirceur. Nous oublions juste une chose : « Au centre de notre être, rappelle le moine trappiste américain Thomas Merton, se trouve un point vide, vierge de péché ou d’illusion, un point de vérité pure, un point — ou une étincelle qui appartient entièrement à Dieu, qui ne nous appartient jamais, à partir duquel Dieu dispose de nos vies, qui est inaccessible aux idées bizarres de notre esprit ou aux brutalités de notre volonté. Cette petite pointe de néant et de pauvreté absolue est la gloire pure de Dieu en nous… C’est, pour ainsi dire, Son nom écrit en nous, sous forme de notre pauvreté, de notre indigence, de notre dépendance, comme notre filiation. C’est comme un diamant pur, irradiant l’invisible lumière du ciel » (Réflexions d’un spectateur coupable, Albin Michel, 1970). 

D’autres maîtres spirituels, je pense à Etty Hillesum, Madeleine Delbrêl ou Maurice Zundel, nous rappellent à bon escient, selon une image saisissante de Helder Camara, que nous sommes peut-être des flaques de boue, mais où peuvent se refléter les rayons du soleil.

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