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On se marie ou on se quitte ? À Ourscamp, une retraite pour choisir

GIOVANE COPPIA,

Eugenio Marongiu | Shutterstock

Morgane Afif - publié le 12/11/22

Ils sont ensemble depuis deux, trois, cinq ans ou plus mais n’arrivent pas à sauter le pas de l’engagement. Pour les aider à se décider, le père Pierre-Marie Castaignos invite les couples à Ourscamp pour une retraite de discernement.

« Est-ce lui ? Est-ce elle ? En amont des fiançailles, vous vous posez encore des questions sur le choix du futur conjoint. Vous avez déjà commencé à cheminer ensemble et vous voulez prendre le temps de discerner : continuer vers le mariage, faire une pause ou rendre à chacun sa liberté. » Vaste programme pour cette retraite ouverte à tous ceux qui se posent la question du mariage religieux, croyants ou non, organisée cinq fois par an à l’abbaye d’Ourscamp, dans l’Oise. « L’annonce des fiançailles, explique le père, est immédiatement suivie d’une sorte de toboggan grisant dans lequel les amoureux sont projetés et qui les empêche souvent d’avoir le recul nécessaire pour discerner librement. Dans la vie religieuse, on multiplie les étapes avant l’engagement définitif : noviciat, premiers vœux, renouvellement annuel des vœux… Pour un parcours qui dure plusieurs années, au moins sept dans la majorité des communautés. Or, le mariage, qui est lui aussi un engagement pour la vie, ne passe que par une étape officielle : les fiançailles. Il faut donc, en amont, réfléchir à cette question : ‘‘est-ce lui ? est-ce elle ?’’. » Au programme : enseignements, temps de réflexion seul ou à deux, accompagnement par un prêtre ou un couple et témoignages. 

Je me suis rendu compte que nous étions arrivés face à un mur ; moi, incapable de me décider à sauter le pas, elle, meurtrie par mon incapacité à la choisir pour de bon.”

Formé à la thérapie de couple dans un institut laïc, le père Pierre-Marie accueille lors de ces week-ends soixante-dix à quatre-vingts amoureux, signe d’une vraie demande de la part des couples. « J’avais le sentiment que tant que nous n’étions pas fiancés, nous n’avions pas d’existence légitime aux yeux de l’Église, explique une retraitante. Ce qui est à la fois douloureux, vrai, mais pas tout à fait juste, puisque ce temps qui précède les fiançailles est une étape nécessaire au discernement, sans quoi le mariage n’existerait pas. » Jean, lui, a décidé de s’inscrire au parcours après trois années de relation : « Je me suis rendu compte que nous étions arrivés face à un mur ; moi, incapable de me décider à sauter le pas, elle, meurtrie par mon incapacité à la choisir pour de bon. On nous répète sans cesse que les fiançailles sont un temps de discernement, mais une fois qu’on a annoncé la nouvelle à tout le monde, que les familles s’impliquent dans le couple et qu’on a versé dix mille euros d’acompte pour le traiteur et la location de la salle de réception, on n’est plus vraiment libre de rebrousser chemin. » 

Et si la peur de l’engagement était le mal de cette génération qui approche de la trentaine ? « On se marie de plus en plus tard, constate le père Pierre-Marie, trente ans souvent passés, alors que les caractères sont déjà formés et les carrières professionnelles stables et bien entamées. De plus en plus de couples optent pour la vie commune avant le mariage, ce qui n’aide pas, dans le sens où le discernement exige de prendre un peu de distance. D’autant qu’on baigne encore dans un modèle d’amour pétri de romantisme à l’eau de rose, transmis par le cinéma et les romans : comme si aimer, c’était avoir des papillons dans le ventre et ressentir avec certitude que l’autre a été créé pour nous rendre complet. Je n’y crois absolument pas : il ne faut pas confondre amour et sentiment amoureux ! » C’est d’ailleurs tout le sens de cette formule que les nouveaux époux prononcent dans le sacrement du mariage : « Je promets de t’aimer tous les jours de ma vie. »

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