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Trois clés révélées par les neurosciences pour mieux comprendre son enfant

Mother and son cuddling

Iryna Inshyna | Shutterstock

Aliénor Strentz - publié le 01/11/22

Les neurosciences affectives et sociales, en nous dévoilant le mode de construction et de fonctionnement du cerveau de l’enfant, nous donnent les clés pour mieux le comprendre et l’accompagner dans son développement.

Les neurosciences affectives et sociales sont nées à la fin du XXe siècle. Leur intérêt majeur est d’aider à la compréhension de ce qui est nécessaire au bon développement de l’être humain. Elles nous dévoilent notamment trois clés pour mieux comprendre l’enfant et adapter notre comportement et notre éducation.

1le cerveau de l’enfant est immature

Une grande partie du cerveau de l’enfant se forme au cours des cinq premières années de la vie, mais sa maturation se prolonge jusqu’à la fin de l’adolescence, et même pour certaines régions du lobe frontal, jusque dans la troisième décade de la vie. Par exemple, le cortex orbito-frontal, dont le rôle est essentiel dans la régulation des émotions et l’aptitude à prendre des décisions, n’est pas encore arrivé à maturation chez le petit enfant. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle celui-ci est vite submergé par ses émotions. 

Prenons un exemple. Alice, 2 ans, se promène avec son père. Ils partagent un moment de complicité et sont heureux ensemble. Tout à coup, Alice voit dans une vitrine son jouet préféré et le veut immédiatement. Le père lui dit non, ce qui fait trépigner Alice. Le père se met en colère contre sa fille : « Arrête ton cinéma, tu es ridicule ! ». Alice se met à hurler et ne veut plus avancer.

Grâce aux neurosciences affectives et sociales, nous comprenons qu’Alice n’est pas « ridicule » mais qu’elle est envahie et dépassée par des émotions qu’elle ne parvient pas à maîtriser. Dans ce cas, crier, punir ou adresser des paroles blessantes à l’enfant ne servent à rien, et contribuent plutôt à détériorer la situation. Au contraire, rester calme, apaiser l’enfant (sans céder à son désir) et détourner son attention en suscitant son intérêt pour autre chose suffisent souvent à lui faire oublier l’objet de sa colère.

2le cerveau de l’enfant a une plasticité beaucoup plus grande que celle de l’adulte

Le terme de « plasticité » signifie que le cerveau est capable de « remodelage », de développement ou au contraire de suppression de circuits neuronaux. Ces modifications sont fonction des expériences relationnelles vécues par l’enfant. 

Les neurosciences affectives et sociales ont démontré qu’un enfant consolé suite à un chagrin ou une angoisse parvient plus facilement à développer ses lobes frontaux et à apaiser, avec le temps, ses émotions envahissantes (étude de Fox, 2010, Child developpement, n°81).

Au contraire, un environnement stressant et/ou violent a un impact très négatif sur l’enfant. En 2012, un chercheur de Harvard, Jeewook Choi, a effectué une étude portant sur deux groupes d’adultes, l’un ayant assisté à des violences conjugales durant leur enfance, l’autre ayant vécu avec des parents paisibles. Le chercheur a constaté des anomalies des circuits neuronaux (reliant différentes régions cérébrales, frontales temporales et occipitales) chez le premier groupe d’adultes. En revanche, il n’y avait pas d’anomalies cérébrales chez ceux qui avaient grandi dans un foyer apaisé (étude de Choi, 2012, Neuroimage, 59).

Une autre étude a démontré la diminution de volume du cortex orbito-frontal des enfants ayant subi des punitions corporelles (étude de Hanson, 2010, Journal of Neuroscience, n°30). Le cerveau de l’enfant se modifie donc, de façon constructive ou non, en fonction de ses expériences relationnelles avec les autres, et notamment les adultes vivant avec lui.

3Le cerveau de l’enfant se développe différemment selon l’environnement affectif

L’enfant a des besoins simples : bénéficier de temps privilégié avec ses parents, se sentir en sécurité avec eux et écoutés, et enfin être encouragés par eux pour aller de l’avant. Un enfant (comme l’adulte d’ailleurs) a besoin d’être aimé, mais aussi réellement écouté et reconnu dans sa spécificité. Il souhaite que ses émotions et ses désirs soient entendus et compris.

Catherine Gueguen, auteur du best-seller Pour une enfance heureuse, montre qu’en apprenant « l’échange empathique », bien des parents parviennent à améliorer leurs relations avec leurs enfants. Il s’agit, non pas de céder aux désirs de l’enfant et de se montrer à tout prix « gentil » avec lui, mais d’apprendre à l’écouter sans le juger ni l’accuser. L’enfant peut alors exprimer ses ressentis, se sentir écouté et compris. 

Lorsque Louise, 7 ans, dit à sa mère : « Tu ne m’écoutes jamais », elle dit en réalité qu’elle aimerait que sa mère l’écoute et passe davantage de temps avec elle. La mère peut lui répondre sur un mode accusateur et/ou plaintif, ou bien au contraire choisir d’être empathique avec sa fille. Elle pourrait alors lui dire : « J’entends que tu es en colère. Tu voudrais que je t’écoute. Je te propose qu’on prenne un moment toutes les deux après le dîner pour se parler. Es-tu d’accord ? ». La mère privilégie ici la compréhension de ce qu’éprouve sa fille, plutôt que l’accusation et la colère.

Un autre besoin essentiel de l’enfant est d’être encouragé par ses parents dans ses découvertes et explorations quotidiennes. Le parent est bien sûr conscient des dangers et des limites à donner à l’enfant, mais il le fait avec douceur et sans angoisser l’enfant. Au contraire, si l’enfant entend constamment « C’est dangereux, n’y va pas », il finira par se replier sur lui-même, devenir triste sans que ses parents comprennent pourquoi, et au final par perdre de jour en jour son élan vital.

Ces études scientifiques nous montrent l’importance de l’entourage de l’enfant. S’il est sécure, bienveillant et aimant, l’enfant s’épanouira. Si au contraire il ne l’est pas, l’enfant puis l’adulte qu’il deviendra sera incapable de réguler ses émotions, d’éprouver de l’empathie pour les autres, de prendre des décisions par lui-même… sauf s’il rencontre un jour sur sa route des adultes bienveillants, assurant le rôle sécurisant des parents défaillants. 

Selon son tempérament, sa force d’âme ou encore sa foi en la vie et/ou en Dieu, il pourra alors « faire résilience », c’est-à-dire mener une vie équilibrée malgré des expériences traumatisantes passées. Comme le dit l’apôtre Paul dans son épître aux Corinthiens, en rencontrant le Christ, « les choses anciennes sont passées, voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Co 5 :17).

Aliénor Strentz est fondatrice du blog « Chrétiens heureux » et Missionnaire de l’Immaculée Père Kolbe. Elle est aussi docteur en ethnomusicologie et formatrice pour adultes.

Tags:
ÉducationEnfants
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