Depuis la parution de l’ouvrage "Dieu, la science, les preuves" et des réponses qu’il a suscitées, la question de l’existence de Dieu fait son grand retour dans les librairies et les médias. Défendre et justifier la foi chrétienne auprès de ceux qui ne la comprennent pas ou la réfutent est le propre de cette discipline théologique vieille comme l’Église et qui s’est renouvelée devant les enjeux de chaque époque : l’apologétique.
Apologétique. Ce mot, qui peut sembler barbare, recouvre une réalité simple. On la retrouve notamment dans l’évangile de saint Luc (Lc 21, 14) ou dans la première épître de saint Pierre (1P 3, 15). Ce dernier affirme que le chrétien doit toujours être prêt à s’expliquer "devant tous ceux qui [lui] demandent de rendre compte de l’espérance qui est en [lui]". L’apologétique naît de cette exigence, avec une mission bien précise : "expliquer" ou "défendre" (du grec ἀπολογία) la foi.
Pourquoi expliquer sa foi et auprès de qui ? Dans les premiers siècles de l’Église, il s’agit d’abord, pour la génération post-apostolique, de convaincre les Juifs que Jésus est bien le Messie et, vis-à-vis des autorités romaines, de prouver que les chrétiens, dont la vie est constamment menacée, ne présentent aucune menace pour la cité. Les premiers convertis s’attèlent à cette tâche dès le IIe siècle : saint Justin, dans son Dialogue avec Tryphon, répond aux critiques des Juifs sur la vérité du christianisme, tandis que Tertullien, dans son Apologétique, réfute toutes les fausses rumeurs qui courent sur les chrétiens.










