Le service de Dieu, de la foi et de la vérité implique constance et fidélité. L’on ne transige pas avec le Maître, pas plus que l’on ne peut chercher à accommoder les intérêts du Ciel et ceux de la terre, son devoir et son agrément personnel. Certains, pour l’avoir oublié, l’ont payé très cher, tel le roi Pierre II d’Aragon — en 1212, héros de la chrétienté, l’année suivante, ennemi de l’Église frappé par la colère divine… L’affaire est terrible, incontestable aussi ; elle a surtout marqué le premier de ces retournements de situation impossibles qui prouvent la puissance du recours à la prière du rosaire.
Ce que l’on appelle "la croisade albigeoise", souvent décrite par les historiens hostiles au catholicisme comme une monstruosité, est en fait une affaire très complexe, où se mêlent étroitement la volonté des puissants seigneurs du Midi, et d’abord des comtes de Toulouse, de se libérer du roi de France, et une grave crise religieuse instrumentalisée à des fins politiques. Depuis la fin du XIIe siècle, venue des Balkans, une hérésie se répand à travers l’Europe, le catharisme. Peut-on d’ailleurs encore parler d’hérésie alors que ces croyances n’ont quasiment plus rien à voir avec le christianisme ?












