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Gabriel, étudiant en médecine aux Etats-Unis : « cela en vaut certainement la peine »

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A. NOOR / BSIP

Isabella H. de Carvalho - publié le 17/10/22

Gabriel raconte à Aleteia son expérience d'étudiant catholique en troisième année de médecine aux États-Unis, alors que les débats se révèlent très tendus sur les questions bioéthiques.

« Parmi les étudiants en médecine, il y a une quête d’excellence dirigée vers quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes. Ce que les gens interprètent comme étant plus grand qu’eux-mêmes varie cependant et peut être difficile à vivre. » C’est ainsi que Gabriel, étudiant catholique en troisième année de médecine dans le Midwest (États-Unis), décrit son parcours universitaire. Alors que les débats sur les questions bioéthiques, comme l’avortement ou l’euthanasie, sont quotidien dans la santé, les étudiants catholiques en médecine se retrouvent de plus en plus confrontés à ces sujets complexes. « À l’origine, ce qui m’a poussé vers la médecine, c’est mon amour pour les sciences humaines et l’interdisciplinarité, raconte Gabriel. D’un point de vue académique, la médecine est le point de rencontre entre la biologie, les neurosciences et l’éthique ». C’est ainsi qu’il s’est laissé guider vers la médecine et a suivi plusieurs stages en clinique pour confirmer que c’était bien la voie où il voulait s’engager : « J’ai eu la chance extraordinaire de passer près de deux mois au Ghana pendant mes études, ce qui a confirmé mon appel à prendre soin des patients », ajoute-t-il.

Des doutes…

Cependant, lorsqu’il a décidé de postuler dans une faculté de médecine, il a eu des doutes. Était-ce la bonne voie pour lui, catholique ? : « Lorsque j’ai postulé dans des facultés de médecine, j’ai passé un entretien avec une université du Sud-Ouest des États-Unis. La première question qu’ils m’ont posée était la suivante : si vous êtes un médecin résident et que votre médecin traitant, en évoquant un patient souffrant de dysphorie de genre [la détresse psychologique ressentie par une personne qui estime que le sexe qui lui a été assigné à la naissance ne correspond pas à son identité de genre], ne le désigne pas par les pronoms personnels souhaités par le patient, comment le corrigeriez-vous ?, rapporte Gabriel. Après cet entretien, j’en ai eu d’autres qui étaient beaucoup plus positifs mais je me suis vraiment demandé si j’allais pouvoir m’en sortir dans ce domaine » ajoute-t-il.

Depuis qu’il a commencé ses études de médecine, Gabriel a vu les aspects positifs des études de médecine en tant qu’étudiant catholique et pense que « c’est une vocation merveilleuse car c’est un privilège absolu d’être dans ce domaine. » Il est maintenant dans la phase clinique de sa formation, ce qui signifie qu’il est en mesure de mettre en pratique ce qu’il a appris. « Cette interaction humaine est très stimulante sur le plan intellectuel, tout comme le fait de pouvoir travailler avec des médecins résidents, des médecins traitants et des infirmières. Un hôpital est un lieu de travail très particulier où de grandes choses se produisent » affirme l’étudiant. 

… et des défis

Gabriel trouve également que la relation avec ses camarades d’études est capitale pour sa formation. « Bien qu’ils viennent tous de milieux variés et qu’ils aient des valeurs différentes, être en faculté de médecine est une expérience fédératrice. C’est comme être dans l’armée. Nous traversons tous ensemble des périodes d’études intenses et tout le monde comprend ce que vous vivez », déclare-t-il. 

Toutefois, Gabriel souligne que « cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de challenge » en tant qu’étudiant catholique. Il estime que le courant sous-jacent de la médecine est aux antipodes sur le plan philosophique : une « culture de mort » d’un côté et une « culture de la vie » de l’autre. Ainsi, il pense que le bien véritable et authentique de la personne humaine a été éliminé du contexte général de ce que la médecine devrait être. « Le domaine médical s’est davantage transformé en un « modèle de fournisseur de services » où un patient vient avec un besoin et où le médecin doit trouver la meilleure option pour fournir ce service » résume-t-il. « Dans les cours sur la reproduction, les différentes est quasiment considérée comme une pathologie si la femme ne désire pas cette grossesse, au lieu d’être perçue comme l’accomplissement du système reproducteur féminin » explique Gabriel. 

Lorsqu’ils découvrent que vous êtes anti-avortement, ils viennent vous voir pour essayer de comprendre pourquoi, mais souvent de manière hostile.

L’avortement est l’une des questions les plus controversées, surtout depuis le 24 juin 2022 où la Cour suprême des États-Unis a annulé la décision constitutionnelle de 1973 Roe vs Wade, qui avait légalisé l’avortement au niveau fédéral. Lorsqu’il s’agit de ces sujets, Gabriel a l’impression qu’il y a « une sorte d’attitude prosélyte et si vous n’êtes pas d’accord, il n’y a pas de place pour vous en médecine. « Ça peut être très compliqué de s’exprimer pour les étudiants en médecine qui partagent mon opinion » reconnait-il. « Cette difficulté apparaît également dans les conversations entre camarades d’études. Lorsqu’ils découvrent que vous êtes anti-avortement, ils viennent vous voir pour essayer de comprendre pourquoi, mais souvent de manière hostile. »

Heureusement, la situation n’est pas toujours aussi tendue. Il y a aussi des rencontres enrichissantes. Gabriel explique qu’une de ses camarades a commencé les études de médecine parce qu’elle voulait rendre les interruptions de grossesse plus accessibles et pratiquer des chirurgies transgenres en tant que gynécologue-obstétricienne. « Cette orientation est complètement différente de la mienne mais le fait de pouvoir être dans les mêmes cours que cette camarade et d’essayer de dialoguer avec elle a été une expérience très éclairante et positive », déclare Gabriel. 

« L’un des combats les plus nobles »

Gabriel explique que ce qui l’a aidé à surmonter les difficultés, ce sont les relations « vitales » avec ses camarades. Il est membre de la section de l’Association médicale catholique de son université, qui compte une vingtaine d’étudiants et organise divers ateliers autour des questions éthiques, avec notamment des experts en bioéthique : « Des événements comme ceux-ci sont géniaux parce que des amitiés se tissent et que vous êtes entouré d’étudiants en médecine qui vivent les mêmes combats que vous », souligne Gabriel. « Depuis que je suis en médecine, ces combats me galvanisent bien qu’ils soient difficiles et pourraient s’envenimer à l’avenir, […] ils me donnent envie de me battre pour la vérité dans ces domaines. » 

Bien qu’il puisse être difficile de parler de ces questions de bioéthiques, « c’est l’un des combats les plus nobles auquel nous pouvons participer, donc cela ne va pas sans difficultés, mais en vaut certainement la peine », affirme-t-il. « Ces combats me rendent plus passionné et plus dévoué envers mes patients. Il ne s’agit pas d’abord de savoir si ma vision du monde est juste, mais de donner aux patients les meilleurs soins d’abord et avant tout », conclut Gabriel.

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