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Le concile Vatican II, un chemin qui ramène à la Galilée du premier amour

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Le concile Vatican II, le 11 octobre 1962.

Michel Cool - publié le 15/10/22

Le pape François voit dans Vatican II une œuvre de conversion spirituelle pour l’Église. Dans l’homélie qu’il a prononcée le jour du soixantième anniversaire du Concile, a retenu l’éditeur et journaliste Michel Cool, le pape exhorte les catholiques au dépassement et à la communion pour sortir des polémiques.

Un de mes amis près du Vatican m’avait alerté : « Attends d’entendre l’homélie de François cet après-midi ! Je n’ai aucune info, mais je ne serais pas étonné qu’une fois encore il nous étonne ! » Banco l’ami ! Le 11 octobre dernier, j’ai écouté le pape à la télévision pour le soixantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II. Son homélie m’a scotché et j’ai pensé : elle va faire mémoire ! Pourquoi ? Parce que le pape y a rappelé puissamment, sans crainte de mettre les pieds dans le plat, ce qu’était Vatican II : non pas une parenthèse historique ou un sujet de débats herméneutiques sans fin, mais l’amorce d’un processus de conversion spirituelle, une authentique expérience mystique qui, loin d’être terminée, poursuit sa course. Puis, en quelques formules bien frappées, il a remis certaines pendules à l’heure. 

Sortir des luttes partisanes

D’abord, la pendule des activistes et des observateurs de droite et de gauche qui s’escriment à tirer le message du Concile dans leur sens. Et qui à force de tirer sans arrêt, créent des frictions, des fractures et même des souffrances chez les catholiques. « Le Peuple de Dieu n’aime pas la polarisation » prévient le Pape. Car elle réduit le christianisme à des idéologies et des luttes partisanes. Elle défigure la foi au Christ dans des dialectiques purement politiques. Elle mutile la vie de l’Église de son expérience humaine et spirituelle : sa faiblesse est patente mais sa dignité aussi. Le nier n’est-il pas un déni de la vérité ? De telles œillères, on le voit, ne peuvent que donner une vision partielle, partiale et borgne de l’événement conciliaire. Un regard sur l’Église au ras des pâquerettes ! 

François n’est pas le dernier à lancer des piques. Le « cléricalisme » des uns et la sinistrose des autres étaient encore dans son collimateur ce jour-là. Même sans mea culpa explicite de sa part, il a martelé son homélie de l’idée qu’un seul regard chrétien comptait : « L’Église doit être regardée avec des yeux amoureux de Dieu. » C’est pourquoi, dit-il, il faut « revenir au Concile ». Pour se souvenir de la passion qui animait ses participants : « Nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir » (Paul VI, discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965).  

Redonner la primauté à Dieu

François a ensuite remis une autre pendule à l’heure : celle regardée séparément par les progressistes et les traditionalistes. Les premiers veulent mettre la montre de l’Église à l’heure pile de la modernité. Ils rêvent même qu’elle la devance parfois ! Les traditionalistes, c’est le contraire : ils veulent remonter les aiguilles en arrière. Ils rêvent même que le tic-tac de l’horloge puisse parfois suspendre le vol du temps… François renvoie dos-à-dos ces protagonistes d’un manichéisme très peu catholique au fond et qui étaient déjà sur le ring au concile.

Une Église amoureuse de Jésus n’a pas le temps pour les heurts, les poisons et les polémiques.”

Aujourd’hui, dans un rapport de force différent, ils continuent à se chamailler, à inquisitionner et malheureusement à infantiliser, en la caricaturant, l’expression de l’opinion publique dans l’Église. Arbitre de cette mauvaise partie de catch, le pape en siffle la fin sans ménagement : « Le progressisme et le traditionalisme ne sont pas des preuves d’amour mais d’infidélité », fulmine-t-il contre leurs adeptes. Il ajoute : « Une Église amoureuse de Jésus n’a pas le temps pour les heurts, les poisons et les polémiques. » C’est pourquoi, insiste-t-il, « retrouvons le Concile pour redonner la primauté à Dieu, à l’essentiel » : en se remémorant, par exemple, que toutes leurs décisions, les 2.400 évêques venus du monde entier à Rome, les votèrent en conscience et en secret à la quasi-unanimité, à commencer par la réforme liturgique. 

Une balise dans le pontificat

Cette homélie de François est une balise, au sens de repère, dans le pontificat. Pas seulement à cause de sa prise de position claire et nette pour le Concile — ce n’est pas une surprise ! — à un moment où les clivages des années soixante et soixante-dix reprennent activement du service sur la scène catholique, en particulier en France. Mais ce discours est aussi marquant, car il exhorte avec force les catholiques au dépassement et à la communion pour « renouveler la passion du Concile » : la passion d’aimer Dieu, l’Église et le monde. Bref, le pape François ne voit pas Vatican II comme un problème. Il le propose comme une solution aux catholiques tiraillés par le regret ou le repli. Il le leur montre comme un chemin les ramenant à la source, à « la Galilée du premier amour ». Et il les appelle à renouveler, comme les pères conciliaires, leur vocation de disciple en faisant leur la réponse de Pierre à la question de Jésus : « M’aimes-tu ? »

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