Que dit la science, que dit l’histoire ? Dans une enquête passionnante, "Le Saint Suaire de Turin, témoin de la passion de Jésus Christ" (Tallandier), Jean-Christian Petitfils raconte l’odyssée du mystérieux linceul et fait le point sur les dernières découvertes. Si l’authenticité du linceul n’est pas un article de foi, pour l’historien, elle ne fait plus aucun doute : ce n’est pas une peinture.
Historien et écrivain, Jean-Christian Petitfils, auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages, s’intéresse de près depuis sa discipline au personnage de Jésus. Il a écrit notamment un récit biographique, Jésus (Fayard), et le Dictionnaire amoureux de Jésus (Plon). Le mystère du Linceul de Turin ne pouvait le laissait indifférent : il suit depuis de nombreuses années les travaux des chercheurs français, italiens et américains qui tentent d’expliquer l’inexplicable. Son enquête montre que les dernières expérimentations scientifiques convergent toutes vers l’authenticité, mais que le mystère reste entier. Aleteia lui a demandé pourquoi.
Aleteia : Vous consacrez une grande partie de votre livre à l’histoire du Linceul : pour l’historien, cette incroyable pérégrination à travers le temps a-t-elle un message ?
Jean-Christian Petitfils : Il n’appartient évidemment pas à l’historien de se prononcer sur la protection que la Providence divine a pu accorder à ce témoin unique de la Résurrection du Christ, "témoin muet, comme disait saint Jean Paul II, mais étonnement éloquent". Il reste qu’objectivement il a échappé à de multiples reprises et de façon vraiment extraordinaire à la destruction. Les coïncidences sont troublantes. Découvert au matin de Pâques à plat, gisant sur la banquette de pierre du sépulcre, par Simon-Pierre et Jean l’évangéliste, comme si le corps de Jésus avait disparu de l’intérieur, il fut d’abord conservé à Jérusalem par les disciples, puis emporté, probablement à Pella ou à Antioche, au début de la guerre des Juifs, vers l’an 66, lorsque les premiers chrétiens avertis par une prophétie quittèrent la Ville Sainte. Le Linceul et les autres reliques de la Passion échappèrent ainsi à la destruction par les armées de Titus en 70. Malheureusement, on ignore ce qu’ils devinrent durant plusieurs siècles.













