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Le véritable dynamisme du christianisme en Chine

CHINA,POPE FRANCIS

Tiziana Fabi | AFP

Le pape François saluant des fidèles avant l'audience générale du 18 avril 2018.

Victor Nexon - publié le 12/10/22

Les persécutions dont sont victimes les chrétiens en Chine reflètent, par leur brutalité, les peurs du gouvernement : celle de l’inévitable augmentation du nombre de chrétiens dans le pays, ainsi que la jeunesse et la diversité des églises locales.

Le procès de l’influent cardinal Zen, dont les autorités chinoises veulent faire un symbole, pourrait bien masquer en réalité l’une des grandes craintes du gouvernement chinois : l’influence croissante de diverses religions dans le pays, coupables selon Pékin « de porter atteinte à la dignité, à l’honneur et aux intérêts nationaux« . Et tout particulièrement le christianisme. Le professeur Fenggang Yang de l’université de l’Indiana prévoyait déjà en 2014 que le nombre de Chinois chrétiens pourrait atteindre les 160 millions d’ici à 2025, puis dépasser 247 millions en 2030, faisant de la Chine le plus grand pays chrétien du monde en 2030, devant le Brésil et les États-Unis. Largement reprises, ces estimations sont à prendre avec la plus grande prudence. Elles ont d’ailleurs été qualifiées de « fantaisistes » par l’universitaire chinois Ji Zhe.

Reste que le christianisme connaît un dynamisme certain dans le pays. Jugez plutôt. Avant 1949, la Chine ne comptait que quatre millions de chrétiens – trois millions de catholiques et un million de protestants. Mais aujourd’hui, le christianisme est la religion qui croît le plus rapidement dans le pays : le gouvernement chinois dénombrait en 2018 quelque 44 millions de chrétiens. Un nombre sans doute beaucoup plus élevé mais qu’il est difficile d’établir avec véracité compte-tenu des risques de persécutions encourus par les Chinois ainsi que les méthodes de comptage du gouvernement.

Près de 10 millions de catholiques

Au-delà des estimations parfois spectaculaires concernant le nombre de fidèles – au point que l’on semble assister à une véritable « fièvre religieuse » selon le sinologue Claude Meyer – les observateurs constatent que les églises locales s’organisent de plus en plus. Elles se divisent principalement entre catholiques – environ 10 millions de fidèles – et protestants – entre 40 et 100 millions de personnes – plus une petite communauté orthodoxe d’environ 20.000 personnes. L’Église catholique est elle-même « divisée », de fait, entre l’Église officielle ou Association patriotique des catholiques chinois (APCC), et l’Église elle-même, dite « souterraine ».

Ces chiffres expliquent-ils le contrôle exercé par le gouvernement chinois sur les « églises de maison », ainsi que l’on appelle celles qui ne sont pas enregistrés auprès des autorités ? Phénomène très ancien en Chine, la volonté de « sinisation » de toute croyance considérée comme « étrangère » trouve son origine au début de l’empire (IIIe s. av. J.C) et s’est accentuée lors de la révolution communiste. La structure centralisée de l’Église est très éloignée de la conception chinoise de la religion. Les catholiques, arrivés en Chine au XIIIe siècle, furent expulsés en 1348 après quelques tentatives d’évangélisation. Jusqu’au XVIe siècle, début des missions jésuites, il n’est pas possible d’affirmer de façon certaine que des chrétiens se trouvent encore dans le pays. Périodes de tolérance et de persécutions se succèdent ; interdit pendant la Révolution culturelle, de nouveau autorisé à partir de 1978, le christianisme semblait donc, jusqu’à une période récente, n’avoir jamais vraiment réussi son implantation dans le pays, toujours sous la menace de répressions.

La délicate position du Vatican

Au regard du dynamisme du christianisme dans le pays, la question de la nomination des évêques, l’une des grandes causes de discorde entre le gouvernement chinois et le Saint-Siège, est donc de première importance pour le Vatican : négocié par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, l’accord conclu en 2018 et renouvelé une première fois en 2020 pour deux ans permet notamment la nomination commune des évêques par Rome et l’APCC. Un accord que dénonce vigoureusement le cardinal Zen. Critiquant la position du Vatican, il accuse le gouvernement chinois de réprimer l’Église clandestine « avec l’aide du Saint-Siège ». Le cardinal Pietro Parolin déclarait quant à lui en 2021 que si les mesures prises « n’ont pas résolu tous les problèmes qui existent encore et demanderont probablement beaucoup de temps », elles « vont dans la bonne direction, vers une conciliation au sein de l’Église ». Beaucoup de précautions donc, au risque de délaisser l’Église « souterraine ».

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ChineÉgliseJoseph Zen
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