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70 ans après sa disparition, Azelot retrouve son inestimable vitrail

Un petit village de Lorraine, Azelot, a récupéré des mains d’une célèbre galerie londonienne un vitrail du XVe siècle appartenant à son église paroissiale. Et cela, grâce à la vigilance et à l'enquête de fidèles entièrement dévoués au petit sanctuaire.

5 min de lecture

Le "faux" Saint Sébastien, vitrail de Saint-Laurent d'Azelot, en Lorraine.

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Que seraient les églises de villages, malheureusement souvent fermées, sans des paroissiens fidèles et discrets qui gardent un œil sur elles ? Comme pour la jolie église Saint Laurent d’Azelot, construite au XIIIe siècle, dans laquelle Philippe Husson et son épouse Evelyne, installés sur place depuis 30 ans, viennent régulièrement passer un coup de balai ou admirer les vitraux du XVe siècle avec leurs amis de passage. Et parmi ces amis, Michel Hérold, aujourd'hui Conservateur général du patrimoine, et grand spécialiste français des vitraux anciens, que Philippe Husson a connu à Nancy, lorsqu'ils étaient tous les deux étudiants en histoire de l'art.

Par son métier et son domaine d’expertise, Michel Hérold suit régulièrement sur internet les ventes de vitraux dans le monde entier, et c’est ainsi qu’en 2014, il tombe sur le site d’une grande galerie d’art londonienne, qui met en vente un vitrail de Saint Sébastien. Celui-ci ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qu’il a vu dans l’église Saint Laurent d’Azelot, lorsqu’il était venu rendre visite à son ami Philippe. Ce vitrail lorrain avait attiré son regard, car relativement rare dans une église rurale. Réalisé en 1477, juste avant la Bataille de Nancy, mesurant 54,5 centimètres sur 56 centimètres, il met en scène saint Sébastien, martyr du IIIe siècle, attaché à un arbre et entouré d’archers. Les deux compères décident alors de mener l’enquête, intrigués par ce "double" mis en vente, dont le jaune d’argent, une technique très maitrisée au XVe siècle, semble particulièrement authentique.