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Les femmes sont-elles meilleures que les hommes ?

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Paul VERNON, Franck FIFE / AFP

Kheira Hamraoui (gauche) et Aminata Diallo (droite).

Henri Quantin - publié le 28/09/22

Une sordide affaire entre deux footballeuses rappelle que les turpitudes entre sportifs ne sont pas l’apanage des hommes. Et surtout, constate l’écrivain Henri Quantin, que le mal n’est pas réservé aux autres.

Si quelqu’un écrit « Mbappé et Pogba« , tout le monde ou presque sait de quoi nous parlons. S’il écrit « Hamraoui et Diallo », c’est plus incertain. Même en ajoutant leurs prénoms, « Kheira et Aminata », inutiles pour les deux premiers, on ne progressera pas forcément. Certains y verront la preuve que le football féminin est scandaleusement moins médiatisé que le masculin, mais on peut voir tout autre chose dans l’affaire sordide qui vient de resurgir : l’égalité homme-femme devant le péché originel.

De quoi s’agit-il ? Placée pour la seconde fois en garde à vue, Aminata Diallo, ancienne joueuse du Paris-Saint-Germain, est soupçonnée d’avoir organisé un guet-apens contre sa co-équipière de l’époque, Kheira Hamraoui. Celle-ci avait été violemment frappée à coups de barre de fer par quatre hommes cagoulés, alors qu’elle descendait tout juste de la voiture de Diallo. La piste suivie à l’époque était celle d’une rivalité pour le même poste sur le terrain. Après une première garde à vue de Diallo, sans suite, en novembre 2021 (et quelques règlements de compte contre Hamraoui, qui, bien que la victime, ne fut guère épargnée par ses ennemis), la piste est à nouveau d’actualité.

Le bon esprit du foot féminin

Certains ont mis beaucoup d’espoir dans le football féminin, roue de secours d’une hypothétique moralisation des masses par le sport, pour laquelle le foot masculin peinait à apporter les résultats attendus. Après la faillite du « black-blanc-beur », on était prié de chanter avec Renaud : « Femme je t’aime parce que, lorsque le sport devient la guerre, y a pas de gonzesses ou si peu dans les hordes de supporters ? » Souvenons-nous de la Coupe du monde de foot féminin à l’été 2019 et de l’obligation de s’enthousiasmer pour les Bleues. Éliminée en quart de finale par les États-Unis, futurs vainqueurs, l’équipe de France avait remporté un lot de consolation à la fin du tournoi : le trophée FIFA du Fair-play.

Bien avant cette médaille en chocolat, beaucoup avait salué le bon esprit du foot féminin, au point de le donner en modèle aux hommes. Moins gangrené par le « chiqué » et par l’argent, il était jugé plus authentique, plus proche des origines, un peu comme le bon sauvage du XVIIIe siècle servait de prétexte aux philosophes, qui ne se souciaient en réalité guère de lui, pour dénoncer la corruption de l’homme « civilisé ». À cette idéalisation pleine d’arrière-pensées, le féminisme ajoutait une revendication financière : il est honteux, entend-on, que les footballeuses gagnent si peu par rapport aux footballeurs. Les fausses amies de la justice ne voyaient-elles pas qu’aligner le salaire des joueuses sur celui des hommes reviendrait à généraliser l’indécence, alors que la justice sociale serait mieux servie si c’était, à l’inverse, les salaires obscènes des joueurs qui s’alignaient sur ceux des joueuses ? Quoi qu’il en soit, aux yeux de nombreux commentateurs pleins de bonnes intentions, il allait de soi que la femme était l’avenir du foot. Pour un peu, le trophée du fair-play aurait été donné à toutes les équipes.

Un mal sans frontière

Les femmes moins viciées, pour ne pas dire moins vicieuses, que les hommes ? La réponse opposa deux auteurs tous les deux peu tentés d’idéaliser l’être humain : devant Les Particules élémentaires de Houellebecq, qu’il saluait pourtant comme un très grand livre, Philippe Muray riait « de cette croyance que les femmes seraient meilleures que les hommes et qu’elles représenteraient un avenir quelconque pour qui que ce soit ». Dans le domaine du foot, la sordide affaire Diallo-Hamraoui, réplique moins médiatisée de l’affaire Mbappé-Pogba, lui donne-t-elle raison ? Une chose est certaine : qu’il soit pratiqué par des hommes ou par des femmes, le sport, que certains brandissent naïvement comme le remède aux maux de la société, peut au moins autant pousser au vice qu’à la vertu. Faut-il rappeler la formule provocatrice de Léon Bloy : « Le sport est le plus sûr moyen de créer une génération de crétins malfaisants » ?

La plus sûre affirmation de l’égalité homme-femme prend sans doute ses racines dans leur égal partage du péché originel.

Ce que montre avant tout cette sordide affaire est que toutes les tentatives pour opposer deux parties de l’humanité, la première coupable de tous les maux (les hommes, mais aussi les Blancs, les Occidentaux, les hétérosexuels, les cisgenres, les défenseurs de la langue française…) et la seconde faite pour régénérer le monde (les femmes, les Noirs, les Palestiniens, les homosexuels, les transgenres, les partisans du point médian) se heurtent un jour ou l’autre sur la réalité d’un mal sans frontière. La plus sûre affirmation de l’égalité homme-femme prend sans doute ses racines dans leur égal partage du péché originel, quoi qu’en disent les faux savants qui n’y voient qu’une diabolisation d’Ève, en oubliant qu’il fut aussi communément appelé « le péché d’Adam ».

Être lucide sur soi

Pour l’homme comme pour la femme, ce péché amène toujours à croire pouvoir se passer de Dieu. Contrairement à ses contrefaçons socio-politiques, il n’aboutit pas à la haine de l’autre, mais à la lucidité sur soi. Il n’oppose pas le camp du bien et le camp du mâle, mais il unit toute l’humanité dans une même misère et une même responsabilité. Manière de masquer les inégalités bien réelles ? Non, manière de rappeler, au contraire, que nul ne peut s’exclure a priori de la tâche commune à accomplir, car nul ne peut prétendre désigner le mal en l’autre sans le voir d’abord en soi. Alors seulement peut-on dire avec saint Augustin : « C’est mon cœur, Dieu, c’est mon cœur que tu as pris en pitié au fond de l’abîme. » Cela vaut même pour les « crétins malfaisants » qui jouent au foot. Rassurons ceux qui n’auraient pas compris que la formule de Bloy était générique : elle désigne aussi les crétines malfaisantes.

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