La vie ne l’a pas ménagée, Delphine. Arrière-petite-fille de miniers polonais et petite-fille d’immigrés algériens, elle grandit en Isère dans une famille qui tire le diable par la queue. A 24 ans, alors que tout lui réussit — son métier de professeur de français la comble, son mariage se profile —, coup de tonnerre : on lui détecte un grave cancer du palais. Sa rage de vivre lui permet d’en venir à bout, après deux années de traitements. Traitements dont nul ne l’a avertie qu’ils auraient un impact sur sa fertilité. Le couperet tombe sans attendre : elle ne pourra jamais porter la vie.
La sentence la dévaste, mais elle est décidée à se battre. Elle ne compte que sur ses proches, car elle ne croit plus au Ciel. Enfant, elle a aimé suivre sa grand-mère chérie à la messe ou aux offices de la Grande Chartreuse, qui l’emplissaient d’émotion, mais elle a tout lâché avant l’entrée au collège. Elle n’est pas contre, ça l’indiffère : "Je dirais, lâche-t-elle en souriant, que j’étais une parfaite agnostique."












