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Mais comment peut-on faire cela à son frère ?

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Caroline

Jeanne Larghero - publié le 23/09/22

Quand la division frappe dans sa famille, que des frères et sœurs s’entredéchirent, les parents sont désemparés. Voici les conseils de la philosophe Jeanne Larghero pour construire et nourrir l’unité familiale.

C’est évidemment la question qu’on ne peut s’empêcher de se poser face à la malheureuse affaire des frères Pogba. Menaces, chantage, extorsion de fonds, séquestration, dénonciation, l’éventail de la malice humaine, entendez la capacité à mal agir, est largement ouvert devant nous. Le désir profond de tout parent de bonne volonté est de voir l’unité régner au sein de ses enfants ; les parents tirent leur joie de la bonne entente qui règne dans la fratrie, ils espèrent que longtemps après eux chaque enfant, parvenu à l’âge adulte, trouvera soutien, réconfort, rire et chaleur auprès de ses frère et sœur tout au long de sa vie. Les disputes des petits sont fatigantes, mais quand elles perdurent et s’installent, elles deviennent profondément douloureuses. Que faire alors ? Quel est le ciment de l’unité familiale ? A contrario, quels sont les ferments de division ? Trois évidences sont à rappeler. 

Il y a du Caïn en nous

Il y a en chacun de nous du Caïn et Abel. Caïn est le frère qui se croit moins aimé de Dieu, moins gâté par la nature, celui qui offre alors moins en retour, et qui nourrit une haine meurtrière envers son frère. Ne croyons pas que dans nos familles, tel enfant serait le Caïn de service : la ligne qui divise les deux frères passe en chacun de nous. Toute relation est faite de blessures, et celles qui viennent de l’enfance, celles qui impliquent nos propres parents sont d’autant plus profondes qu’elles nous ont touchés dans les heures de la plus grande vulnérabilité, et que nous n’avons rien fait pour les mériter.

Il est en notre pouvoir d’alimenter sans cesse la flamme qui brûle dans le cœur de chacun : la sensation d’être aimé.

Mais face à un Dieu dont on ne peut mettre en doute la bonté, l’amour et la justice, Caïn est celui qui s’irrite et fait la tête, il boude Dieu plutôt que de se remettre en question. Voilà pourquoi il y a du Caïn prêt à surgir en chacun de nous : c’est la voix qui nous incite au repliement sur nous-même, qui nous pousse à nous plaindre de ce que nous avons moins reçu que tel frère. Moins d’attention, moins de temps, moins d’argent, moins d’encouragements, toute différence de traitement est considérée comme une injustice.

Se sentir aimé

Alors, une deuxième évidence apparaît : ne cherchons pas à créer une égalité parfaite entre chacun de nos enfants, c’est chose impossible et on n’empêchera pas​ de se plaindre celui qui est l’affût du moindre prétexte de mécontentement. On n’empêchera pas davantage les relectures inattendues du passé familial : tel qui nous semblait satisfait dans l’enfance se perd quelques années plus tard en procès aigris et jaloux. En revanche, il est en notre pouvoir d’alimenter sans cesse la flamme qui brûle dans le cœur de chacun : la sensation d’être aimé. Compliments, petits services, attentions, temps partagé, gestes tendres, tout ceci nourrit l’âme et conforte la sensation d’être aimé. Le besoin de l’enfant n’est pas d’avoir la même chose que son frère, même s’il l’exprime de cette façon. Son besoin fondamental est d’être traité, considéré, reconnu, aimé de manière unique. 

Le combat de l’unité

Enfin, et puisque nous avons opté pour la lucidité plutôt que de croire naïvement qu’il suffit d’être frère pour se vouer une affection sans borne, armons nos troupes. La bonne entente ne fleurit pas naturellement dans le paysage familial, elle se cultive, elle sera le fruit d’un combat récurrent. Un combat que nous livrerons non pas les uns contre les autres dans la fratrie, mais les uns pour les autres, les uns avec les autres contre les forces de la division : sachons nommer la course à l’argent, l’ambition professionnelle, les jalousies amoureuses, la comparaison permanente. Osons dire à nos enfants qu’ils auront à mener ce combat : « Le péché est accroupi à ta porte. Il est à l’affût, mais tu dois le dominer » (Gn 4, 7). C’est la parole donnée par Dieu au frère irrité.

La tentation de la comparaison envieuse traversera toujours le petit Caïn qui sommeille en nous, il faut le prévenir. Saint Pierre l’aura bien compris : « Soyez sobres, restez vigilants, votre adversaire le démon, comme un monstre qui rugit, va et vient à la recherche de sa proie. Résistez-lui avec la force de la foi. » (1P 5, 8-9) La prière du soir de toute l’Église, celle des complies du mardi, rappelle toutes les semaines aux familles ce conseil de saint Pierre : la force de la foi donne la victoire sur le mal. 

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