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Congrès Mission : la preuve que l’Église est encore missionnaire

Congrès mission

Congrès Mission

Mathilde de Robien - publié le 19/09/22

Malgré une Église affaiblie par les révélations du rapport de la Ciase, et bousculée, en certains endroits, par la démarche synodale, le feu missionnaire demeure bien vivant. Le Congrès Mission, qui se déroulera à Paris du 30 septembre au 2 octobre prochains, est là pour en témoigner.

« C’est un lieu de rencontres, de communion, et chaque année, j’en sors dynamisée pour continuer à annoncer l’Évangile autour de moi, à l’école, sur mes lieux de stage, auprès de mes amis pas cathos. J’ai retenu une chose super importante du Congrès Mission de l’année dernière à Lyon, c’est qu’évangéliser, c’est « dire », ce n’est pas nécessairement convaincre ! Et ça, ça me paraît vraiment accessible ! Et c’est ce que le Seigneur nous demande ! », s’exclame Marie, 22 ans, étudiante en école d’infirmière, engagée dans le scoutisme et l’aumônerie, et qui compte bien participer au Congrès Mission à Paris cette année. Un enthousiasme partagé par un nombre grandissant de participants. La première édition, en 2015, avait réuni près de 500 participants, celle de 2018 avait rassemblé 3.800 personnes. En 2020, le Congrès Mission a rassemblé 5.000 personnes à Paris. L’année dernière, il s’est déroulé dans neuf villes de province et a attiré pas moins de 17.000 personnes. Pour cette 8e édition, les organisateurs attendent 8.000 congressistes dans la capitale, dans différents lieux du quartier Montparnasse. Un concept qui, fort de son succès, s’exporte : Bruxelles a organisé son premier Congrès Mission en mars 2022. Un autre devrait voir le jour à Lomé, au Togo, courant octobre.

Laboratoire des initiatives missionnaires en France, le Congrès Mission pourrait aussi bien s’appeler le « Salon national de l’évangélisation ». Né en 2015 à l’initiative d’Anuncio, il favorise les rencontres entre chrétiens engagés dans la mission. Ateliers, tables rondes, messes, veillées de prière, spectacles… Tout est mis en œuvre pour partager son expérience, échanger avec d’autres et créer un grand réseau missionnaire. « Les échanges se font très facilement car nous sommes tous là pour la même cause, annoncer le Christ. Et il y a un réel intérêt à savoir ce qui se fait dans d’autres paroisses. On réalise qu’on n’est pas seul, que les problématiques que nous rencontrons ont été résolues par d’autres », confie Pierre, 52 ans, membre de l’équipe baptême de sa paroisse à Paris.

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Sixième édition du Congrès Mission, Paris, 2020.

Et à chaque problématique son atelier ! Comment construire et donner son témoignage pour évangéliser ? Comment toucher les jeunes éloignés de la Foi ? Le témoignage chrétien en entreprise, comment s’y prendre ? Vivre la prière avec les personnes de la rue. Comment aborder la dimension spirituelle dans la fin de vie ? Divorcés engagés dans une nouvelle union, comment les intégrer pleinement en paroisse ? Quelles étapes pour créer mon patronage ? La variété est telle que chacun trouve des réponses à une aspiration, à un appel.

Démocratiser la mission

« Le programme est extrêmement dense, et cela montre toute l’exubérance, toute la créativité qu’il y a dans l’Église », souligne auprès de Aleteia Samuel Pruvot, rédacteur en chef « Actualités » chez Famille Chrétienne et membre du comité d’organisation du Congrès Mission. « L’enjeu du Congrès Mission, c’est de favoriser un déclic missionnaire, de réveiller une ardeur missionnaire, à laquelle tous les chrétiens sont appelés, car nous sommes les principaux ambassadeurs du Christ ! Et c’est aussi de donner des outils pour mener à bien la mission. Le diable fait croire que rien n’existe, que nous sommes seuls dans notre coin, mais non ! L’Esprit Saint suscite et a suscité des bonnes pratiques, des bonnes idées, et l’ambition du Congrès Mission est de mettre en lien, de démocratiser la mission, de former des disciples missionnaires ».

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Pour ce faire, le Congrès Mission prend les grands moyens. Une centaine d’associations et d’organisations dédiées à la mission seront présentes. L’événement accueille 600 intervenants, 300 prêtres, quatre évêques et un cardinal, et est encadré par 400 bénévoles. Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, récemment créé cardinal, abordera, lors de la journée consacrée aux prêtres, le ministère presbytéral au service de la mission. Mgr Philippe Christory, évêque de Chartres, interviendra lors de la Journée des couples. Mgr Georges Colomb, évêque de La Rochelle, évoquera ce que la mission à l’étranger nous apprend sur la mission en France. Mgr Jean-Philippe Nault, évêque de Nice, donnera quant à lui des pistes pour annoncer Jésus dans une culture où on ne Le connaît plus. Enfin, Mgr Laurent Ulrich, archevêque de Paris, présidera la messe de clôture et d’envoi.

Une période défavorable ?

L’année dernière, le Congrès Mission s’est déroulé trois jours avant la publication du rapport Sauvé. Le rassemblement de cette année aura donc une tonalité différente. « Les catholiques ont besoin de se retrouver, de se soutenir les uns les autres. Ils ont conscience que l’Église traverse une période inédite, qui appelle des changements et, là encore, le Congrès Mission prend tout son sens, dans la mesure où il invite à rester inventifs, attractifs dans la mission, et offre des clés pour accompagner l’Église dans les grands défis qui l’attendent », souligne Arnaud Bouthéon, co-fondateur du Congrès Mission.

« Jésus a fondé l’Église en ce sens : pour que son nom soit répandu. »

Mais comment l’Église peut-elle être missionnaire au lendemain de la Ciase ? Pour Samuel Pruvot, la mission doit être pratiquée quel que soit le contexte, même s’il est défavorable. « On ne peut pas attendre d’être parfait pour annoncer le Royaume de Dieu. L’Église, aussi imparfaite soit-elle, — et il ne s’agit pas de le nier, — est toujours appelée à être missionnaire, quel que soit l’état dans lequel elle se trouve. Elle est abîmée, certes, tel un vase d’argile, mais elle porte ce trésor qu’est Jésus. Il y a toujours cette disproportion entre le bonheur de connaître Jésus et le malheur objectif de ne pas Le connaître. Que fait-on pour les 99% de Français qui n’ont pas la chance de rencontrer Jésus à la messe ? La priorité est bien d’annoncer le Royaume de Dieu ! Jésus a fondé l’Église en ce sens : pour que Son nom soit répandu. Il s’agit là d’une mission essentielle ».

Le Banquet de l’Amitié, un événement inédit

La parabole du maître des noces qui prépare un grand banquet ouvert à tous (Mt 22 et Lc 14) donne des indices du Royaume des cieux. Le samedi 1er octobre au soir, le Congrès Mission invite à vivre cette aventure hors du commun. Les organisateurs prévoient un grand banquet, ouvert à 3.000 personnes place Saint-Sulpice, pour vivre concrètement le royaume de Dieu et les paraboles du Repas des noces le temps d’un dîner en compagnie de personnes de tout horizon : éloignées de la foi, en situation de pauvreté ou de handicap.

Chaque congressiste doit inviter une personne éloignée de l’Église ou de la foi : une personne de son entourage, de son travail, de son quartier, une personne rencontrée en mission… « Une manière de comprendre que la mission passe d’abord par la rencontre avec les plus pauvres », explique Arnaud Bouthéon. « C’est une façon aussi d’obliger les missionnaires à sortir d’eux-mêmes, à se confronter à la rencontre avec l’autre », abonde Samuel Pruvot. « De la même manière que Dieu s’est fait proche de nous, nous nous faisons proche de l’autre, pour lui parler du Christ et de son action dans nos vies. S’il ne Le connaît pas, c’est peut-être parce que personne ne lui en a parlé. »

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