Claire Fourcade, médecin et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), confie à Aleteia sa réaction et ses craintes après la publication de l’avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) sur la fin de vie.
Première étape d’une éventuelle évolution de la loi sur la fin de vie, l’avis du CCNE a été rendu public ce mardi 13 septembre. Le texte valide la possibilité d’un accès légal à une assistance au suicide. "Il existe une voie pour une application éthique d’une aide active à mourir, à certaines conditions strictes, avec lesquelles il apparait inacceptable de transiger", affirme le CCNE en tête de ses recommandations. L’instance ne voit pas d’opposition à une éventuelle législation sur l’aide active à mourir à condition de respecter "un certain nombre de critères éthiques". Il ouvre ainsi la voie à "la possibilité d’un accès légal à une assistance au suicide" pour les "personnes majeures atteintes de maladies graves et incurables, provoquant des souffrances physiques ou psychiques réfractaires, dont le pronostic vital est engagé à moyen terme".
Aleteia : Comment accueillez-vous l’avis du CCNE ?
Claire Fourcade : Dès le titre du document ("Questions éthiques relatives aux situations de fin de vie : autonomie et solidarité", ndlr) se dessine une bascule majeure : la notion d’autonomie est là, bien posée, bien visible. Jusqu’à présent, nos pratiques soignantes avaient pour fondement la solidarité. Le message, adressé à tous, était clair, c’était : "On va vous soulager, on va vous accompagner". Avec cet avis, le CCNE propose un nouveau paradigme où l’éthique collective pourrait s’effacer devant la demande individuelle.








