Aleteia logoAleteia logoAleteia
Vendredi 30 septembre |
Saint Jérôme
Aleteia logo
Décryptage
separateurCreated with Sketch.

Le jour où plusieurs milliers de chrétiens sont morts dans un incendie en Turquie

STR / AFP

Grand incendie de Smyrne (actuellement Izmir), Turquie, septembre 2022.

Augustin Talbourdel - publié le 12/09/22

Il y a cent ans, des milliers de chrétiens disparaissaient dans un incendie à Smyrne, en Turquie. Victimes de la guerre d’indépendance menée par les nationalistes turcs, les populations grecques et arméniennes ont perdu la vie sur la terre qui a vu naître l’une des premières Églises chrétiennes d’Asie.

13 septembre 1922. Sous les yeux pétrifiés des milliers de Grecs et d’Arméniens qui peuplent Smyrne, l’actuelle Izmir, plusieurs maisons prennent feu. Des quartiers entiers de la grande cité portuaire située à l’extrême ouest de la Turquie sont détruits dans l’incendie. Coïncidence ? Les principales victimes de cette catastrophe sont des chrétiens : les quartiers musulmans et juifs échappent aux dommages.

Depuis quelques années, cette cité multiculturelle, vieille de cinq millénaires, est source de tensions. Séparée d’Athènes par la mer Égée, la ville voit s’affronter les armées grecques et turques à partir de 1919, date à laquelle la Grèce occupe officiellement le pays. Les indépendantistes turcs libèrent la ville le 9 septembre 1922, quelques jours avant ce que les Grecs appellent encore la « catastrophe de Smyrne ».

Dès la libération de la ville, les troupes turques abandonnent progressivement ordre et discipline.

Dès la libération de la ville, les troupes turques abandonnent progressivement ordre et discipline. Certains soldats s’en prennent particulièrement aux populations arménienne et grecque, pillent leurs magasins et leurs maisons. Le 10 septembre, Chrysostome Kalafatis, évêque métropolitain de Smyrne, est torturé et tué devant de nombreux témoins.

Le 13 septembre, dans l’après-midi, un incendie se déclare dans le quartier arménien de la ville et se propage rapidement. Des témoins rapportent que l’armée turque ne fait rien pour l’éteindre : pire, elle pourrait être à l’origine du feu. Le 22 septembre, une fois l’incendie éteint, le tableau est saisissant. L’important port de Smyrne est réduit en cendres et l’on estime les décès arméniens et grecs à plusieurs dizaines de milliers, entre 10.000 et 125.000. Chrétiens pour la plupart, ces derniers représentaient, selon le consul général américain de l’époque, près de la moitié des 400.000 habitants de la ville.

Sur la terre des premiers chrétiens

Cette tragédie humaine n’est pas sans rappeler le génocide qui, quelques années plus tôt, avait fait disparaître plus d’un million d’Arméniens dans la partie Est, cette fois, de l’ancien Empire ottoman. Dans les deux cas, ces massacres de masse concernent des populations majoritairement chrétiennes et ont lieu sur une terre historique du christianisme.

En effet, Smyrne fait partie des plus grandes cités de l’ancienne Anatolie, le grand Ouest de la Turquie actuelle, et parmi les premières terres christianisées, aux premiers siècles de notre ère. Sans doute fondée par les disciples de saint Paul lors de son troisième voyage missionnaire et dotée d’un évêque dès le début du IIe siècle, l’Église de Smyrne fait partie de celles dont saint Luc dit : « Tous les habitants de la province d’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur » (Ac 19,11).

Un autre écrit du Nouveau Testament la vise explicitement : l’Apocalypsede saint Jean. On y trouve une mention de Smyrne, la seconde ville à recevoir une des lettres adressées aux sept Églises d’Asie mineure. L’auteur de l’Apocalypse lui annonce déjà, comme aux autres, les « tribulations » à venir, tout en la rassurant : « Sois sans aucune crainte pour ce que tu vas souffrir » (Ap 2, 10).

Tags:
ChrétiensmassacreTurquie
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
FR_2_NEW.gif
Le coin prière
La fête du jour





Confiez vos intentions de prière à notre communauté de plus de 550 monastères


Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement