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Pourquoi le Brésil est-il appelé la « succursale de Lisieux »?

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Montage Aleteia /Shutterstock pockygallery

Mathilde de Robien - publié le 07/09/22

Du 8 septembre au 15 décembre 2022, les reliques de sainte Thérèse voyagent pour la troisième fois à travers le Brésil, nourrissant ainsi la dévotion très forte des Brésiliens envers la sainte de Lisieux. Une dévotion qui s’est développée dès l’année de sa mort, en 1897, grâce au père jésuite Henri Rubillon, en mission au Brésil.

Des églises « Santa Teresinha » lui sont dédiées, des milliers de Brésiliens se rendent à Lisieux chaque année, ses reliques entreprennent le voyage jusqu’au Brésil pour la troisième fois en 25 ans… Comment expliquer l’attachement si fort des Brésiliens envers sainte Thérèse, qui n’a pourtant pas quitté le Carmel de Lisieux durant sa courte vie religieuse ? Elle qui souhaitait « parcourir la Terre » et « annoncer l’Évangile dans les cinq parties du monde et jusque dans les îles les plus reculées » peut se réjouir que son message universel de vie, de paix et d’amour ait rayonné par-delà les océans.

Au Brésil, sainte Thérèse doit son rayonnement à un prêtre en particulier, le père Henri Rubillon. De sept ans son aîné, originaire, comme elle, de Normandie, ce missionnaire jésuite vouait une profonde admiration pour Thérèse et pour ses intuitions spirituelles. L’année où elle entre au Carmel, il entre au noviciat. Tous deux font profession en 1890. Quelques mois plus tard, il embarque pour le Brésil, où il enseigne dans les Collèges de la Compagnie de Jésus.

Henri Rubillon, « infatigable apôtre de Thérèse au Brésil »

Professeur au Collège Anchieta dans la ville de Nova Friburgo, le père Rubillon prêche de nombreuses missions et retraites dans tout le Brésil. Il fait découvrir la spiritualité de Thérèse par la lecture de son autobiographie Histoire d’une Âme. Partout où il passe, il établit des groupes d’amis de Thérèse auxquels il donne le titre de « légionnaires de sœur Thérèse » chargés de propager le message d’amour et d’abandon de la carmélite française. À partir de 1913, il commence à diffuser à Nova Friburgo les exemples de la vie et de la pensée de sainte Thérèse.

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Père Henri Rubillon.

Il se fait « l’humble héraut au Brésil de la glorieuse thaumaturge de nos temps », selon ses propres mots, ou encore « l’infatigable apôtre de Sœur Thérèse au Brésil », comme le qualifie sœur Marie-Emmanuel du Carmel de Lisieux. Les lettres de cette dernière, adressées au père Rubillon dès 1918, le confirment : « Quelle joie pour nous de voir se développer au Brésil, et combien grâce à vous, la dévotion de Sœur Thérèse » (10 mars 1918). « Vous voici, mon bon Père, le grand dépositaire de notre petite sainte au Brésil, la « succursale » de Lisieux » (1er septembre 1919).

Le Brésil, la « succursale » de Lisieux

A l’instar d’autres pays, c’est encore le père Rubillon qui lève une souscription dans sa patrie d’adoption pour financer l’achat d’un drapeau du Brésil pour la chapelle du Carmel, en 1919. Le drapeau est envoyé à Lisieux dans un splendide écrin de bois précieux, sur lequel étaient sculptées les armoiries de Thérèse. L’année suivante, le Carmel propose au père Rubillon d’offrir la châsse pour recevoir les ossements de Thérèse. Ce serait « le contact le plus intime que le Brésil puisse désirer avec les reliques de la petite Thérèse », lui écrit mère Agnès de Jésus, Pauline Martin, la sœur de Thérèse. Le missionnaire accepte, et la générosité des Brésiliens est telle qu’ils offrent un beau coffre en bois de jacaranda pour abriter les reliques de Thérèse de Lisieux. C’est ce reliquaire, appelé « la châsse du Brésil », qui a été utilisé lors des premiers pèlerinages des reliques de sainte Thérèse à travers la France entre 1945 et 1947, puis en 1995 et 1996. C’est également lui qui était présent à Rome pour la proclamation du Doctorat de sainte Thérèse en 1997. C’est désormais une copie qui voyage à travers le monde, l’original étant conservé à Lisieux.

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Doctorat de sainte Thérèse

Thérèse est canonisée en 1925. Dès 1930, des demandes affluent de nombreux pays du monde pour demander la proclamation de sainte Thérèse comme Docteur de l’Église et le Brésil n’est pas en reste. Le 30 septembre 1930, l’évêque de Taubaté, Mgr Epaminondas Nunes de Avila e Silva, envoie au Pape une supplique sollicitant pour Thérèse le titre de Docteur de l’Église. Mais il faudra attendre le 19 octobre 1997 pour que Jean Paul II la déclare officiellement Docteur de l’Église.

Une dévotion encore fervente aujourd’hui 

Encore aujourd’hui, le lien entre le Brésil et sainte Thérèse demeure puissant. Considéré comme le plus important pays catholique au monde en termes de fidèles (130 millions personnes), le Brésil n’oublie pas la petite sainte normande.

De nombreuses églises lui sont dédiées, comme la « Paroquia Santa Teresinha », à São Paulo, où seront exposées les reliques à leur arrivée le 8 septembre 2022. Taubaté, dans l’Etat de São Paulo, abrite la toute première église du Brésil dédiée à sainte Thérèse. Elle a été construite à partir de 1923 à l’initiative de Mgr Epaminondas Nunes de Avila e Silva. Alors qu’initialement seule une chapelle devait être construite, l’affluence des dons permit d’en faire un immense sanctuaire, inspiré directement de l’église saint Jacques de Lisieux.

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Sanctuaire sainte Thérèse, Taubaté, Brésil.
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Église saint Jacques, Lisieux, France.

Actuellement, avec les États-Unis et l’Italie, le Brésil fait partie des trois pays étrangers dont les ressortissants visitent le plus le sanctuaire de Lisieux. Chaque année, les Brésiliens sont environ 3.000 à fouler le sol natal de la petite Thérèse. « Les Brésiliens ont le cœur ouvert, ils sont pleinement confiants dans la promesse faite par Thérèse : « Je veux vous faire du bien », c’est pour cette raison qu’ils sont si nombreux à aimer Thérèse », analyse aujourd’hui le père Olivier Ruffray, recteur du sanctuaire.

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