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Accompagnant d’enfant en situation de handicap : un lieu pour se mettre au service des plus faibles

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Mathilde de Robien - publié le 02/09/22

Si le gouvernement se targue d’accueillir de plus en plus d’élèves handicapés à l’école, il manque cependant d’accompagnants d’enfant en situation de handicap (AESH) pour que leur intégration soit satisfaisante. Un métier qui demande de la patience et de l’humilité.

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En cette rentrée 2022, plus de 430.000 enfants handicapés ont été accueillis à l’école. Un chiffre qui, selon les ministères de l’Education nationale et des Personnes handicapées, a triplé en moins de quinze ans. Si l’on peut se réjouir de la volonté d’intégrer les enfants porteurs de handicap au sein des établissements scolaires, la mise en œuvre est loin d’être optimale. Pour la première fois cette année, l’Unapei, fédération regroupant des associations de personnes handicapées mentales et leurs familles, a quantifié les failles du système. Selon l’association, encore trop de jeunes atteints de handicaps mentaux ne sont pas scolarisés ou ne bénéficient que de « quelques heures par semaine » de cours. Sur un échantillon composé de près de 8.000 enfants et adolescents en situation de handicap, 18 % « n’ont aucune heure de scolarisation par semaine », un tiers entre 0 et 6 heures, 22 % entre 6 et 12 heures, et seulement 27 % bénéficient d’au moins 12 heures d’enseignement hebdomadaires.

L’une des raisons de ces chiffres ? Le manque d’AESH. En effet, les accompagnants sont les garants d’une école qui se veut inclusive. En 2021, 125.000 AESH ont été recrutés par l’Éducation nationale. En cinq ans, leur nombre a augmenté de 35%, mais cela reste insuffisant.

Bon nombre de mères de famille optent pour ce métier, choisissant de se reconvertir ou de retrouver une activité professionnelle après quelques années au foyer. C’est le choix qu’a fait Laure il y a six ans. Âgée de 49 ans, assistante de direction de formation, elle est devenue AESH dans l’enseignement public au sein de l’académie de Versailles, heureuse de pouvoir concilier aisément vie de famille et vie professionnelle. Il en est de même pour Monique, qui a retrouvé les bancs de l’école primaire après avoir élevé ses sept enfants. « Je souhaitais avoir cette activité, je suis à l’aise avec le monde du handicap et aime la relation personnelle que je peux développer avec chacun des enfants qui me sont confiés », reconnaît-elle.

Une profession qui répond à une véritable vocation, celle de se mettre au service de l’élève en difficulté, en demeurant respectueux de son rythme et de son handicap. Un métier parfois ingrat car très discret et peu valorisé, alors que la présence d’une AESH est bien souvent le sésame pour ouvrir les portes de l’école à un enfant atteint de troubles « dys », de l’attention ou du comportement.

Un métier qui demande une grande humilité

« Notre mission consiste à apprendre aux élèves à travailler et à garder au maximum leur autonomie. S’ils sont capables de faire par eux-mêmes, on les laisse faire, mais nous sommes là lorsqu’ils ont besoin d’aide, notamment pour écrire lorsqu’ils fatiguent », explique Laure. Cependant, il existe un grande disparité d’autonomie selon les élèves. « Certains, atteints par des formes d’autisme sévère, souffrent beaucoup en classe, à cause du bruit, du rythme, de l’environnement qui n’est pas adapté. Dans ce cas, mon rôle est de leur rendre la vie la plus aisée possible », précise Monique, accompagnante dans une école publique parisienne depuis cinq ans.

L’important, c’est que l’enfant puisse grandir.

Un métier qui demande une certaine intuition, de la délicatesse, beaucoup de patience et d’humilité. « Nous sommes un tout petit maillon de la chaîne que forment les parents, la maîtresse, l’orthophoniste, le psychologue, le psychomotricien… A l’école, l’enseignant reste le référent principal de l’élève et l’interlocuteur privilégié des parents », souligne Laure. Les AESH ne sont pas conviés aux réunions, mais ce sont elles qui fournissent à l’enseignant des comptes-rendus sur le déroulement des quelques heures passées ensemble. « Lorsqu’un élève fait des progrès, c’est la maîtresse qui reçoit les félicitations », abonde Monique. Mal rémunéré, souffrant d’une mauvaise image, véhiculée parfois par les enseignants eux-mêmes, ingrat à force de discrétion, le métier d’AESH est un métier de l’ombre. Et pourtant, Monique l’aime beaucoup et ne se décourage pas. « L’important, témoigne-t-elle, c’est que l’enfant puisse grandir ».

Les AESH sont des contractuels de droit public de l’Etat. Seul le diplôme du Baccalauréat est demandé. Une formation obligatoire d’adaptation à l’emploi d’une durée de 60 heures est dispensée, incluse dans le temps de service effectif. Les contrats sont généralement de 24 heures par semaine, au SMIC.

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