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KOALA

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Benoist de Sinety - publié le 31/07/22

Dans un monde où l’on entretient l’illusion du partage des mêmes privilèges, que devons-nous faire ? Ne jamais renoncer à notre désir de cohérence, répond le père Benoist de Sinety, choisir l’essentiel.

Cul par-dessus tête ! Entre 1890 et 1927, huit millions de koalas furent abattus sur le continent australien afin d’approvisionner Londres en fourrures. En 2016, les experts estimaient à 330.000 la population de koalas à l’état sauvage. Ils ne sont plus aujourd’hui que 80.000, ce qui en fait une espèce « fonctionnellement éteinte », c’est-à-dire que l’on estime incapable de pouvoir se reproduire sur une génération. C’est pourtant gentil, un koala : une belle petite peluche au regard attendrissant… Un monde passe. Celui de la profusion où tout semblait toujours imaginable. Une nature inépuisable, un champ des possibles sans limite, des plaisirs sans fin. 

L’illusion des mêmes privilèges

Bien sûr, il en restait toujours quelques-uns qui ne pouvaient pas avoir accès à tout, alors on inventait pour eux les ersatz. Un monde d’illusions qui permettait au plus modestes de penser qu’ils vivaient quelque chose en commun avec les plus riches. Ce qui était en fait une formidable imposture car le saumon fumé pourra bien s’appeler ainsi, il ne sera jamais le même sous la cellophane d’un grand distributeur, qu’à la coupe dans une épicerie fine. Mais qu’importe, en conservant le même nom pour désigner des produits différents, on maintient l’illusion d’un monde où chacun peut jouir des mêmes privilèges. Tout en déplaçant le centre névralgique : désormais ce ne sont plus les gens du quartier d’à côté qui peuvent envier les riches voisins, mais les habitants des pays ou du continent riverain qui se retrouvent fascinés par les images de profusion que les satellites envoient au monde entier d’une portion de l’humanité qui refuse de se sevrer.

Pour preuve de cette obstination capricieuse, les tractations menées par les pays européens avec d’anciennes républiques soviétiques dont les gouvernants sont d’authentiques mafieux criminels, afin de trouver le moyen de pallier à l’arrêt de la livraison d’énergies russes. Pour ne rien dire des salamalecs avec tel prince saoudien pourtant désigné comme complice de crime sur un journaliste. 

Nous marchons à l’envers

Il serait trop facile de n’imputer la faute qu’à nos seuls dirigeants. Comme s’ils agissaient indépendamment de nous. Ainsi pour la coupe du monde de football qui se déroulera dans quelques mois dans des stades qataris climatisés, construits par des armées d’esclaves dont plusieurs milliers de cadavres dressent une stèle immatérielle dont l’Histoire, je l’espère, conservera, elle, le souvenir douloureux. Quels sont les Français qui ne se masseront pas devant leurs postes de télévisions pour encourager notre équipe nationale qui n’a aujourd’hui plus d’autre rôle que de nous faire regarder des heures d’écrans publicitaires ?

Ne jamais renoncer à notre désir de cohérence. Sans nous décourager devant nos échecs ou nos reniements. Car, pour ceux qui croient en la Miséricorde, il y a toujours une lumière, même dans les brouillards les plus épais.

« En vérité », comme le dit l’Évangile, nous marchons à l’envers, la tête en bas ou pour le dire plus clairement, cul par-dessus tête. Nous ne parvenons même plus à voir notre incohérence. Ou, si nous l’apercevons, nous la chassons aussitôt de notre horizon. Pourtant les images et les paroles du Pape au Canada devraient nous y ramener. Images d’un homme sur un fauteuil roulant, seul, face au désert que provoque la mort. Sa voix est fragile : elle n’en laisse que davantage percer la douleur insondable devant l’accumulation des compromissions, des mensonges, des non-dits. Sa seule présence devrait nous interroger : en allant à la rencontre des peuples martyrisés par une culture qui a trop souvent utilisé le christianisme plutôt que de se contenter d’annoncer la foi en Jésus Christ, il nous met aujourd’hui devant nos responsabilités. Responsabilité de choisir notre essentiel. 

Le désir de cohérence

L’été n’est sans doute pas le meilleur moment pour réfléchir : on préfère s’intéresser au futile. Nos feux de veillées ne résonnent-ils pas du refrain qui nous invite à apercevoir l’ombre d’un bouchon, ou à regarder si le vin est bon ? Mais nous savons bien que ce n’est pas en demandant à l’orchestre de jouer plus fort que nous empêcherons le navire de couler, ou que nous rendrons plus douce la noyade. Nous le savons et pourtant…

Que faut-il faire alors ? Ne jamais renoncer à notre désir de cohérence. Sans nous décourager devant nos échecs ou nos reniements. Car, pour ceux qui croient en la Miséricorde, il y a toujours une lumière, même dans les brouillards les plus épais. Tous, nous gagnerions à relire ou à découvrir l’homélie du pape François prononcée le 12 mars 2022 à l’occasion du 400e anniversaire de la canonisation de St Ignace de Loyola et de St François-Xavier. Puissent ces extraits nous en aiguiser la curiosité :

« Lorsque nous ressentons de l’amertume ou de la déception, nous ne devons pas nous perdre en regrets ou en nostalgie. Ce sont des tentations qui paralysent la marche, des sentiers qui ne mènent nulle part. […] La route de Jésus n’est pas en descente, elle est en montée. La lumière de la transfiguration n’arrive pas dans la plaine, mais à la suite d’une marche fatigante. […] Pour ceux qui suivent Jésus, le moment n’est pas venu de dormir, de se laisser intoxiquer l’âme, de se laisser anesthésier par le climat consumériste et individualiste d’aujourd’hui, climat selon lequel la vie va bien si elle va bien pour moi ; selon lequel celui qui parle et théorise, perd de vue la chair des frères, le caractère concret de l’Évangile. »

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