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Des plaines de l’Alberta au désert arctique, François a pris part au chemin de guérison du Canada

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VINCENZO PINTO | AFP

Anna Kurian - publié le 30/07/22

“Oui, ça a été un génocide”. Ces mots forts prononcés par le Pape François dans l’avion qui le ramenait d’Iqaluit à Rome dans la nuit du 29 au 30 juillet, au terme de six jours de périple au Canada, ont fait office de conclusion de sa démarche pénitentielle auprès des Amérindiens maltraités dans les écoles résidentielles tenues en parties par des congrégations catholiques. Retour sur six journées centrées sur la guérison et la réconciliation.

Dans l’Alberta, au Québec comme dans le Nunavut arctique, le pape s’est consacré à l’écoute, à la rencontre, à des célébrations très simples, auxquelles ont participé de nombreuses nations autochtones. Si ces peuples représentent 5% de la population canadienne, ils étaient à l’honneur dans les événements du pape, où 70% des places leur étaient réservées. Ce voyage était en effet pour eux, en réponse à l’invitation apportée par des représentants indigènes à Rome en mars dernier.

Au long des journées et des déplacements du pontife, on a pu voir des images fortes, de silence et de recueillement sur des lieux symboliques. Le pape s’est rendu notamment dans un cimetière abritant probablement des restes d’enfants autochtones, à Maskwacis, ainsi que sur le site de l’ancien pensionnat d’Ermineskin, connu pour ses conditions de vie calamiteuses. Il a aussi fait une halte au Lac Sainte-Anne, lieu sacré pour les peuples autochtones. Dans tous ces lieux, il a d’abord fait silence, avant de prendre la parole pour demander pardon. 

Le pape a donc renouvelé ses excuses à plusieurs reprises, y compris devant les autorités du pays. Au palais de la gouverneure générale à Québec, il a dénoncé le “système” mis en place au Canada, qui a conduit au drame de ces enfants déracinés et de ces peuples brisés dans leurs cultures et leurs traditions. Lors de son étape à Québec, le pape a aussi encouragé la communauté catholique parfois marginalisée dans une société très sécularisée. 

Ce voyage, entouré de discrétion en partie pour épargner la santé du pape de 85 ans qui avait traversé l’Atlantique malgré ses limitations physiques, avait une teinte d’humilité et de repentance. Mais aussi de meurtrissures et d’attentes douloureuses. “Chaque enfant compte”, lisait-on en tous lieux sur les tee-shirts oranges de participants, alors que la découverte de tombes anonymes près de l’établissement de Kamloops, dans le sud-ouest canadien, au printemps 2021, avait soulevé l’indignation publique et réveillé les consciences de nombreux catholiques. 

Plusieurs questions délicates ont refait surface au fil des rencontres, comme la demande d’abrogation de la “Doctrine de la découverte”, et la demande de reconnaissance de la responsabilité de l’Église en tant qu’institution. Tout autant de revendications qui ressortaient sur des bannières ou des pancartes affichées dans les foules, et que les organisateurs de la visite assuraient prendre en considération pour le chemin à venir. 

Si les chiffres des participations étaient plus bas que les estimations originelles, dans les rencontres, beaucoup exprimaient leur émotion et leur désir de justice et de pacification. “C’est un début”, et “le processus de guérison prendra du temps”, étaient sur nombre de lèvres. “Il ne faut pas espérer que des miracles arrivent immédiatement. Mais on ne sait jamais… la vie de quelqu’un peut changer”, glissait ainsi Mgr Anthony Krótki, évêque de Churchill – Baie d’Hudson, lors de la dernière étape du pape, à Iqaluit. Une espérance qui prenait une dimension mystique, dans l’immensité de l’Arctique.

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