Monté sur le trône en 284, en même temps qu’un vieux camarade de promotion, Dioclétien, élevé à la pourpre pour avoir eu le courage d’abattre de sa propre main l’assassin du précédent empereur que le tribunal allait, par prudence, acquitter, Maximien n’est pas véritablement préparé à ce rôle… Officier sorti du rang, Maximien ne connaît que le code militaire et la discipline, ce qui fait de lui une intelligence quelque peu bornée. C’est d’ailleurs, dit-on, la raison pour laquelle Dioclétien a choisi de "partager" le pouvoir avec lui. Cet ami loyal et dévoué est surtout trop sot pour se poser en rival du véritable souverain dont il exécutera les ordres sans tenter de lui prendre sa place. Bon soldat, il est aussi l’homme de la situation pour aider à ramener l’ordre dans un Empire romain démesuré en proie à des insurrections, révoltes, sécessions en tous genres.
Ne pouvant être partout à la fois et conscient que "l’œil du maître" est indispensable, Dioclétien, dans un coup de génie inattendu de la part d’un sous-officier parti de rien, a compris la nécessité de déléguer. Le vrai souverain, c’est lui, qui s’est réservé le gouvernement direct de l’Orient, mais sur le terrain, une partie du pouvoir est confiée au co-empereur Maximien, en charge de la moitié occidentale. Sous leurs ordres, deux Césars, plus jeunes, assurés de leur succéder en 304 au plus tard, certitude qui évite à deux ambitieux doués d’avoir envie de s’emparer de la pourpre. Ce système s’appelle la tétrarchie, le gouvernement des quatre, et il fonctionnera plutôt bien, du moins tant que Dioclétien sera en bonne santé.




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