Attaquée de toute part, y compris de l’intérieur, comment l’Église peut-elle retrouver son rayonnement ? Dans un monde rongé par la "maladie de la volonté", analyse Louis Daufresne, rédacteur en chef de Radio Notre-Dame, les chrétiens doivent repenser leur influence, retrouver une ambition de bâtisseurs.
Il y a dix ans, Richard Millet publiait Fatigue du sens chez feu Pierre-Guillaume de Roux. L’écrivain à la mine austère y décrivait "une maladie de la volonté […] ressortissant à l’hédonisme, lequel est une forme d’infantilisation générale". Bigre. Hédonisme, infantilisation, Millet fait pleuvoir ces grands mots comme de gros grêlons sur nos âmes perdues qui ne s’engagent à rien sauf à remettre des pièces dans la machine à plaisirs. Nos contemporains, dit-on, sont en recherche de sens. Je n’en suis pas persuadé. Pris dans une acception publicitaire, ce mot, comme le bonheur, a quelque chose de factice. Il faut lui rendre son épaisseur. Il est singulier que dans notre langue, le sens désigne à la fois la signification et le but — notions que par exemple l’allemand distingue (der Sinn et der Zweck).












