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Le bon Samaritain, figure de la miséricorde divine

Le Maître du Bon Samaritain

© Rijksmuseum, Amsterdam

Le Maître du Bon Samaritain, Le bon samaritain, 1537, huile sur panneau, 74,7 x 86 cm, Amsterdam, Rijksmuseum

Mickaël Le Nezet - publié le 09/07/22

Curé de la paroisse de Rochefort, le père Mickaël Le Nezet commente les lectures du 15e dimanche ordinaire (Dt 30, 10-14 ; Co 1, 15-20 ; Lc 10, 25-37). Dans la figure du bon Samaritain, nous pouvons voir le Christ lui-même venu accomplir la Loi d’amour de Dieu et d’amour du prochain.

Le docteur de la loi qui s’approche de Jésus connaît bien la Loi. Lorsque Jésus l’interroge, il récite par cœur cette loi. Le prêtre et le lévite de la parabole connaissent aussi bien la Loi au point d’ailleurs de la respecter à la lettre en gardant leur distance puisque en s’approchant de l’homme laissé à demi-mort, ceux-ci risqueraient de se retrouver impurs. « Celui qui touche un cadavre, quel que soit le mort, sera impur sept jours » (Nm 19, 11). Or il ne suffit pas de connaître par cœur la Loi mais bien plutôt de la connaître par le cœur pour qu’elle devienne une Loi de liberté dans le quotidien de la vie des hommes. « Je ne suis pas venu abolir la Loi mais l’accomplir », dira Jésus (Mt 5, 17). Et cette Loi citée par celui qui est venu interroger Jésus va prendre chair dans cette parabole laissée à notre contemplation.

La figure de la Miséricorde divine

« Le Christ Jésus est l’image du Dieu invisible », écrit saint Paul dans sa lettre aux Colossiens. Nous pouvons contempler à travers la figure du bon samaritain, le Christ lui-même venu accomplir cette Loi d’amour de Dieu et d’amour du prochain. Comme le rappelait le pape Benoît XVI dans l’encyclique Deus caritas est, « la véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure du Christ qui donne chair et sang aux concepts » (n. 12). Le Christ, en descendant du Ciel, a choisi de se rendre proche de tout être fragile jusqu’à prendre sur lui les péchés, l’impureté des hommes. « Celui qui n’avait pas connu le péché, Dieu l’a fait péché pour nous » (2 Co 5, 21).

Il n’hésite pas un instant à rejoindre l’homme, à s’approcher de lui, à le toucher même, pris de compassion devant la misère de l’homme, sa pauvreté, son indigence. Ému aux entrailles, il vient soigner ses blessures et lui redonner vie par le don de sa propre vie, l’eau et le sang qui couleront de son côté ouvert.

Par Jésus nous croyons que Dieu voit la misère de l’homme, qu’Il ne s’en détourne pas, qu’Il ne garde pas ses distances face à elle.

Dans Miséricordiæ vultus, à l’occasion du jubilé extraordinaire de la Miséricorde le pape François écrivait : « La miséricorde de Dieu n’est pas une idée abstraite, mais une réalité concrète à travers laquelle Dieu révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laisserait émouvoir au plus profond d’eux-mêmes par leur fils. Il est juste de parler d’un amour “viscéral”. Il vient du cœur comme un sentiment profond, naturel, fait de tendresse et de compassion, d’indulgence et de pardon » (MV, n. 15).

C’est cela que nous percevons dans l’attitude du bon samaritain prenant soin du malheureux. Et ainsi, par Jésus nous croyons que Dieu voit la misère de l’homme, qu’Il ne s’en détourne pas, qu’Il ne garde pas ses distances face à elle. Bien plus, en Jésus, Il la prend sur Lui pour nous en délivrer, pour nous sauver de la mort et du péché. Oui, « voyez comme il est grand l’amour dont il nous a aimé ! » (1 Jn 3, 1). 

Sogner les blessures et réchauffer les cœurs

Dans l’encyclique Fratelli tutti le pape François écrit au sujet de cette parabole :

« Chez ceux qui passent outre, il y a un détail que nous ne pouvons ignorer : il s’agissait de personnes religieuses. Mieux, ils œuvraient au service du culte de Dieu : un prêtre et un lévite. C’est un avertissement fort : c’est le signe que croire en Dieu et l’adorer ne garantit pas de vivre selon sa volonté. Une personne de foi peut ne pas être fidèle à tout ce que cette foi exige d’elle, et pourtant elle peut se sentir proche de Dieu et penser avoir plus de dignité que les autres. Mais il existe des manières de vivre la foi qui favorisent l’ouverture du cœur aux frères ; et celle-ci sera la garantie d’une authentique ouverture à Dieu » (n. 74).

« À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 35). Jésus, à l’image du bon Samaritain confiant à l’aubergiste l’homme en convalescence, nous confie ces hommes et ces femmes blessés, abandonnés dans leur misère. Et il nous appelle à soigner leurs blessures, à les soulager avec l’huile de la consolation et de la tendresse, à les panser avec la miséricorde, à les soigner par la solidarité, l’attention, la proximité. L’Église, c’est-à-dire chaque baptisé que nous sommes, doit être un véritable hôpital de campagne selon l’expression chère au pape François.

Dans un entretien accordé au Père Spadaro pour une revue jésuite au début de son pontificat, le pape rappelait : « Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui, c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. Il est inutile de demander à un blessé grave s’il a du cholestérol ou si son taux de sucre est trop haut ! Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. Soigner les blessures, soigner les blessures… Il faut commencer par le bas. » Voilà une grande exigence pour l’Église aujourd’hui et ainsi pour chacun de nous. 

Le ministère de la compassion

Notre contemplation de l’amour miséricordieux du Seigneur qui se donne, qui se fait proche, qui prend soin de nous, doit nous conduire jusqu’au ministère de la compassion pour nos frères et sœurs en humanité en prenant soin d’eux à notre tour. Et nous savons que c’est le vrai chemin de l’évangélisation à laquelle nous sommes tous appelés.

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