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François défend Vatican II contre les réfractaires et les utopistes

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Denis Lensel - publié le 21/06/22

Le pape François cherche à éviter à l’Église à la fois l’"idéologie du retour en arrière" d’opposants réfractaires au concile Vatican II, et la fuite en avant de ceux qui prennent le "chemin synodal" de l’Église d’Allemagne pour un terrain vague d’expérimentation d’utopies diverses.

Tout en cherchant toujours à préparer l’avenir de l’Église, le pape veut contrecarrer à la fois une tendance schismatique rigide et ignorante redevenue quasi-intégriste, et une déviance ultra-progressiste et infidèle, qui effectue des interprétations hasardeuses de l’enseignement ecclésial. François a fait récemment ce diagnostic pour une revue jésuite : « Le « restaurationnisme » est venu bâillonner le Concile, constate-t-il. Le nombre de groupes de “restaurateurs” est impressionnant. Un évêque argentin m’a dit qu’on lui avait demandé d’administrer un diocèse qui était tombé entre les mains de ces “restaurateurs”. Ils n’avaient jamais accepté le Concile. Il y a des idées, des comportements qui découlent d’un « restaurationnisme » qui, fondamentalement, n’a pas accepté le Concile. Le problème est précisément celui-ci : dans certains contextes, le Concile n’a pas encore été accepté. » Toutefois, il rappelle avec sérénité : « Il faut un siècle pour qu’un concile prenne racine. Nous avons encore quarante ans pour lui faire prendre racine… »

Groupes de pression

Cependant, concernant les ultra-progressistes, souvent plus ou moins engagés dans des formes de néo-protestantisme, le pape déclare aussi avoir confié, non sans humour, au président de la Conférence épiscopale allemande : « Il y a une très bonne Église évangélique en Allemagne. Nous n’en avons pas besoin de deux… »

Il faut un siècle pour qu’un concile prenne racine. Nous avons encore quarante ans pour lui faire prendre racine…

Sur ce point, outre sa double spiritualité personnelle ignatienne et franciscaine, il n’est pas inutile de rappeler l’attachement de François à une piété populaire profondément mariale et thérésienne, qui fut autrefois dénoncée par certains en Argentine comme… quasi intégriste ! Lui-même hôte de l’Allemagne en 1986 pour étudier l’œuvre du théologien bavarois Romano Guardini, il y est devenu un adepte du culte de la Vierge d’Augsbourg, Maria Knotenlöserin, Marie « qui défait les nœuds » : revenu à Buenos-Aires, il la recommandait à ses compatriotes argentins face aux situations difficiles…

À ses yeux, concernant les tendances centrifuges de l’Église d’aujourd’hui, « le problème se pose lorsque la voie synodale vient des élites intellectuelles, théologiques, et est très influencée par des pressions extérieures… » Or, le Pape constate qu’en Allemagne « il existe de nombreux groupes de pression, et sous la pression, il n’est pas possible de discerner ».

Rien que le concile

Comme la plupart de ses prédécesseurs, en particulier son principal maître Paul VI qu’il déclare aujourd’hui « prophétique » et qui fut alors appelé le « pape écartelé », mais aussi Jean-Paul II et Benoît XVI, François doit piloter la barque de Pierre en la préservant de ces deux écueils d’une crispation immobiliste et d’une agitation confuse : il cherche à éviter à l’Église ces deux erreurs toutes deux stériles, pour le choix de la vraie fécondité ecclésiale, la Tradition vivante qui concilie fidélité et ouverture. Dans cet esprit, il a choisi, lui aussi, comme ses prédécesseurs depuis Jean XXIII, d’appliquer le concile Vatican II, mais le vrai concile, tout le concile, rien que le concile, dans cette réelle fécondité.

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Concile Vatican IIPape François
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