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Connaître ses origines

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Shutterstock | Tatyana Soares

Blanche Streb - publié le 30/05/22

Depuis 2014, un collectif d’associations célèbre le 30 mai comme la Journée mondiale pour le droit aux origines. Essayiste et pharmacienne, Blanche Streb s’étonne que la France reconnaisse le droit des enfants à connaître leurs parents tout en facilitant la conception volontaire d’enfants sans père ou sans mère.

Nos questions existentielles font partie de notre histoire, de notre quotidien. Qu’elles nous fassent avancer, progresser ou reculer, elles expriment notre quête insatiable de sens, de vérité, de sérénité. Nos besoins d’enracinements, aussi, qu’on en ait conscience ou pas. Parmi elles, celle de nos origines est peut-être la plus flagrante. Savoir d’où l’on vient compte dans cette recherche du « qui suis-je ? » qui dure tant que dure la vie. Preuve en est, le succès massif des ventes de kits génétiques. Contre quelques dizaines d’euros et un peu de salive, des millions de gens dans le monde ont déjà sauté le pas pour découvrir de quels pays viennent leurs ancêtres, engraissant au passage ces entreprises dotées d’une puissance insoupçonnée générée par ces immenses « banques de données ». 

Volontairement déracinés

Connaître ses origines — son père et sa mère — est un réel besoin. Ce sont ceux qui souffrent de leur ignorance qui témoignent le plus fortement de leur importance. Même si la filiation ne peut se résumer à la biologie (pensons aux adoptions), le lien biologique ne peut être balayé comme ne comptant pour rien, ou n’étant qu’une simple idée. Pourtant, nos sociétés postmodernes n’ont de cesse d’utiliser de plus en plus les biotechnologies pour concevoir artificiellement — et donc volontairement — des enfants génétiquement déracinés. Le mot « volontairement » compte éminemment ici. La situation où le lien est rompu par un accident de la vie (abandon, naissance sous X…) n’est en rien comparable dans son intentionnalité avec l’intention qui préexiste à la conception in vitro d’un enfant pour lequel il est prévu, avant même qu’il n’existe, que ces liens seront rompus (achats de gamètes, gestation par autrui…). 

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