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Évangélisation et solidarité : « Que votre lumière brille devant les hommes » 

HUNGER

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Pierre Vivarès - publié le 29/05/22

S’aimer entre frères, mêmes les païens en font autant. Pourquoi n’osons-nous pas aimer nos frères en annonçant que nous agissons par amour du Christ ? Pour le père Pierre Vivarès, curé de la paroisse Saint-Paul de Paris, annoncer que nous sommes tous frères parce que nous avons un Père commun, est une urgence.

Beaucoup de chrétiens font des choses épatantes, quotidiennement, auprès de leur famille, de leurs proches, d’associations, au service des autres depuis l’animation du club sportif du petit dernier jusqu’à l’engagement dans de grandes causes internationales. Éduqués dans la foi, construits par elle et je dirais même structurés par elle, tout cela leur paraît évident à tel point qu’ils auraient du mal à dire pourquoi ils le font. Il y a aussi chez eux une retenue et une pudeur qui vient de l’Évangile lui-même : notre main gauche ignore ce que donne notre main droite et le Père sait ce que nous faisons dans le secret sans que nous n’ayons à le clamer sur les toits. Cependant, s’il y a une pudeur de l’action réalisée, pourquoi faudrait-il qu’il y ait une pudeur de la cause ? Plus encore, l’humilité ne consisterait-elle pas à dire d’où viennent ces bonnes actions que nous réalisons ? 

Témoigner de notre amour du Christ

Nous avons peut-être du mal à témoigner de notre foi parce que nous n’en voyons pas les ramifications les plus simples et évidentes et n’en témoignons pas assez. Si l’on organise, par exemple, un apéritif entre voisins d’une même rue ou d’une même cour d’immeubles, afin que les gens se rencontrent, partagent un moment convivial et créent du lien, ce désir de fraternité humaine a pour racine cet amour du Christ qui nous invite à la fraternité, qui nous invite à œuvrer pour construire la paix entre les gens. Bien sûr, il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour mettre en place ce genre d’initiatives, pas plus qu’il n’est nécessaire d’être chrétien pour servir les pauvres ou œuvrer bénévolement pour la cité. Mais si nous le faisons, ce n’est pas simplement parce que nous sommes humanistes ou prenons conscience de l’urgence de servir.

Témoigner que notre amour du Christ nous pousse à faire le bien et qu’Il en est la cause première même dans des actions les plus simples.

Lorsqu’au détour d’une conversation quelqu’un nous remerciera d’avoir organisé, servi, pris du temps ou donné du temps, pourquoi ne pas simplement dire que nous l’avons fait pour l’amour du Christ ? Il ne s’agit pas de rentrer dans un grand « prêchi-prêcha » qui fatiguerait tout le monde, ni de sortir un étendard à tout bout de champ : il s’agit juste de témoigner que notre amour du Christ nous pousse à faire le bien et qu’Il en est la cause première même dans des actions les plus simples et apparemment qui n’ont rien à voir avec la foi. 

Il y a cette phrase étonnante dans l’Évangile : « De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux » (Mt 5, 16). Comment, en voyant ce que nous faisons de bien, les hommes pourraient-ils rendre gloire au Père si nous n’indiquons pas le Père d’une manière ou d’une autre ? Ils rendront gloire à celui qui fait le bien, pas au Père, si nous confisquons la source du bien qui est à l’origine de notre action. Si quelqu’un me demande un service, je peux lui dire oui par sens du service mais je peux témoigner aussi que ce sens du service vient de mon amour du Christ qui m’invite à servir. Alors me répondrait-il, tu ne le fais pas par amour de moi mais par amour de Dieu ? C’est une seule et même chose ! Mais peut-être que si je n’étais pas chrétien et mû par ma foi je ne t’aurais pas rendu ce service.

Notre conviction chrétienne de la fraternité universelle […] nécessite de référer nos actions fraternelles à Celui qui en est la source.

Évangéliser, c’est aussi annoncer que nous n’aimons pas que nos frères : « Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? » (Mt 5, 47.) Dans nos sociétés postchrétiennes, il faut craindre que bientôt l’on ne saluera plus que nos frères, ce qu’on pourrait appeler aujourd’hui le communautarisme avec toutes les conséquences qu’il charrie. L’humanisme chrétien sans Christ fera long feu et la belle devise républicaine de fraternité ne sera plus une fraternité universelle. 

Parce que nous avons un Père commun

Nous désirons des sociétés dans lesquelles chacun se respecte, prends soin de l’autre ou en tout cas ne lui cause pas de tort, des sociétés dans lesquelles chacun se découvre avant de se juger, se rend service avant de refermer sa porte sur son petit confort. Pour créer ce genre de société, l’amour de Dieu, une invitation à reprendre conscience que nous sommes tous frères parce que nous avons un Père commun, est une urgence. Notre conviction chrétienne de la fraternité universelle, notre constat du premier meurtre de Caïn sur Abel son frère, nécessite de référer nos actions fraternelles à Celui qui en est la source.

C’est un acte éminemment politique, au sens le plus noble du terme, qui change les sociétés bien plus que tout programme ou toute injonction morale et qui nous convertit de l’intérieur en annonçant le Christ avec respect et douceur. Les premiers chrétiens ont témoigné de cet amour, ils ne se sont pas contentés de témoigner d’un humanisme philosophique solidaire. N’hésitons pas à rajouter cette petite mention « pour l’amour du Christ » à nos œuvres quotidiennes. 

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