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Pourquoi Jésus dit : « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille »

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Fred de Noyelle / Godong

L'Ascension de Jésus, par Giotto. Détail d'une fresque de la chapelle des Scroveni, Italie, XIVe siècle.

Aliénor Strentz - publié le 25/05/22

Avant de quitter ses disciples et de rejoindre le Père, Jésus leur déclare qu’il vaut mieux pour eux qu’il s’en aille, afin que l’Esprit Saint vienne habiter en eux. Comment comprendre et accueillir ce don extraordinaire de Dieu dans nos vies et notre quotidien ?

L’Evangile de Jean fait une grande place aux paroles de Jésus. Parmi elles, il y a cette étonnante déclaration du Christ à ses disciples : « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille » (Jn 16,7). Et il explique : « En effet, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas vers vous, mais si je m’en vais, je vous l’enverrai ».

Cette parole est prononcée suite au repas de la Cène (le Jeudi Saint), lorsque Jésus et ses disciples se mettent en route vers le jardin de Gethsémani (Jn 14,31 ; 18,1). La conversation entamée lors du repas se poursuit sur le chemin. Il ne reste plus beaucoup de temps à Jésus pour avertir une énième fois ses disciples de sa mort imminente, de son ascension vers le Père (Jn 14,12), mais aussi de la venue du Consolateur, « l’Esprit de vérité qui vient du Père et rendra témoignage de moi » (Jn 15,26).

Jésus l’a en effet déclaré à ses disciples, et donc à nous aussi : il est véritablement avec nous « jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20). Il a promis qu’il ne nous délaisserait pas et ne nous abandonnerait pas (Hb 13,5).

Avant sa mort, Jésus annonce donc aux disciples non seulement sa Résurrection (que nous fêtons à Pâques), mais aussi son Ascension vers le Père puis la Pentecôte, c’est-à-dire l’envoi du Saint-Esprit par le Père au nom de Jésus, afin de nous soutenir, de nous fortifier, de nous consoler et de nous conseiller dans toutes nos actions quotidiennes.

 « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille »… Ainsi, si nous prenons Jésus au mot, la présence de l’Esprit Saint en nous serait préférable à sa présence à nos côtés.

Les fruits de l’Esprit Saint en nous

Dans son ouvrage « Il vaut mieux pour vous que je m’en aille : l’Esprit en nous » (Editions La Maison de la Bible, 2021), l’auteur chrétien J.-D.Greear nous incite à nous interroger sur notre foi et sur notre relation personnelle à Dieu : « La foi en Christ est-elle pour moi un ensemble de croyances auxquelles j’adhère et un mode de vie auquel je me conforme, ou est-elle une relation vivante qui me conduit à marcher par l’Esprit en étant accompagné(e) de sa puissance ? »

Si l’Esprit Saint est présent en nous, si nous ne lui fermons pas la porte de notre cœur, alors il peut vraiment porter des fruits en nous. Quels sont ces fruits ? Nous pouvons en relever trois principaux.

Le premier fruit est qu’en nous rappelant tout ce que Jésus nous a dit (Jn 14,26), le Saint Esprit rend la Parole de Dieu vivante en nous, dans notre propre vie. Autrement dit, la Parole nous parle personnellement pour nous éclairer dans chaque situation que nous rencontrons au quotidien. 

Le deuxième fruit de la présence de l’Esprit en nous est une meilleure « connaissance » de l’amour du Christ pour nous et tous les hommes. Avec les saints, pour reprendre les mots de l’apôtre Paul, nous sommes mieux à même de comprendre « quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur de l’amour de Christ » (Ep 3,18). Paul recourt au terme « ginosko » en grec (γινώσκω) qui désigne une connaissance assimilée par l’expérience. De fait, en expérimentant l’amour de Dieu en nous, nous faisons une rencontre intime, personnelle, vivante avec Dieu, au plus profond de notre cœur. 

Le troisième fruit, si nous laissons l’Esprit Saint vivre et œuvrer en nous, n’est pas le moindre : celui de devenir « témoin » de Jésus-Christ et de la Bonne Nouvelle, « à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac I,8). Même si nous restons toute notre vie dans le même village ou comme Ste Thérèse de Lisieux dans un couvent de religieuses cloîtrées, le Saint Esprit porte notre témoignage « jusqu’aux extrémités de la terre ».

La présence de l’Esprit Saint en nous est un don extraordinaire, mais Dieu respecte notre liberté. C’est pourquoi il nous faut « le demander ».

C’est à la lumière de ces trois fruits que nous pouvons comprendre une autre parole étonnante du Christ, dans l’Evangile de Matthieu (11,11) : « Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’est venu personne de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. » 

Jean-Baptiste étant, selon Jésus, le plus grand prophète qui ait jamais existé, comment donc pouvons-nous être plus grands que lui ? C’est justement, comme le souligne l’auteur J.-D.Greear, « parce que l’Esprit de Dieu demeure en permanence dans notre cœur (si seulement nous ne le chassons pas), ce que Jean n’a jamais connu sur la terre. » 

Mais ces fruits de l’Esprit sont-ils pour autant des grâces « automatiques » dès lors que nous avons reçu le sacrement du baptême ?  

Demander l’Esprit au Père

Dans l’Evangile de Luc (11,13), Jésus enseigne que si nous, mauvais que nous sommes, savons donner de bonnes choses à nos enfants, « le Père céleste donnera d’autant plus volontiers le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent ». 

Ainsi, Dieu le Père se réjouit d’accorder le Saint-Esprit à tous ceux qui le lui demandent. Mais que signifie « demander l’Esprit » et pourquoi est-il nécessaire de le « demander » ?

Les premiers chrétiens nous éclairent à ce sujet. Dans les Actes des Apôtres, nous les voyons réunis dans une maison, ensemble à prier, autour de la Vierge Marie. Que font-ils ? Nous savons qu’ils persévéraient dans la prière (Ac I,14). 

Le pasteur J.-D Greear le résume avec intensité en ces termes : « Ils ont prié, l’endroit où ils étaient a tremblé, et ils ont été remplis de l’Esprit, puis ils ont bouleversé le monde ». 

La présence de l’Esprit Saint en nous est un don extraordinaire, mais Dieu respecte notre liberté. C’est pourquoi il nous faut « le demander » en reconnaissant notre dénuement spirituel et notre immense besoin, en tant qu’enfants de Dieu, de le recevoir. L’enjeu est notre propre sanctification, et à travers elle, un témoignage puissant pour répandre la Bonne Nouvelle « jusqu’aux extrémités de la terre ». 

Aliénor Strentz est docteur en ethnologie, formatrice pour adultes, et fondatrice du blog « Chrétiens heureux« .

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