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Le fils prodigue, une figure commune à de nombreuses familles

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Michel Martin Drolling | Wikipedia CC by SA 3.0

Philippe-Emmanuel Krautter - publié le 17/05/22

Cet enfant de la Bible pour une fois n’a pas existé en tant que tel, mais est le fruit d’une belle parabole, celle de Jésus relatée par l’évangile de Luc. Enfant parti avec éclat loin des siens et revenu, pauvre, dans l’humilité, auprès de son père, la parabole du fils prodigue a de tout temps été source d’enseignements sur les rapports entre les hommes et le Père…

À l’image de toutes les paraboles de Jésus, celle dite du « Fils prodigue » éclaire avec émotion et tendresse notre condition humaine à la lumière de la transcendance divine. L’évangéliste Luc relate cette parabole comme une histoire familière à un grand nombre de familles :

« Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre ». (Lc 15, 11-13)

Un enfant émancipé

Le début de cette histoire s’avère important, car il rapporte que le père avait deux fils et que le plus jeune d’entre eux sera le moins sage, tout au moins au début. La vie désordonnée qu’il mènera afin de s’émanciper du père montre combien l’autorité paternelle était alors la règle absolue et le respect de celle-ci un élément essentiel des rapports père / enfant dans la Bible. L’émancipation déréglée du plus jeune des fils s’avère dès lors être l’exception, la rectitude morale de l’aîné, la règle. Or, par un curieux renversement, cette logique qui prime encore souvent dans nos esprits va se trouver bouleversée par Jésus.

Le retour inespéré

La suite de la parabole gagne en puissance émotionnelle lorsque le fils, ayant tout dilapidé son héritage, contraint de garder des porcs et affamé, ravale sa fierté et décide de revenir à son père :

« Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers. » (Lc 15, 17-19)

Alors que l’enfant pensait se détacher de tout lien paternel et revendiquer sa liberté, celui-ci prend cependant conscience de l’amour qu’il a trahi, ainsi que le rappelle le pape Benoît XVI dans l’une de ses méditations :

« Dans ces étapes, nous pouvons également lire les moments du chemin de l’homme dans son rapport avec Dieu. Il peut y avoir une phase qui est comme l’enfance: une religion animée par le besoin, la dépendance. Peu à peu, l’homme grandit et s’émancipe, veut s’affranchir de cette soumission et devenir libre, adulte, capable d’agir tout seul et de faire ses choix de façon autonome, en pensant aussi pouvoir se passer de Dieu. Cette phase, précisément, est délicate, elle peut conduire à l’athéisme, mais cela cache aussi souvent l’exigence de découvrir le vrai visage de Dieu ». (Angélus 14/03/2010)

La miséricorde qui pardonne tout

La parabole relatée par Jésus trouve son point culminant dans la réaction du père qui pardonne instantanément tout à son fils cadet alors même qu’il l’aperçoit de loin revenir à lui. Cette miséricorde sans condition ne cesse de nous émouvoir et se trouve être la source même de l’amour authentique sans contrepartie, ni calcul. L’homme est créé libre, et s’il peut s’éloigner du Père pensant n’avoir plus besoin de lui comme avec l’athéisme, il pourra cependant toujours revenir à Lui, ce que révèle le père de la parabole.

Cet amour inconditionnel du père met en colère l’aîné lorsqu’il apprend que le veau gras a été prévu pour le retour du fils prodigue à son retour des champs. Cette réaction conduit à l’opposé de ce que souhaite la miséricorde ;  car au lieu de se réjouir de ce retour inespéré, l’aîné ne voit, en effet, de manière égoïste et immature que ce que la conduite de son cadet lui enlève, aveuglé par son désir de justice humaine qui oublie la justice divine, ce que vient rappeler la conclusion de la parabole :

« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé ! »

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