Aller au contenu principal

Charles de Foucauld canonisé, le panache sur les autels

4 min de lecture
Xavier-Patier.jpg

Crédit : Aleteia

Il y a dans le personnage de Charles de Foucauld un aspect oublié, regrette l’écrivain Xavier Patier, le côté lieutenant de cavalerie décomplexé, qui mériterait pourtant d’être lui aussi à l’honneur. Ce panache assumé est une leçon : à ceux qui ont beaucoup reçu, le saint apprend à tout donner.

Partager sur :

À l’automne 1986, Jean-Edern Hallier a publié un très gros livre, L’Évangile du Fou (Albin Michel), ouvrage qui se voulait initialement une biographie de Charles de Foucauld, mais dont le texte était parti de travers et que son auteur avait finalement désigné sous le nom de roman, bien qu’il s’agît pour finir d’un essai autobiographique et burlesque. Il me l’avait donné en me précisant que c’était son livre le plus important car lui-même était en train de se convertir à la foi chrétienne, sur les pas de Charles de Foucauld. 

Comme toujours avec Hallier, il était impossible de démêler la part de comédie dans cette histoire de conversion suscitée par la fréquentation de l’ermite de l’Assekrem. Nous en avons parlé à de nombreuses reprises : l’écrivain, à ce que me semblait, n’éprouvait pas de désir de se convertir, mais, en certaines heures, le désir du désir. Il avait fait deux fois le voyage à Tamanrasset, lu Psichari et Huysmans, décortiqué Charles de Foucauld de toute son intelligence, qui était pénétrante. En vain. Il a porté ce désir intermittent et inaccompli de conversion jusqu’à sa mort sur les planches de Deauville, d’une chute de vélo.