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Sexe : la revanche de la fidélité

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Tugdual Derville - publié le 05/05/22

Contrairement à bien des idées reçues sur le caractère chimique de l’infidélité amoureuse, la science révèle que notre cerveau est programmé pour l’amour durable. Les explications de Tugdual Derville, co-initiateur du Courant pour une écologie humaine : le grand amour, c’est naturel !

L’infidélité sexuelle est-elle le propre de l’être humain ? C’est l’avis de tout un courant de pensée qui tente de déconstruire les « normes sociales » au nom de la science. Mais voilà que la science semble en mesure de démentir sa théorie libertaire. Pour casser les repères jugés liberticides et abattre les murs porteurs de l’anthropologie, on fait parfois appel aux naturalistes, comme si l’être humain était un animal comme les autres. Des oiseaux volages aux poissons « transgenres », en passant par les fragiles poussins précocement éliminés par leurs géniteurs, la nature fourmille d’exemples, à suivre… ou pas. Des biochimistes ne sont pas en reste pour « prouver scientifiquement » que l’amour durable est une utopie. Avec eux, l’idée court encore que la passion amoureuse entre un homme et une femme durerait entre trois et sept ans, avant de s’éteindre inexorablement. Question de chimie cérébrale. 

Le mariage durable, une exception ?

Psychologie.com offre un article daté de mars 2021 titré « Pourquoi l’amour dure trois ans » qui commence ainsi : « Tant pis pour les romantiques ! Selon les lois de la biologie, l’amour est un processus chimique de courte durée. » Suit l’interview de Lucy Vincent, docteur en neurosciences. La chercheuse du CNRS laisse entendre que nos cerveaux seraient conçus pour ne lier deux parents que jusqu’aux trois ans de leur enfant, après quoi il n’aurait plus besoin que d’un seul ! Même si l’experte n’exprime pas exactement ce que suggère la présentation de son entretien, elle explique aussi comment faire durer l’attachement conjugal. La fidélité est toutefois dévalorisée.

Pour les déconstructeurs, inutile de s’accrocher : l’être humain serait programmé pour une succession de rencontres amoureuses, décrites comme d’éphémères addictions réciproques et non pour l’engagement. Les adeptes du mariage durable seraient d’heureuses — voire de tristes — exceptions. C’est la thèse développée par Marcela Iacub, directrice de recherche du Laboratoire de démographie et d’histoire sociale de l’école des hautes études en sciences sociales (EHESS) dans son essai en forme de prédiction : La Fin du couple (Stock, 2016). La chercheuse et militante s’inscrit dans la tradition du philosophe libertin Charles Fourier (1772-1837) qui condamnait déjà sans appel, non seulement l’institution du mariage, jugée injustement contraignante, mais aussi toutes les formes de sexualité et d’affectivité s’apparentant au couple fidèle, voyant au passage dans la jalousie un sentiment barbare.

Le poison du doute

Sans épouser (sic) pareilles outrances, la société est influencée par ces théories. Elles peuvent instiller le poison du doute chez ceux qui peinent à rester fidèles. Depuis des dizaines d’années, foisonnent les articles pernicieux présentant — sous couvert d’expertise en sciences sociales ou neurobiologiques — l’adultère comme « naturel » voire « bienfaisant pour le couple » comme le suggère cet article de 2014 publié dans Madame Figaro : « Quand l’adultère renforce le couple ». 

Quant aux jeunes, s’ils sont régulièrement mis en garde contre le défaut de consentement, les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées, la fidélité sexuelle ne leur est pratiquement jamais présentée comme souhaitable, possible et bienfaisante. Pourtant, la plupart la désirent encore ; et ils sont loin de mettre en pratique les préconisations utopiques d’un Fourier. L’Ifop a interrogé, pour l’édition 2022 du Sidaction, 1.000 jeunes entre 16 ans et 24 ans sur leur vie sexuelle : 43% n’ont pas eu de rapport sexuel dans l’année précédente, et 45% ont eu « un seul partenaire ». Parmi ceux qui affirment avoir eu un « partenaire régulier », 93% lui ont été fidèles. Ces statistiques sont stables.

La biochimie de l’attachement conjugal

Or, voilà que la biochimie du cerveau vient au secours de la fidélité. À l’image d’un récent article du Huffington post qui jette un pavé dans la mare libertine. Titré « Le secret d’un amour qui dure toujours ? », son chapô pose d’emblée que « notre cerveau est programmé pour l’amour durable » et que « nous connaissons maintenant les piliers biologiques et les connexions cérébrales qui permettent la synchronie des amoureux ». Cet élixir d’amour a pour nom « ocytocine ». La célèbre hormone est présentée comme l’un des « piliers biologiques de l’amour durable ». Une brochette de scientifiques décrit cette découverte qui « remet totalement en question nos idées reçues sur l’amour ». 

Quant aux nombreux jeunes qui rêvent encore du « grand amour » pour la vie, ils peuvent faire de ce rêve leur réalité.

Selon le neurobiologiste américain Larry Young notamment, l’attachement monogame entre humains est lié aux mêmes types de mécanismes cérébraux que ceux qui attachent une mère à ses enfants. L’étude du fonctionnement cérébral des amants conduit à des préconisations qui n’ont rien à envier à ceux des conseillers conjugaux : ne pas laisser le stress tuer l’amour ; au contraire, le nourrir par des activités positives vécues ensemble. Et de noter combien, en complément des relations sexuelles et de la tendresse, la joie, l’enthousiasme, l’admiration, la contemplation de la nature, ou la contemplation tout court, bref, toute émotion qui élève l’âme, renforcent — sur le plan biochimique — l’attachement conjugal. 

Revanche de l’écologie humaine, l’amitié conjugale au long cours, incluant le « sexe durable », est une aventure attrayante qui respecte pleinement notre nature sexuée. Que cette nature plaide pour la fidélité n’étonnera pas ceux qui ont décidé de la vivre. Les couples qui éprouvent des difficultés à réparer leurs liens distendus seront encouragés. Quant aux nombreux jeunes qui rêvent encore du « grand amour » pour la vie, ils peuvent faire de ce rêve leur réalité.

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