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Un motu proprio peut en cacher un autre

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Vatican Pool

Valdemar de Vaux - publié le 21/04/22

Le 11 février dernier, le pape François a signé deux motu proprio : "Fidem servare" et "Competentias quasdam decernere". Si le premier, qui concerne la structure de la Congrégation pour le Doctrine de la Foi, a été commenté, le second a davantage été oublié. Il est pourtant dans la droite ligne de l’idée du pape François de décentraliser le gouvernement de l’Église. Explications.

Signés le même jour, le 11 février, les deux motu proprio Fidem servare et Competentias quasdam decernere ont pourtant été rendus publics l’un le 14 février dernier, l’autre le 15. Assez logiquement, le premier a donc été davantage commenté. Il permet à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, désormais séparée en une section disciplinaire et en une autre pour protéger la foi, de ne pas abandonner cette dernière au détriment des problèmes pénaux. On sait, en effet, combien ceux-ci ont pris de l’importance depuis les révélations sur les abus sexuels dans l’Église. 

Le second motu proprio, quant à lui, est resté presque inaperçu. Il est pourtant de première importance, d’autant que l’Église se prépare activement à vivre un synode sur la synodalité, c’est-à-dire une vaste réflexion sur une manière plus collégiale de vivre en chrétien. Le texte du pape, qui modifie une dizaine de canon, a pour objectif principal de permettre les autorités locales de l’Église (évêques et supérieurs religieux) de prendre leurs décisions en informant le Saint-Siège mais sans nécessité d’approbation de sa part.

Si la règle de mœurs ou de foi ne change pas, c’est la manière de l’appliquer et de l’exprimer qui peut ici varier.

L’objectif du texte romain est double. D’abord rendre les décisions plus conformes aux réalités culturelles dans lesquelles elles doivent être prises. Si la règle de mœurs ou de foi ne change pas, c’est la manière de l’appliquer et de l’exprimer qui peut ici varier. Il s’agit aussi de rendre leur autorité à ceux qui l’ont légitimement reçue, les évêques et les supérieurs religieux.

Quelques cas permettent d’expliciter le contenu et les conséquences du motu proprio. Un évêque peut désormais ouvrir un séminaire en informant simplement Rome qui confirmera a posteriori. Tout en respectant les directives romaines formulées dans la ratio fondamentalis sur la formation des prêtres, il a le pouvoir de répondre à ses exigences de la manière qui lui semblera la plus pertinente au vu des candidats et des réalités de son Église locale. De même, pour permettre à une de ses religieuses de sortir pour un temps de la clôture, une supérieure n’aura qu’à en informer la Congrégation en charge de la vie consacrée. Enfin, le catéchiste est autorisé à user de la pédagogie qui lui paraîtra la plus adaptée pour enseigner les vérités de la foi.

Tension des réformes en cours

Lire les deux motu proprio ensemble permet de comprendre la tension qui est celle des réformes en cours en vue d’une plus grande synodalité. Ainsi, dans Fidem servare, l’évêque est-il déchargé de son autorité judiciaire quand se présentent des cas d’abus sexuels. Dans Competentias quasdam decernere, en revanche, l’évêque et le supérieur religieux retrouvent une pleine autorité, en vue du bien des fidèles qui, par définition, sont des êtres singuliers dans leur chemin de sainteté et dans leur culture. 

Au fond, le pape François recherche, dans ces réformes qu’il mène par petites avancées, à maintenir constante l’unité de l’Église, et son universalité, sans qu’elle ne se transforme en une organisation centralisée qui aurait pour écueil d’écraser les particularités. Une traduction, toujours délicate, des écrits de saint Paul : chaque membre du corps est uni aux autres, tous sont uniques, mais attachés à la tête qui est le Christ, lequel donne son principe et sa fin à tous. 

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curie romainemotu proprioPape FrançoisréformesSynode sur la synodalitéVatican
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