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La Semaine sainte nous ramène au centre de l’Histoire

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Shutterstock | Rachata Sinthopachakul

Pierre Vivarès - publié le 15/04/22

Notre monde est à bout de souffle, parce qu’il ne considère plus le mystère pascal comme la source et le sommet de l’humanité. Pour le père Pierre Vivarès, curé de la paroisse Saint-Paul de Paris, la Semaine sainte, « semaine de la mystique pure », nous ramène au centre de l’Histoire.


Au cœur de la Semaine Sainte il est donné aux chrétiens de contempler une fois encore le mystère pascal, jour après jour. Le christianisme est d’abord une mystique avant d’être une dogmatique ou une morale. La dogmatique et la morale sont les cadres qui évitent l’errance (on pourrait dire l’hérésie) ou la violence (on pourrait dire la débauche) au nom d’un Dieu que l’on peut toujours confisquer et qui ne sert alors que nos intérêts philosophiques, politiques, sociaux ou moraux. 

Rester près du maître dans la contemplation

Certains distribuent des bons points de théologie à ceux qui pensent comme eux : « Le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer » (Mt 11, 12). Personne n’échappe à cette tentation, des grands prêtres à Judas, en passant par Pilate et saint Pierre, et nous-mêmes. « Le disciple que Jésus aimait », c’est-à-dire vous, moi et chaque chrétien qui se met à la suite de Jésus et médite l’Évangile, se place sur la poitrine du Christ lors de la Cène, au pied de la Croix à côté de Marie, à la porte du tombeau avec Pierre le matin de Pâques. C’est peut-être cela la mystique : rester auprès du maître dans la contemplation. Quand il n’y a plus de mystique, on se pique de faire de la politique ou de la sociologie, on court les salons pour devenir vaticaniste, on cherche les dernières lubies des temps modernes et on s’y colle comme ces papillons d’un soir d’été qui meurent au pied des lampadaires. On transforme l’Église en machine à progrès ou bien on se plaint qu’elle soit à côté des enjeux contemporains : on la fait passer de mère qui enfante à la grâce, à une pauvre institution promise au sort de toute institution, à savoir la mort.  

Nous sommes dans la semaine de la mystique pure au cours de laquelle les pécheurs que nous sommes sont confrontés à l’amour du Christ dans le don total de son être au Père et aux hommes. On pourra bien détourner le regard en rangeant le mystère pascal au rang des acquis et en ne s’intéressant qu’à notre époque et à ses pauvres combats, l’homme-Dieu veut nous ramener au point central entre la terre et le ciel : la croix. Ce n’est que par la contemplation que l’on connaît vraiment : « Restez enracinés dans l’amour, établis dans l’amour. Ainsi vous serez capables de comprendre avec tous les fidèles quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur… Vous connaîtrez ce qui dépasse toute connaissance : l’amour du Christ » (Éph 3, 17-19). Pourquoi les Rameaux ? Pourquoi la Cène ? Pourquoi la mort et la mise au tombeau ? Pourquoi la Résurrection ? Voilà les seules vraies questions qui éclairent toutes les autres et peuvent donner au moindre problème contemporain sa densité. C’est là le centre de l’Histoire qui éclaire l’histoire dans tous ses recoins. 

L’opinion des mystiques dérange

Nous avons besoin de mystiques qui posent un regard neuf, forcément décalé, mais qui touchera le cœur des problèmes et trouvera donc les solutions. En diplomatie, il y a les pays non-alignés, ceux qui ne veulent pas recevoir de directives de la part des grandes puissances. Est-ce que nous sommes alignés ou vivons-nous de cette liberté des enfants de Dieu ? Notre monde est à bout de souffle, à bout d’Esprit, parce qu’il ne considère plus le mystère pascal comme la source et le sommet de l’humanité. C’est sûr, le mystique sera un solitaire, ses opinions dérangeront tout le monde. Comme les contemporains du Christ qui espéraient un chef de guerre pour chasser l’oppresseur romain, ou un nouveau grand prêtre qui rétablirait la pureté du culte dans le Temple ou un nouveau prophète comme les autres. Ils ont tous été déçus et ils l’ont crucifié. « Mais l’heure vient — et c’est maintenant — où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père » (Jn 4, 23). 

Cette semaine, en proclamant notre foi la nuit ou le jour de Pâques, on ne renouvelle pas notre carte de membre du club catho. On implore la grâce divine pour devenir ces adorateurs en esprit et en vérité que recherche le Père. « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Ap 21, 5).

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