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Présidentielle : “Nous tous, mais sans les autres”

8 min de lecture
"À la croisée du langage militant et des formules de la communication culturelle, les présentations des spectacles peinent à donner envie de s’unir au public visé", dénonce Henri Quantin.

Crédit : Aleteia

"À la croisée du langage militant et des formules de la communication culturelle, les présentations des spectacles peinent à donner envie de s’unir au public visé", dénonce Henri Quantin.

Comment les candidats à l’élection présidentielle peuvent-ils appeler à l’unité du pays en excluant de l’espace politique autorisé la moitié de la population, s’interroge l’écrivain Henri Quantin.

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Pourquoi tout cela sonne-t-il si faux ? Dimanche soir, 10 avril, après avoir énuméré lentement les noms de tous ses adversaires du premier tour, Emmanuel Macron demandait à ses auditeurs enamourés de les applaudir "toutes et tous", "parce que, depuis le début et depuis toujours, nous défendons des convictions avec force, mais en respectant chacune et chacun". Sans doute bien des adversaires du président sortant auraient-ils espéré moins de respect déclaré, mais plus d’affrontements face à face. En assurant lui-même la claque de ses rivaux, le président-candidat entend sans doute se poser en juge suprême de la vertu citoyenne, rôle aussi avantageux qu’usurpé. En réalité, il prend surtout les allures d’un animateur de jeu télévisé, remerciant tous les candidats malheureux d’avoir participé. Emmanuel Macron se voit en roi de dénouement cornélien ; il est plutôt un Jacques Martin d’école des fans de la démocratie. On doute qu’il fasse applaudir Marine Le Pen au soir du second tour et, avouons-le, nous préférerions qu’il s’abstînt.

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