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« Sous l’aile des anges », l’enfance d’Abraham Lincoln 

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"Sous l'aile des anges".

Louise Alméras - publié le 12/04/22

Le réalisateur A.J. Edwards s’est inspiré de l’esthétique de son mentor Terrence Malick pour raconter dans "Sous l’aile des anges" une partie de l’enfance d’Abraham Lincoln. Un film au style épuré, en noir et blanc, particulièrement réussi à découvrir en salles le 13 avril.

« À la fin, ce ne sont pas les années écoulées de votre vie qui comptent, mais la vie qui a inondé ces années », écrivait le président américain Abraham Lincoln. Et c’est probablement dans son enfance qu’Abraham Lincoln (1809 – 1865) a puisé les forces nécessaires à sa vie. Le jeune Abraham a une sœur un peu plus âgée et des parents tous deux illettrés. Le rythme de la famille s’organise autour de l’exploitation agricole du père, assez sévère et froid, pour qui le travail des champs est l’activité essentielle. En voix-off, le cousin d’Abraham, qui a vécu avec eux après être devenu orphelin, raconte l’histoire de ce garçon qui a évolué au milieu des arbres, appris de la nature, vécu ici la rudesse de la vie et dépassé le deuil de sa mère, morte à 34 ans. 

Pour son film, A.J. Edwards s’est inspiré des souvenirs du cousin d’Abraham Lincoln, son compagnon de jeu, publiés en 1908. Le réalisateur met d’ailleurs l’accent sur le rôle capital de la famille, mais aussi de l’éducation et de la croyance. Il veut montrer que « la foi et la résilience peuvent transformer la souffrance en un bien pour tous ». Cette foi d’Abraham lui vient de sa mère, avec laquelle il passe beaucoup de temps, enfant. Dans les champs, les clairières, sous les hautes cimes des arbres qui entourent la cabane familiale, Abraham forge son idée de la vie. Très vif, plus intellectuel que manuel, la transmission paternelle ne prend pas face à un père plutôt mutique et violent. Lui préfère écrire et apprendre, encouragé par sa mère. Le père s’en moque, mais sa mère lui dit que l’on doit utiliser les dons que Dieu nous donne. 

Ce passage n’est pas anodin quand l’on sait l’importance du regard des parents pour l’avenir de leurs enfants. Certains présidents le sont devenus parce qu’un jour leur mère leur a dit qu’ils le seraient. Et, même après la mort de sa mère, il ne se renie jamais pour tenter de plaire à son père. L’on sent sa fidélité au vœu de sa mère, à l’impact de son regard sur lui, sans doute. Les scènes de confrontation avec le père, ou encore celle d’un jeu de bagarres avec lui, en disent également beaucoup sur la manière dont il s’est construit. 

C’est le réalisateur Terrence Malick lui-même qui a soufflé l’idée de faire ce film à A.J. Edwards, l’ayant même aidé à penser l’ouvrage au cours de l’écriture du scénario. L’on retrouve ainsi les traces de l’influence du maître sur l’élève : profondeur de champ, caméra portée et mouvante, saisissant des instants au gré de l’histoire sans s’attacher à un récit linéaire, et voix-off. Le film est vraiment très beau, proche du film Le Nouveau Monde de Terrence Malick, et nous renseigne sur ce qui a fondé le tempérament du futur président. Sorti en 2014 aux États-Unis, il arrive enfin en France. 

Une enfance entourée d’arbres, d’épreuves et d’amour

Entre des images léchées, toujours belles, la caméra semble glisser sur et autour de l’histoire, comme pour nous en faire sentir d’abord les sensations plutôt que le contenu. C’est une vie rude, austère et répétitive, parsemée de joies simples et où la nature règne toujours. L’on découvre un garçon assez indépendant, prompt à prendre la faute des autres sur lui, sans jamais s’en plaindre ni le reprocher aux autres. Ses journées passent entre repas, jeux, regards affectueux de sa mère et travaux. Jusqu’à ce que sa mère meurt après avoir bu du lait empoisonné. Le deuil est vécu en silence dans la famille, presque sans émotions, même si la souffrance se fait grande. Les heures heureuses semblent parties à jamais. 

Puis, son père part chercher une nouvelle femme (Diane Krüger), qui arrive avec ses trois enfants. La comédienne est excellente dans le rôle de cette femme intelligente et douce. C’est grâce à elle qu’il va à l’école et dépasse sa douleur. La nouvelle fratrie s’apprivoise alors, offrant de belles scènes de jeu à l’écran. Et la finesse du film est de montrer la supériorité d’Abraham par de petites touches à peine visibles, d’un mot ou d’une attitude, lui qui, solitaire, semble déjà penser à ses futurs discours. Peu à peu, il devient plus solide, homme avant l’heure le jour où il part seul, à travers les bois, pour aller travailler loin de chez lui. C’est donc l’enfance d’Abraham Lincoln contée à la Terrence Malick, mais où A.J. Edwardsdiffère en évitant le temps trop dilaté, préférant la succession de plans ou de scènes, et en offrant une plus grande proximité avec les personnages, même si, chez les deux cinéastes, ceux-ci demeurent souvent insaisissables.

Sous l’aile des anges, de A.J. Edwards, avec Diane Krüger, Jason Clarke et Brit Marling, 1h35 minutes, en salles le 13 avril
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