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L’Église donne-t-elle des consignes de vote ?

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Agnès Pinard Legry - publié le 05/04/22 - mis à jour le 05/04/22

Pas de consigne des votes mais des "éléments de discernement", c’est ce que propose l’Église aux catholiques avant des échéances électorales importantes.

À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, plusieurs sondages mettent en lumière le nombre important d’indécis quant à leur vote et d’incertains quant au fait d’aller, tout simplement, voter. Si l’Église a toujours encouragé les catholiques à exercer leur responsabilité de citoyen en se rendant aux urnes, elle ne donne pas de consigne de vote. « Sauf en cas de force majeure, ce qui a été réfléchi par l’enseignement de l’Église est la légitimité de la variété des options partisanes », expliquait ainsi Matthieu Rougé, aujourd’hui évêque de Nanterre, sur Aleteia. « C’est aussi bien expliqué dans l’enseignement de Léon XIII (fondation de la doctrine sociale de l’Église) que – par exemple – dans le rapport de Mgr Matagrin de 1972 où cette position de neutralité est très clairement indiquée. »

Mais l’Église donne néanmoins de solides éléments de réflexion et de discernement. La Conférence des évêques de France (CEF) a ainsi publié en janvier 2022 en ce sens un livre intitulé L’Espérance ne déçoit pas. 60 pages, six chapitres et 27 paragraphes, c’est le format qu’ils ont choisi pour rappeler de grands principes directeurs qui guident les chrétiens : le respect inconditionnel de toute vie humaine, la promotion de la fraternité, la défense d’une écologie authentiquement intégrale. Chacun des chapitres se conclue par trois questions que chacun est invité à se poser.

La peur est toujours mauvaise conseillère. C’est l’espérance qui ouvre le chemin des choix courageux et salutaires. »

Sur la question de la liberté, par exemple, les évêques rappellent que le débat sur la loi « confortant le respect des principes de la République » a mis en évidence une tentation : « celle de porter atteinte, par souci de la sécurité, à la liberté d’expression, d’association, d’éducation, voire de culte ». « Il n’y aura pas d’égalité et de fraternité authentiques ni même de sécurité véritable et durable sans respect scrupuleux de la liberté des personnes », expliquent-ils. « En retour, la liberté ne peut pas tout se permettre et ignorer les exigences de la fraternité. »

Partageant leur inquiétude quant à un « risque de fracturation » de la société française qui est « divisée et habitée par des violences latentes », ils appellent à ne pas « se laisser enfermer dans l’amertume ou le découragement ». « Nous traversons des temps rudes et périlleux. Les échéances qui approchent seront cruciales », concluent-ils. « Mais la peur est toujours mauvaise conseillère. C’est l’espérance qui ouvre le chemin des choix courageux et salutaires. »

Des points d’attention éthiques

Dans les choix politiques, il existe un certain nombre de points d’attention éthiques moralement lourds et qui, en principe, sont l’objet d’un consensus chez tous les chrétiens. « Globalement ces critères sont le meilleur respect possible de la personne humaine, la recherche de la paix et tout ce qui la favorise, le respect de la liberté religieuse », détaillait encore Mgr Matthieu Rougé. « Viennent ensuite les points plus techniques comme l’économie, sur lesquelles il est très légitime qu’il existe une diversité d’approches. Certains peuvent légitimement être plus convaincus par le progrès économique et social dans une approche libérale ou d’autres une approche « redistributiviste ». Mais dans un cas comme dans l’autre, l’Église ne tranche pas entre les options économiques et n’a pas à le faire. »

« Les élections, avec leurs jeux, leurs grimaces, la distance qu’elles créent entre élus et peuple et toutes leurs imperfections peuvent être décriées, c’est certain. Mais elles sont le lieu où nous pouvons dire, quand bien même notre vote est blanc ou nul, que nous nous sentons concernés par le bien commun, par la vie de la nation, par les décisions prises pour tous », déclarait déjà dans nos colonnes en juin 2021, peu avant les élections régionales et départementales, le père Pierre Vivarès. Curé de la paroisse Saint-Paul, à Paris. « Un chrétien ne peut se dispenser de ses devoirs nationaux comme il ne peut se dispenser de ses devoirs domestiques. C’est une question de cohérence et de vocation car le lieu et les temps dans lesquels nous sommes nés et vivons sont aussi une vocation reçue de Dieu. »

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ÉlectionsPolitiquePrésidentiellevote
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