La question clé de l’Éducation nationale qui se posera au prochain président de la République est celle de l’autonomie des écoles et des enseignants. Pour Marc Bouchacourt, chef d’établissement à Lyon, l’invasion du numérique et des sciences de l’éducation a dépersonnalisé le système scolaire.
La question scolaire, entrefilet quinquennal des professions de foi des candidats à l’élection présidentielle, se limite souvent à la traditionnelle opposition idéologique entre les tenants de l’autorité à restaurer, des savoirs fondamentaux contre ceux de l’innovation pédagogique et de la hausse des salaires. Or l’accord est général sur ces points entre les Français et les partis politiques. D’autres problématiques sont apparues en deux années de crise sanitaire.
Premièrement les décisions centralisées, au gré des réponses à la pandémie, n’ont pas permis de reconnaître la réactivité de ses personnels, d’anticiper l’organisation, de protéger les enfants contre les effets de l’isolement, de la suppression des activités… Car l’établissement scolaire est la base. L’Éducation nationale pourrait voir dans le professeur un acteur plus qu’un agent, dans le chef d’établissement un chef d’orchestre et non un régisseur, dans l’élève une liberté capable d’entendre un discours de recherche de la vérité plutôt qu’un langage neutre.












