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« En corps », du Klapisch tout en mouvement

EN-CORPS-KLAPISCH

Emmanuelle Jacobson-Roques

Marion Barbeau, actrice et danseuse, dans « En corps ».

Louise Alméras - publié le 29/03/22

Avec son nouveau film “En corps”, Cédric Klapisch plonge dans le milieu de la danse avec brio. Entre Paris et la Bretagne, cet univers vu par sa caméra nous en met plein les yeux.

Avec L’Auberge espagnole (2002) et Les Poupées russes (2005),Cédric Klapisch s’est fait le chantre de la jeunesse. À tel point que ses deux films sont devenus les symboles d’une génération. Les deux derniers films, Ce qui nous lie (2017) et Deux moi (2019), avaient perdu en éclat. Mais avec En corps, non seulement Cédric Klapisch reprend de sa superbe, mais il parvient aussi à se réinventer pour un résultat très plaisant. Il a donc fait du grand Klapisch, tout en restant fidèle à ce qui a permis, en partie, son succès. Visuellement magnifique, l’humour revenu au galop et le choix du sujet ambitieux en font un excellent film sur le changement de vie d’une danseuse classique.

La leçon d’un accident de vie

Le début du film, avant le générique, est un vrai régal. Pour cette première séquence, Klapisch semble renouer visuellement avec son premier amour pour le cinéma américain, tout en restant très français dans la dramaturgie. À noter l’usage très à propos de la musique. Les prises de vue des danseuses étoiles, dans une lumière bleutée, projettent les corps dans un espace presque irréel, hors du monde, jusqu’au commencement d’un ballet. Le visage de Marion Barbeau — première danseuse au concours de l’Opéra en 2018 — nous apparaît, mystérieux et subtil, pour nous tenir pendant tout le film. 

Marion Barbeau joue Élise Gautier, talentueuse danseuse étoile. Une histoire de tromperie fait basculer la perfection de sa vie, provoquant une blessure lors d’une représentation. Son entorse assez grave et sa rupture récente l’obligent à changer de cap, à 26 ans, après avoir consacré sa vie à la danse. Accompagnée par son kiné Yann (François Civil) et l’impétueuse Sabrina, elle-même ancienne danseuse, elle s’ouvre à ce nouveau destin. Face à une famille peu compréhensive, c’est avec eux qu’elle choisit d’avancer. Elle se retrouve dans une résidence artistique en Bretagne, tenue par Josiane (Muriel Robin), où elle aide Sabrina et son compagnon Loïc à faire la cuisine pour les artistes en visite. Élise y retrouve une compagnie de danse contemporaine. On retrouve là une galerie de personnages attachants très klapischiens.

L’amour et le mouvement

Le réalisateur n’est ni porté sur les tragédies ni sur les comédies à grosses ficelles, où tout se résout par enchantement. Préférant les fins heureuses aux drames, il parvient toutefois à trouver l’équilibre pour apporter toute la vraisemblance au cheminement de ses personnages. Tout en finesse, le cheminement d’Élise ressemble enfin à celui de beaucoup d’autres, — à ceci près que ses problèmes ne sont pas si graves. L’enjeu est de retrouver son équilibre au cœur de la vulnérabilité, conseil donné par son kiné. Josiane ne manque pas non plus de la bousculer dans sa mélancolie de devoir renoncer à la danse, à coups de recommandations lapidaires. Citant la première femme à avoir gravi le mont Everest : “C’est parce que j’étais au plus mal que j’ai pu le faire”, mais aussi en lui faisant prendre conscience que son épreuve est une bonne chose, car elle n’a jamais eu de problèmes dans sa vie. 

Des scènes auxquelles ont ri franchement succèdent d’autres plus lourdes, heureusement anecdotiques. Cédric Klapisch émerveille par sa capacité à saisir le cœur de l’univers des danseurs, et la beauté de l’utilisation des corps pour se mouvoir, autant que par sa capacité à faire rire. L’univers de la gastronomie de Loïc — dont le food truck s’appelle “In the food for love” — s’associe à celle de la danse, dans un plaisir partagé au sein de la résidence. Élise, finalement assez solide malgré sa blessure, poursuit sa rémission grâce à l’amour retrouvé et le mouvement, qu’elle s’autorise en participant aux répétitions de la compagnie de danse contemporaine. À l’image des corps des danseurs jamais figés, c’est en ne cessant jamais de suivre le mouvement de la vie qu’elle retombe sur ses pieds. 

Pratique

En corps, de Cédric Klapisch, avec Marion Barbeau, Pio Marmaï, Denis Podalydès, François Civil et Muriel Robin, 120 minutes, en salle le 30 mars.
Tags:
bretagneCinémajeunesse
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