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L’art de transformer ses échecs en victoires

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Jean-Michel Castaing - publié le 27/03/22 - mis à jour le 05/08/22

Fort de l’Esprit de Jésus, le chrétien devient capable de faire de ses échecs des occasions d’aimer davantage et de réaliser de grandes choses. Son secret ? Redoubler de confiance en la paternité de Dieu plutôt qu’en ses propres forces.

Rares sont les personnes qui n’ont jamais fait l’expérience de l’échec dans un domaine qui leur tient à cœur : sentimental, professionnel, artistique, religieux, choix de vie, reconversion, mariage. La foi chrétienne a-t-elle une leçon à nous délivrer dans ces moments critiques ? Oui : deux mille ans de christianisme nous ont acquis une grande expérience de l’homme. Surtout, en s’incarnant, Dieu nous a délivré le plus formidable enseignement sur la nature humaine. Quels sont les principaux points à retenir de l’humanisme chrétien au sujet de nos échecs que nous rencontrons dans nos vies ?

L’échec, un révélateur de nos ressources cachées

D’abord, si le Verbe s’est fait chair pour de bon, avec une âme, une volonté et un corps humains, cela implique que toute existence est une affaire sérieuse et non une apparence, une illusion, un reflet trompeur produit par le Maya de l’hindouisme. À l’opposé de telles conceptions, dans le christianisme, tout échec est à prendre avec gravité. Aussi ne s’agit-il pas de minorer la souffrance qui en découle. Rien n’est plus contreproductif qu’un chrétien qui ose dire, du haut de la sagesse de sa foi, à une personne qui se désole de ses échecs répétés : « Mais ce n’est rien, voyons ! » Dans la parabole de la drachme perdue, Jésus comprend parfaitement la joie de la femme qui a retrouvé sa monnaie (Lc 15, 8-10). 

Ensuite, les insuccès, ou les coups durs, en nous forçant à chercher de nouvelles voies pour continuer d’avancer, peuvent devenir un moyen de nous dépasser. « Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort » disait Nietzsche. L’échec est une formidable école de connaissance de soi. Souvent, il révèle des ressources insoupçonnées qui sommeillaient en nous et que nous n’aurions jamais activées si tout avait roulé comme nous l’avions planifié de prime abord. Mais l’échec peut aussi nous faire prendre conscience, par la réaction négative qu’il suscite en notre esprit, des velléités de révolte contre Dieu que nous hébergeons inconsciemment, tout chrétien que nous prétendons être. Le péché originel, ce n’est pas uniquement pour les autres ! Nos colères froides, éprouvées devant nos déconvenues, nous rendront plus compréhensifs envers les révoltes plus directes de nos semblables.

L’échec, une mise à l’épreuve de notre foi

Plus fondamentalement, l’échec, pour un homme convaincu que sa vie se déroule sous le regard de Dieu, représente l’occasion de Le prier avec plus de force encore : soit pour Lui demander des explications au sujet des raisons de son insuccès, soit pour qu’Il l’aide à rebondir, à dépasser la douleur que l’échec a suscitée en lui, soit encore pour Le supplier de l’aider à appréhender son parcours existentiel avec Ses yeux divins. En effet, Dieu voit plus grand que nous. Une faillite est souvent le moment d’une remise en question et à cet instant, le plus sûr est d’en appeler à Celui qui conduit avec sagesse et amour le cours de notre destinée.

Si notre Père céleste a permis que nous échouions, c’est certainement afin de nous octroyer un bien supérieur à celui que nous escomptions initialement.

Car l’échec constitue pour le chrétien une mise à l’épreuve de la solidité de sa foi. Est-il vraiment sûr, au fond de lui-même, que son Dieu est son Père ? Or jamais un père ne se réjouit des malheurs de son fils ou de sa fille. Aussi, si notre Père céleste a permis que nous échouions, c’est certainement afin de nous octroyer un bien supérieur à celui que nous escomptions initialement. Nos insuccès deviennent de la sorte des occasions de demander à Dieu qu’Il nous octroie la grâce de regarder notre vie avec la largesse de l’entendement et de la sagesse qui sont les siens.

Nos échecs font plus que nous transformer : à condition de les assumer avec le Seigneur, ils dilatent nos esprits en nous permettant de voir plus grand. Nous n’appréhendons plus les réalités extérieures seulement à travers le prisme de considérations humaines mais avec les lumières de l’Esprit saint. Là où nous avions vu initialement une perte, nous discernons à présent un gain considérable dont Dieu nous gratifie.

Co-rédempteurs avec nos croix

Enfin, n’oublions pas que Jésus a fini sa vie terrestre sur une croix. Et pourtant, nulle existence ne fut plus fructueuse que la sienne ! Or il est notre modèle en tout. Il a voulu nous associer à l’œuvre du salut. Dans ce projet grandiose, nos croix occupent la place d’honneur. Aussi, est-ce en greffant nos échecs à sa Croix que nous les rendrons fructueux. 

Sous le soleil, la majorité des hommes vivent des existences obscures, marquées par les soucis du quotidien, les humiliations, les refus. Les feux trompeurs de l’actualité nous font croire que ce sont les puissants qui décident de l’avenir de l’humanité. C’est là un point de vue trompeur. Notre Dieu est celui des pauvres, des éprouvés, des déconsidérés. Ce sont eux qui décident, plus que tous les autres, de la venue du salut, acquis par le Christ, sur l’humanité. La Rédemption passe par le Calvaire. Ce chemin, tous les hommes sont appelés à l’emprunter en faisant de leurs échecs des tremplins pour faire grandir le Royaume au bénéfice de tous.  

De surcroît, les insuccès sont la voie royale pour conforter notre confiance filiale en la paternité de Dieu. Muni du trésor de cette foi, le chrétien devient capable de soulever le monde parce qu’il a pris conscience qu’il a un associé de poids pour transmuer ses échecs en réussite : Dieu Lui-même ! Alors, avec le secours de l’Esprit, il aura vaincu la tentation de la révolte — qui ne pourrait que le détruire — pour rendre le monde plus filial, plus christique et plus enclin à la louange.

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