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Le bon plan des « Bambous »

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Enfants du Mekong

Sylvain Dorient - publié le 19/03/22

L’association « Enfants du Mékong » envoie chaque année de jeunes volontaires pour épauler ses responsables dans les pays d’Asie du Sud-Est où elle agit. Cette année, ils sont 35 à exercer cette mission.

« Les jeunes volontaires qui partent en mission représentent le soutien idéal pour Enfants du Mékong », assure Véronique Taÿ, chargée de recrutement et du suivi des volontaires. L’association permet à des écoliers et à des étudiants d’accéder à l’enseignement grâce aux dons de « parrains ». Pour mesurer les besoins sur place et s’assurer du bon acheminement des dons, elle dispose de correspondants qui assurent une présence dans les pays qu’elle couvre, en Asie du Sud-Est. Mais ils sont parfois trop sollicités pour assurer le suivi de tous les territoires concernés, et c’est là que les « Bambous » interviennent.

Ils ont la vingtaine, le plus souvent un diplôme en poche, et réalisent une année de césure au service des autres. « Ils sont compétents, supérieurement motivés… » continue Véronique Taÿ. L’association n’hésite donc pas à leur confier de grandes responsabilités. Les « Bambous » qui débarquent, frais émoulus de leurs études en France, reçoivent une formation consacrée au pays qu’ils vont habiter pendant leur service. Ils reçoivent aussi sur place le soutien d’un permanent, un référent qui les guide dans leur tâche. Partis pour des missions d’un an, ils peuvent occasionnellement prolonger l’expérience, mais l’idée n’est pas qu’ils abandonnent leurs plans de carrières. Il leur faudra revenir à leurs vies d’étudiants ou de jeunes travailleurs. « Ceux qui cherchent à accéder au marché du travail après leur expérience chez nous sont le plus souvent très bien perçus par les employeurs », constate Véronique Taÿ. Et ils ont gagné une expérience peu commune… Ils ont en particulier endossé des responsabilités que l’on confie rarement à des travailleurs pour leur premier emploi. 

Mission de confiance

Car le travail du « Bambou » l’amène à prendre des décisions qui peuvent changer le cours de la vie des jeunes gens qu’il côtoie. En s’assurant que tel écolier reçoive bien l’aide dont il a besoin pour payer ses fournitures scolaires, en organisant des forums d’orientations, le volontaire a un rôle déterminant pour ceux qu’il va rencontrer pendant sa mission.

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Les Bambous eux-mêmes apprécient la confiance que l’on place en eux, et entrent vite « dans le bain ». Ainsi, Gonzague, après avoir atterri au Cambodge, a été confronté à la réalité crue de la misère. Invité dans une famille, il constate que les parents survivent en vendant des bambous qu’ils ramassent dans une forêt voisine. Ils disposent d’une cabane si petite qu’ils doivent la laisser à leurs six enfants, tandis qu’eux dorment dehors. L’un des enfants est parrainé par EDM, mais il est fatigué car son école se trouve à une heure de marche. Gonzague a fait une demande pour qu’il obtienne un vélo. 

La ville du feu

Dans son foyer de Tuguegarao, au nord des Philippines, Valentine attend avec une certaine appréhension l’été qui arrive dans un mois. Tuguegarao signifie « ville du feu », car elle est réputée être la plus chaude de l’archipel ! 

Parmi les personnes aidées par l’association, Valentine suit le cas de deux sœurs de l’ethnie Aeta, des aborigènes très mal intégrés à la société philippine. « Leurs parents ne savent pas correctement lire ou compter, alors elles se soutiennent mutuellement pour apprendre. On ne les voit jamais l’une sans l’autre » constate-t-elle. Les deux jeunes filles, qui sont dans l’équivalent de la classe de seconde et de sixième, vivent au milieu de rizières écartées des grands axes. À l’entrée de la maison familiale traditionnelle, très basse, sous un auvent fait d’une tôle ondulée, elles repassaient leurs leçons quand la bambou les a rencontrées. « Elles étaient très fières de me montrer leurs cours, leurs notes. Malgré leurs difficultés d’intégrations, on voit qu’elles font de leur mieux », constate Valentine. Elles vont bientôt se rendre à un week-end d’orientation, ce sera pour elle la première fois qu’elles quitteront leur famille. 

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Quant à Simon, dans les montagnes de Thaïlande, il anime un centre où se trouvent 35 collégiens et étudiants. Il s’amuse de constater qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre un ado français et un karen. Ils ont tous des difficultés à ranger leurs dortoirs et une passion pour les plaisanteries stupides. Toutefois, parmi les personnalités qu’il a croisées en huit mois de mission, l’une nommée Si Pril l’a impressionné. Cette jeune fille de 15 ans, parrainée par l’association, a connu une interruption de cours de 6 mois en raison du Covid. « Elle faisait ses cours à distance, assise par terre, à l’aide du téléphone de sa maman. Une fois ses devoirs achevés, elle a improvisé une classe pour les petits… Ils étaient 18 ! Personne ne lui avait demandé, c’était sa propre initiative ». 

Enrichis par tant d’expériences et de rencontres, fortifiés par les responsabilités qui leur ont été confiées, la plupart des « Bambous », souvent d’anciens scouts, ont envie de continuer à s’engager. Rien d’étonnant. Après leur contrat avec Enfants du Mékong, beaucoup visent un travail qui leur permette de s’épanouir dans une activité utile au Bien Commun.

Pratique

Les Bambous Enfants du Mékong sont des jeunes célibataires ou mariés (avec ou sans enfants). Les missions confiées aux familles avec enfants restent néanmoins assez limitées. Agés de 20 à 35 ans, les Bambous donnent au moins un an de leur vie dans le cadre d’une césure étudiante ou professionnelle. Les bambous partent dans le cadre du Volontariat de Solidarité Internationale. Pour en savoir plus.

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