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Le grand défi de la lutte contre l’infertilité

Test de grossesse

© fizkes - Shutterstock

Blanche Streb - publié le 14/03/22

Parmi les enjeux bioéthiques du prochain quinquennat, figure le grand chantier de l’infertilité. Pour Blanche Streb, docteur en pharmacie, auteur de "Bébés sur mesure" (Artège), le véritable défi est de sortir de la fausse solution de la PMA.

Les enjeux bioéthiques du prochain quinquennat seront majeurs, celui qui s’achève laissant derrière lui un véritable champ de ruine… Parmi eux, il en est un de santé publique : l’infertilité. Une question à la fois intime et sociétale qui devrait être placée au cœur des grands défis politiques contemporains. Nous avons tous autour de nous des personnes touchées par la douloureuse question de l’infertilité. En France, ce sont 3,3 millions de personnes qui sont directement concernées. Plus de 15% des couples en âge de procréer consultent pour une difficulté à concevoir. Les chiffres sont inquiétants et n’ont de cesse de s’aggraver. Selon les études menées sur 195 pays, la fréquence de l’infertilité a augmenté de 0,29% par an pour les hommes et de 0,37% parents pour les femmes sur les 20 dernières années. Il s’agit donc d’un défi majeur, tant au niveau individuel pour ceux qui la subissent qu’au niveau collectif. 

Sortir de la PMA

Première cause de cette hausse : le recul de l’âge à la maternité. 29 ans en moyenne en 2019 pour la première grossesse, une augmentation de cinq ans en seulement quatre décennies. Or, la fertilité déclinant progressivement à partir de 30 ans, les maternités plus « tardives » augmentent mécaniquement ce risque d’infertilité. Du côté des hommes, c’est la concentration spermatique qui s’effondre, un déclin de 50% entre 1973 et 2011 est à déplorer dans les pays industrialisés. Raisons médicales, perturbateurs endocriniens, mode de vie et d’alimentation, sédentarité, alcool, tabac, cannabis sont largement pointés du doigt. Mêmes causes pour les femmes, auxquelles s’ajoutent malheureusement : endométriose, syndrome d’ovaires polykistiques…

Il serait temps que les pouvoir publics s’en préoccupent sérieusement, en sortant du seul horizon palliatif que constitue le recours à la procréation artificielle, que le dernier quinquennat s’est attelé à renforcer et à encourager, allant jusqu’à voter dans la loi bioéthique du 2 août 2021 l’accès à la PMA — avec tiers-donneurs — à des femmes ne souffrant aucunement d’infertilité. 

Un filon lucratif mais trompeur

Trois journalistes, concernés eux-mêmes par ces difficultés, ont enquêté sur le vécu de l’infertilité en recueillant de nombreux témoignages. Ils publient cette semaine : Génération infertile ? De la détresse au business, enquête sur un tabou (Éd. Autrement). Au cours de leurs recherches, ils confient avoir été surpris par deux constats. D’abord, celui du fort taux d’échec des PMA : « Plus de la moitié des couples qui y entrent n’auront pas d’enfant huit ans plus tard. On n’est pas du tout sur une solution miracle ! Or, le grand public n’en a pas conscience ». Ensuite, « par le côté business de la PMA. […] La PMA est un filon exploité par des gens qui ont conscience qu’il y a de plus en plus de gens infertiles ». Il s’agit en effet d’un commerce très lucratif. Une société d’évaluation de marchés a estimé que les sociétés spécialisées dans les procréations assistées avaient généré 2,3 milliards de dollars en 2020 et devraient engendrer 12,2 milliards de dollars d’ici 2030, avec un taux de croissance annuelle composé de 19,3%.

Le défi est de taille. Le révéler, c’est bien. Tout faire pour le relever, ce serait encore mieux.

En France, un rapport évoquant les causes et une stratégie nationale de lutte contre l’infertilité vient d’être publié par le ministère de la Santé. Ses recommandations sont nombreuses : éducation et information collective et individuelle, formation des professionnels de santé à la prévention de l’infertilité, mise en place d’une stratégie nationale de recherche sur la reproduction humaine et l’infertilité, création d’un institut national de la fertilité…

Faciliter la vie des parents

Le défi est de taille. Le révéler, c’est bien. Tout faire pour le relever, ce serait encore mieux. Les volets prévention et environnement s’avéreront cruciaux, mais cela ne se fera pas en occultant l’enjeu sociétal et politique. « Pour tenir compte des évolutions du monde moderne, la société doit désormais faciliter la vie des parents et futurs parents, en développant des politiques publiques garantes d’un nouvel équilibre familial et professionnel. Elle doit notamment permettre aux femmes qui souhaitent avoir des enfants de mener à bien ce projet lorsque leur fécondité est optimale, sans que ce choix porte atteinte à leur carrière », précise les auteurs du rapport. 

Une nouvelle politique est à promouvoir, une politique ambitieuse, fondée sur la nature humaine, et non la contraignant, pour offrir aux femmes la liberté d’avoir leurs bébés dans le meilleur temps de leur fécondité, en créant des conditions socio-professionnelles plus favorables, et en proposant un regard renouvelé sur la maternité.

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Bioéthiquefertilitenaissancestérilité
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