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Songer à son salut, quel que soit son âge… Sept conseils pratiques et spirituels

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Marzena Devoud - publié le 06/03/22

Comment se préparer à sa propre mort ? Ou plutôt comment songer à son salut ? Sept conseils pratiques et spirituels pour vivre le passage vers l’au-delà avec confiance.

Il s’y prépare depuis le début de sa maladie. Il y a quelques années le diagnostic est tombé. En un instant, le monde d’Etienne, 60 ans, consultant en stratégie à Paris, s’est écroulé avec toutes les certitudes d’une vie bien réussie : bon job, famille plutôt épanouie, projets de voyage avec ses amis… Si Etienne, après la consternation, s’est mis en mode de combat contre son cancer, il sait qu’il ne lui reste pas beaucoup de temps à vivre. « Au début, j’étais très révolté contre tous et contre Dieu. Pourquoi moi, alors que je menais une vie sans aucun excès ? », confie-t-il à Aleteia. 

Grâce à des rencontres de la part des personnes qu’il n’aurait jamais croisées avant, Etienne a petit à petit accepté la nouvelle réalité : « Il était temps que j’accepte ma maladie et que je me prépare au passage probablement assez proche vers l’au-delà. C’est devenu quelque chose d’essentiel. J’ai commencé à faire de l’ordre dans mes papiers, à réfléchir à ce que je souhaitais transmettre à mes enfants, sur le plan matériel bien sûr, mais surtout sur le plan personnel. Et plus j’y réfléchissais, plus je me disais qu’il fallait penser d’abord à faire de l’ordre dans ma vie spirituelle, jusqu’à présent assez chaotique. Il m’a paru alors clair, explique Etienne, que c’est avec la préparation spirituelle que les autres choses se mettront en place : le testament, les lettres que je suis en train d’écrire à chacun de mes enfants, la messe d’enterrement… »

Un ami prêtre qui l’accompagne dans cette dernière étape, lui a dit un jour qu’il était maintenant essentiel de mettre le pardon au centre de sa vie : pardonner et demander pardon. « Pas facile avec certains de mes proches, mais j’essaye de le faire par différents moyens, parfois seulement par des petits gestes. Bien sûr, je mentirai en disant que je n’ai pas peur de souffrir ni de mourir. J’espère au fond de moi-même un miracle. Mais en même temps, je me sens beaucoup plus en paix aujourd’hui qu’avant ma maladie, beaucoup plus centré sur mon amitié avec le Christ. Il m’a fallu finalement être désaxé de ma routine de vie pour Le rencontrer. J’ai souvent le sentiment qu’Il me tape sur l’épaule et me dit de ne pas avoir peur car il sera toujours avec moi », conclut-il.

Qu’est-ce qui reste encore à faire ?

Comme le remarque la psychologue et psychothérapeute Marie de Hennezel dans un entretien publié dans Conversations sur la mortet donc sur la vie (Service catholique des Funérailles) « notre vie est limitée et c’est cette limite qui nous oblige à prendre conscience de l’importance de la vie, de son caractère précieux, et à nous poser les bonnes questions : qu’est-ce qui est essentiel pour moi ? Qu’est-ce qui me reste encore à faire si je suis âgée et que je sens que j’approche du terme ? Toutes ces questions aident à vivre et donnent le goût de vivre ».

J’ai envie de laisser à nos enfants et petits-enfants un livre sur toutes les traditions de Noël cultivées par notre famille. Et c’est entre les lignes que je glisse quelques pensées sur les ingrédients d’une vie vraiment réussie… »

C’est ce que confirment Anne, 79 ans et Fabrice, 80 ans, mariés depuis 36 ans. L’idée du passage vers l’au-delà ne les effraie pas. Leur approche est sereine, peut-être parce qu’ils savent intérieurement ce qui est essentiel pour eux. Plutôt sportif, ce couple rennais en pleine forme ne fait pas tellement son âge. Heureux parents de trois enfants et grands-parents de douze petits-enfants, ils réfléchissent beaucoup ensemble comment transmettre aux jeunes générations leur petit bagage d’expériences et de choses à cultiver au quotidien. Si la foi est centrale pour Fabrice comme pour Anne, ils n’ont pas envie d’ennuyer les plus jeunes avec un « recueil d’homélies plus ou moins bien dites ou écrites » : « Nous aimons la bonne humeur, la fête, les sports nautiques pratiqués ensemble peu importe l’âge, nous aimons aussi les grandes tablées familiales qui ne se terminent jamais… C’est notre art de vivre à travers lequel il est possible de transmettre aussi les choses essentielles. Rien de mieux qu’une conversation en mettant avec ma petite-fille le couvert ou en préparant avec mon fils dans la cuisine le café pour tout le monde », explique Anne.

Elle est d’ailleurs en train d’écrire un livre spécial : « L’idée me trottait depuis un certain temps et enfin j’ai réussi à me lancer. C’est un livre sur toutes les traditions de Noël cultivées par ma famille. J’ai envie de laisser à nos enfants et petits-enfants un ensemble d’anecdotes, de recettes, de prières, de chants de Noël, comme d’autres rituels amusants typiques pour notre famille. Et c’est entre les lignes que je glisse quelques pensées sur les ingrédients d’une vie vraiment réussie… », poursuit-elle.

De son côté, Fabrice a également une plume facile puisqu’il a décidé de s’attaquer à son deuxième livre. Après son Guide pour les grands-parents, il termine le Guide pour les amoureux après avoir longtemps observé les premiers émois de ses petits-enfants. « C’est une manière pour moi de raconter aux jeunes générations mon amour pour leur mère et grand-mère et, à travers ce récit très personnel, donner quelques recettes pour que le mariage fonctionne », confie-t-il à Aleteia.

Un pied dans l’éternité

Préparer le testament, écrire des lettres ou des guides personnels adressés à ses proches, mettre ses papiers en ordre, se concentrer sur sa vie intérieure… Comment préparer sa mort ? Ou plutôt comment préparer son salut ? Le conseil du père Paul Habsburg de la paroisse Notre-Dame d’Auteuil à Paris, est de visualiser son dernier jour « avec un pied dans l’éternité ». Cette perspective aide à s’y préparer et à voir ce qui est réellement important. C’est, comme l’explique très bien le pape François : « Vivre le passé avec reconnaissance, le présent avec passion et le futur avec confiance ». Voici quelques pistes : 

1Mettre ses papiers en ordre

Au moment de sa mort, on peut laisser ses proches dans un désarroi à cause de paroles non dites, de secrets non dévoilés, de maux non exprimés et bien sûr de questions matérielles non résolues. Mettre tous ses papiers en ordre, c’est penser non seulement aux choses formelles comme le testament, mais aussi aux lettres et aux récits de famille, aux photos qui peuvent surprendre… Le testament, il est mieux d’en parler avec ses enfants en toute transparence en demandant ce qu’ils en pensent. Mais l’ordre, il est également à mettre dans les histoires familiales. Pouvoir expliquer, éclairer, dévoiler à temps aux générations qui suivent ce qui est important, complexe ou délicat, leur facilitera la vie. C’est une manière de leur exprimer très concrètement son amour.

2Choisir le lieu d’enterrement

Choisir son lieu d’enterrement, ce n’est pas seulement la question de ne pas créer un poids pour les enfants à gérer dans la précipitation la place au cimetière, mais c’est un bon moyen de réfléchir au lieu, et pouvoir leur expliquer pourquoi ce cimetière et pas un autre. Pourquoi le caveau familial, même s’il est loin, ou pourquoi un cimetière méconnu près d’une abbaye qui a pourtant une signification particulière ? Il est important de laisser le temps aux proches de comprendre le sens du choix en question et de l’intégrer dans l’histoire familiale.

3Ecrire un « testament spirituel »

Pourquoi écrire un testament spirituel alors qu’on ne se sent vraiment pas à la hauteur ? Quand on lit le testament de deux pages du pape Paul VI, pourtant une grande figure spirituelle et intellectuelle du XXe siècle, on se rend compte que la clé se trouve peut-être dans cette simple prière de gratitude :

« En face de la mort, j’éprouve le devoir de célébrer le don, le bonheur, la beauté, la destinée de cette fugace existence elle-même : Seigneur, je Te remercie de m’avoir appelé à la vie, et encore plus de ce que, en me faisant chrétien, Tu m’as régénéré et destiné à la plénitude de la vie. Je ressens également le devoir de remercier et de bénir ceux qui de Toi ô Seigneur m’ont transmis les dons de la vie : qui m’ont introduit dans la vie, ceux qui m’ont donné l’éducation, qui m’ont aimé, aidé, obligé, entouré de bons exemples, de soins, d’affection, de confiance, de bonté, de courtoisie, d’amitié, de fidélité, de respect. »

N’est-ce pas un beau cadeau que de laisser en héritage une prière de gratitude qui ressemble à une lettre d’amour, dictée par son cœur ?

4Préparer sa messe de funérailles

Chants, lectures, prière commune…  Préparer sa messe d’enterrement est une manière de témoigner de sa foi et la façon de voir l’attente du Ciel. Pourquoi ne pas poser un acte d’espérance en choisissant des chants qui expriment la joie d’être en union avec le Christ, ou des lectures qui parlent de la Résurrection ? Sans évoquer la musique qui peut être une invitation à la quête de Dieu auprès de ceux qui ne viennent jamais à l’église sauf pour les mariages et les enterrements…

5Parler de sa peur de la mort

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Malgré le tabou autour de la mort, il est essentiel d’exprimer ses angoisses et sa peur de la mort. Pourquoi ? « Parce qu’en parlant de la mort, la peur perd sa puissance. Elle traverse l’esprit sans l’atteindre », explique le père Paul. « La mort fait partie de la vie. Elle n’est pas mauvaise en soi. Elle ne peut pas nous surprendre non plus. Car il ne s’agit pas en réalité de la mort, mais de la résurrection », précise-il. Mais comment faire pour changer le regard sur la mort ? « En premier lieu, prier pour avancer sur le chemin vers le Ciel en croyant à la miséricorde de Dieu », ajoute t-il.

6Entrer dans la logique de la réconciliation

Entrer dans la logique du don, du pardon, de la miséricorde : Il n’y a rien de plus important pour préparer son salut. « Faire la démarche de pardonner, de demander pardon, de se réconcilier ouvre la voie vers la vie éternelle », explique le père Paul. Au moment de la mort, il y a parfois des non-dits et des pardons non-dits qui sont là. Se mettre dans la logique de la réconciliation, du don et du pardon c’est pouvoir être déjà un pied dans l’éternité où il n’y a plus de jalousies, de rivalités, d’injustices. Alors s’il y a un pardon à demander à quelqu’un, ou un pardon à donner à quelqu’un, c’est le moment de le faire, pour être en paix, prêt pour partir », précise-t-il.

7Devenir l’ami du Christ

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La vie ne permet pas toujours de se poser et de se rendre disponible aux invitations adressées par le Christ. « Se préparer à son salut, c’est devenir son ami. Mais pour cela, il faut se désaxer de sa vie habituelle pour se recentrer sur le Christ et lui dire « oui ». Son unique but est de permettre à chacun d’être rempli entièrement d’amour de Dieu, une fois dans l’éternité. La seule vocation de l’homme sur terre, c’est en devenant ami du Christ, rendre l’amour de Dieu visible sur terre », conclut le père Paul.

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