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Guerre en Ukraine : ils ont trouvé les mots pour apaiser leurs enfants

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BetterPhoto I Shutterstock

Mathilde de Robien - publié le 04/03/22

Parler de l’offensive russe en Ukraine avec ses enfants, oui, mais comment ? Aleteia a interrogé de nombreux parents qui ont partagé leur manière de faire. Florilège de bonnes idées.

« Est-ce que la guerre va venir jusqu’en France ? », « Est-ce que papa doit aller se battre en Ukraine ? », « Est-ce qu’il peut y avoir des bombes chez nous ? » ou plus spirituel : « Comment faire le Carême et la guerre en même temps ? »… Autant de questions qui arrivent dans la bouche de nos enfants et pour lesquelles nous n’avons guère de réponses totalement rassurantes. Cependant, entre nier le conflit et le dramatiser, il reste un large champ pour évoquer le conflit avec ses enfants.

Certains parents prennent le parti de protéger l’insouciance de leurs enfants, de les laisser à leurs préoccupations d’enfant sans leur infliger une source d’angoisse supplémentaire après deux ans de crise sanitaire. C’est le cas de Mathilde, dont le fils aîné a 8 ans : « Ils viennent de traverser deux ans de Covid, je ne vais pas me lancer dans l’explication d’une guerre en Ukraine. Je les laisse vivre et si un jour ils m’en parlent, je leur en parlerai, mais là ils font une pause ! »

D’autres souhaitent prendre les devants, préférant expliquer le conflit et rassurer leurs enfants avec leurs propres mots, plutôt qu’ils ne le découvrent à l’école ou à travers les écrans. En effet, les images à la télévision, les nouvelles en boucle sur les réseaux sociaux, les discussions du groupe « classe » sur WhatsApp peuvent être vecteurs d’angoisse et véhiculer des informations erronées ou tendancieuses. En outre, en parler, donner quelques éléments factuels et précis de manière posée, met un frein à leur imagination galopante et parfois terrifiante.

1Montrer où se situe l’Ukraine sur une carte

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Un des premiers réflexes des parents est de montrer sur une carte ou un globe où se situent exactement l’Ukraine et la Russie. Les enfants de Maguelone, âgés de 4 à 12 ans, sont très intéressés par le sujet, notamment les deux aînés : « Ils ont envie de savoir de façon très précise quelle est l’origine du conflit, qui est Poutine, qu’est-ce que l’OTAN, etc… Nous avons donc sorti une carte du monde et fait un peu, à notre mesure, de la géopolitique. Nous n’avons pas dramatisé, leurs premières inquiétudes n’ont pas duré longtemps et se sont apaisées. »

L’occasion, selon l’âge des enfants, de donner des clés de compréhension. Evoquer les causes du conflit, c’est expliquer, avec des mots simples et accessibles, pourquoi Vladimir Poutine veut avoir le contrôle de l’Ukraine : parce que l’Ukraine possède des matières premières intéressantes (du charbon, des terres agricoles, du gaz, du blé) et qu’il n’accepte pas que l’Ukraine soit devenue un pays indépendant après la chute de l’URSS en 1991.

2Différencier le peuple russe de leur président

« Le peuple russe n’a pas décidé cette guerre, il n’y est pour rien ! » s’exclame Maria, une mère d’origine russe habitant en France, évoquant des moqueries et des agressions subies par de jeunes enfants russes à l’école. Distinguer le peuple russe, dont une partie s’est d’ailleurs élevée contre la guerre, et Vladimir Poutine, est une manière de combattre l’animosité envers les russes que pourrait éveiller l’actualité. Un point sur lequel Jehanne, mère de deux garçons de 4 et 5 ans et habitant à Prague, est particulièrement attentive : « Nous leur avons expliqué que le chef des Russes voulait se disputer avec l’Ukraine et que c’était la guerre là-bas. Nous avons insisté sur le fait que ce ne sont pas les russes en général mais leur président, parce qu’il y a des enfants russes dans leur école, et que nous ne voulons pas qu’ils aient une quelconque peur ou animosité envers eux. »

3Prendre le temps d’écouter leurs angoisses

MOTHER AND DAUGHTER

« Matin et soir, nous prenons le temps d’écouter leurs inquiétudes, leurs questions, leurs pourquoi… », témoigne Armelle. Une posture d’écoute essentielle afin de ne pas projeter sur eux ses propres angoisses, mais plutôt accueillir les leurs et tenter d’y répondre. Il serait dommage de générer chez eux des peurs qu’ils n’auraient peut-être jamais imaginées. En outre, leurs angoisses ne portent pas sur les mêmes objets que celles des adultes et peuvent parfois être résolues, tout du moins en partie. Ainsi, Thibault, 6 ans, craignait que son père, pharmacien de profession, parte faire la guerre en Ukraine. Ce dernier a pu le rassurer en disant que ce n’était ni son métier, ni son pays qui était en guerre.

4Prendre conscience de la beauté de la paix

A 3.000 kilomètres de là comme à la maison, la paix est une grâce. Cette guerre qui nous est si proche, tant par la proximité géographique que par la menace qu’elle laisse planer, permet de prendre conscience de la « beauté de la paix », fait remarquer Sybille. Une paix qui « commence à la maison », abonde Hélène, mère de quatre enfants : « La plus belle leçon que nous puissions leur offrir, c’est d’expliquer que la paix commence à la maison. Se demander pardon, ne pas se battre, gérer ses frustrations, ne pas prendre ce qui ne nous appartient pas, respecter la parole donnée… », engage-t-elle. Même réaction chez Madeleine, dont les enfants sont âgés de 1 à 8 ans : « Nous insistons sur l’intérêt du pardon dans les petites bagarres du quotidien et de l’absence de rancune, nécessaire pour passer à autre chose. »

5Prier pour la paix

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Prier avec ses enfants pour la paix permet de les inclure dans une démarche d’abandon entre les mains de Dieu. C’est les inviter à s’en remettre au Seigneur et de puiser force et courage dans la certitude qu’il nous aime et que quoi qu’il arrive, il ne nous abandonnera pas. Caroline invite ses enfants à prier plus particulièrement « pour les soldats de tous bords ». Hélène et sa famille prient pour la paix entre l’Ukraine et la Russie, demandent au Seigneur que la guerre ne vienne pas jusqu’à eux et si cela arrivait, « d’être assez forts pour la vivre ». Quant à Maguelone, elle souligne l’importance de prier pour la paix entre ces deux pays mais aussi « pour toutes les personnes qui subissent la guerre dans le monde. »

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