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Le père Andrzej reste en Ukraine : « Je suis prêt à confesser et célébrer la messe »

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Polacy pomagają Ukraińcom na granicy

ANDRZEJ IWANCZUK/REPORTER

Paweł Kęska - publié le 02/03/22

Vicaire de la paroisse catholique romaine de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste à Mościska, près de Lviv (Ukraine), le père Andrzej Lalik décrit à Aleteia son quotidien depuis le début de l’offensive russe. "Je ne vais pas fuir, je ne vais pas me cacher. Je me tiens à mon poste, prêt à confesser et à célébrer la messe", assure-t-il. Entretien.

Lviv, située à l’ouest de l’Ukraine, à une centaine de kilomètres de la Pologne, accueille chaque jour un flot quasi ininterrompu de réfugiés fuyant l’offensive russe. Ils s’y arrêtent souvent quelques jours avant de poursuivre leur exode vers l’étranger. C’est ici que la France a d’ailleurs déplacée son ambassade restée le plus longtemps possible à Kiev. Sur place, la solidarité s’organise. Et l’Église prend sa part. Vicaire de la paroisse de la Nativité de Saint-Jean-Baptiste à Mościska, près de Lviv, le père Andrzej Lalik a accepté de partager avec Aleteia ce qui fait désormais partie de son quotidien.

De nombreux Ukrainiens fuyant vers la Pologne font étape à Mościska, près de Lviv…
Père Andrzej Lalik : Mościska étant la dernière grande ville ukrainienne avant la frontière oui, de nombreux Ukrainiens font étape ici avant de repartir vers la Pologne. La ville a complètement changé depuis le début de l’offensive russe le 24 février. Toutes les rues ont été bloquées par des voitures, il y a d’énormes files d’attente et des milliers de personnes et de tout jeunes enfants marchent avec des sacs vers la frontière. La Pologne a aplani les obstacles afin de faciliter le franchissement des frontières.

Dans quelle situation se trouvent-ils ?
Leur situation est dramatique. La majorité des réfugiés sont des personnes âgées et des femmes qui ont pris leurs enfants et leurs affaires avec eux et sont partis à pied. Le poste frontière se situe à 15 kilomètres de Mościska. Et ils parcourent ces kilomètres à pied, de jour comme de nuit. Bien souvent ils laissent des sacs en chemin car ils ne peuvent pas marcher. Face à cette détresse l’Église se mobilise en distribuant des sandwichs et du thé chaud. Je me souviens d’une nuit où une mère marchait avec ses jeunes enfants. L’un d’eux était malade et toussait beaucoup. Je l’ai convaincu de passer une nuit ici à la paroisse afin de reprendre des forces et se reposer. C’est ce qu’elle a fait mais elle est repartie aussitôt après pour atteindre la Pologne le plus rapidement possible. De nombreux réfugiés poursuivent leur chemin de nuit avec des températures négatives. Déjà difficile, le trajet le devient encore plus avec un environnement sombre car il n’y a pas d’éclairage, dans la forêt…

Quand il y a de la pauvreté, de la douleur, les gens s’unissent. 

Comment votre communauté paroissiale traverse-t-elle cette épreuve et se met-t-elle au service ?
Certains de mes paroissiens sont également partis en Pologne. Tout le monde y a une famille, des enfants ou des connaissances. Mais les autres, ceux qui sont pour le moment restés, aident énormément. Quand il y a de la pauvreté, de la douleur, les gens s’unissent. Même ceux qui ne s’entendaient pas particulièrement bien se retrouvent à travailler ensemble au presbytère en cuisinant pour les réfugiés, en s’occupant de collecter des biens de première nécessité etc. Par exemple nous avions au début un problème de literie pour l’accueil des réfugiés. Et bien très rapidement les fidèles ont commencé à apporter leurs propres oreillers, couettes et matelas pour afin de permettre aux réfugiés de se reposer dans de meilleures conditions. Matériel, voiture, argent, carburant, nourriture… Nous mettons ce que nous pouvons en commun pour faciliter l’accueil.

Polacy pomagają Ukraińcom na granicy

En tant que prêtre comment vivez-vous cette situation ?
Chaque parcelle de moi regrette l’offensive de la Russie en Ukraine et condamne cette guerre. Mais je ne vais pas fuir. Je ne vais pas me cacher. Je me tiens à mon poste, prêt à confesser, à célébrer la messe. Nous prions beaucoup. Dans la paroisse, nous organisons des temps d’adoration du Saint-Sacrement, des chapelets et le chemin de croix. Nous célébrons des messes comme avant le début de l’offensive russe. Aucun des prêtres du diocèse n’a arrêté son ministère. Chacun est resté, à sa place, et est prêt à accompagner les fidèles jusqu’au bout.

Mon cœur souffre pour mon pays, car je sais que la guerre ne mène à rien sinon à la destruction et à la mort.

La paroisse de Mościska est proche de la frontière polonaise. Comment percevez-vous les réactions des Polonais face à ce qui se passe en Ukraine ?
Tout ce que je peux dire, c’est merci ! Que Dieu bénisse tous les Polonais qui nous aident tant. 

Que représente l’Ukraine pour vous ?
Je suis né en Ukraine mais je viens d’une famille polonaise et j’ai la nationalité polonaise. J’aime l’Ukraine et la Pologne. Et mon cœur souffre pour mon pays, car je sais que la guerre ne mène à rien sinon à la destruction et à la mort. Pourquoi les mères et les enfants devraient-ils pleurer ? Pourquoi les hommes devraient-ils mourir à la guerre ? Je prie chaque jour pour la paix.

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