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Ukraine : “Il faut soigner le mal de l’âme russe”

13 min de lecture
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Crédit : A. Arjakowsky

Antoine Arjakovsky.

Alors que l’attaque russe contre l’Ukraine gagne en intensité, l’historien français d’origine ukrainienne et directeur de recherche au collège des Bernardins Antoine Arjakovsky analyse les causes du conflit et notamment sa dimension religieuse.

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Historien, auteur de Voyage de Saint-Pétersbourg. Anatomie de l’âme russe (Salvator, 2018), Antoine Arjakovsky a publié plusieurs essais sur les origines du conflit entre les deux pays : Russie-Ukraine : de la guerre à la paix ? (Parole et Silence, 2014) ; Occident-Russie, comment sortir du conflit ? (Balland, 2017). Il soutient que la guerre a commencé en 2014. Pour Aleteia, il analyse les causes politiques, géopolitiques et historiques du conflit russo-ukrainien, mais aussi son facteur religieux. Selon lui, il ne faut pas négliger la dimension spirituelle de la crise qui est la plus profonde : l’enjeu est de soigner le mal de l’âme russe dans toute sa profondeur. 

Aleteia : Avez-vous été surpris par l’attaque russe en Ukraine ?
Antoine Arjakovsky :
En fait, l’attaque russe de l’Ukraine dure depuis 2014. En France, on a voulu croire qu’il s’agissait d’une guerre civile ukrainienne et on a rangé tranquillement ce dossier dans les "conflits gelés". Mais pour ceux qui connaissent l’histoire des relations russo-ukrainiennes, cette annexion de 2014 et cette déstabilisation du Donbass opérée par la Russie représentaient la marque de l’idéologie du monde russe qui s’est emparée de l’élite dirigeante du Kremlin, et qui progressait et menaçait toute l’Ukraine et aussi toute l’Europe. Beaucoup de ceux qui doutaient de mes analyses exposées dans trois livres entre 2014 et 2018 ont ouvert les yeux lorsqu’en décembre dernier les Russes ont exigé des pays de l’OTAN qu’ils reviennent en arrière sur les élargissements de 1997 (Pologne, Hongrie, République Tchèque) et des années suivantes (pays Baltes, pays d’Europe du sud). Mais comme l’écrit l’universitaire Françoise Thom, il reste encore beaucoup de gens en Occident fascinés par la puissance apparente de l’État russe.