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Guerre en Ukraine : comment ne pas se laisser envahir par la peur

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Antonio Guillem I Shutterstock

Mathilde de Robien - publié le 01/03/22

S’il est légitime de ressentir de la peur en raison des affrontements qui se déroulent depuis le 24 février sur le sol ukrainien, il est possible de la maîtriser, et de se laisser réconforter, afin qu’elle ne devienne pas obsessionnelle.

Alors que les combats entre la Russie et l’Ukraine s’intensifient à moins de 3.000 kilomètres de la France, nombreux sont ceux qui expriment leur angoisse grandissante. Quant à la résolution du conflit, à la menace nucléaire, à l’avenir de l’Europe… Selon un sondage publié dimanche 27 février, 92% des Français suivent de très près l’évolution de la situation en Ukraine. « Il ne s’agit pas d’un lointain et obscur conflit mais bien d’une situation générant une attention forte. Celle-ci l’est d’autant plus qu’ils ressentent de la tristesse, de la peur face à une situation qui leur évoque l’horreur », notent les auteurs de l’étude réalisée sur plus de 1.000 personnes. Une peur exprimée notamment sur les réseaux à travers l’hashtag « World War III » (troisième guerre mondiale).

Si l’on n’y prend pas garde, la peur, émotion légitime, peut devenir de plus en plus forte et prendre toute la place. La Bible elle-même engage à ne pas avoir peur. L’expression « Ne crains pas  » y est répétée 365 fois. Voici quelques points d’attention qui peuvent s’avérer utiles pour ne pas se laisser envahir par la peur.

1Exprimer sa peur

Le premier pas pour sortir de la spirale de l’angoisse est d’en parler. À une personne de confiance et non sur les réseaux sociaux. En effet, sur internet, vous ne savez pas qui vous répondra or certains ont tendance à alimenter la peur. Selon saint Ignace, la peur se développe davantage dans le secret de son cœur. L’exprimer auprès d’une personne de confiance permet donc de l’extérioriser. Une manière de se décharger d’une partie du fardeau et de contrecarrer la logique de la peur, qui aime à s’auto-alimenter.

2Bien s’informer

De nombreuses « fake news » circulent sur internet. Notamment en temps de guerre, l’information peut être manipulée, pour servir un camp ou l’autre. Par conséquent, il est important de bien choisir ses sources d’information et de pratiquer un examen critique des faits. Lorsque la perception des faits est confuse ou incorrecte, des conclusions fausses peuvent être tirées et alimenter la peur de manière infondée.

3Diminuer le temps passé sur les réseaux

Comme le prouve l’hashtag « World War III » (troisième guerre mondiale) actuellement en tête des tendances sur Twitter, les réseaux sociaux contribuent par la force des algorithmes à créer un climat anxiogène, d’autant plus prégnant lorsqu’on y passe des heures. Si vous ne pouvez vous en passer, prenez soin de bien vérifier qui s’adresse à vous et pourquoi il le fait.

4Ne pas croire qu’il est nécessaire d’avoir peur

C’est ce que saint Ignace appelle la tromperie de la peur. « La force de la peur réside avant tout dans la conviction que la peur est justifiée. La peur sait présenter des arguments subtils et pertinents comme personne d’autre. Ils visent à renforcer la crédibilité de la peur. On pense honnêtement qu’on a raison de se sentir angoissé. Après tout, ces arguments prouvent qu’on n’a pas d’autre choix que d’avoir peur. C’est exactement là que se situe la tromperie de la peur », explique le père Nikolaas Sintobin, « Pasteur web » de la communauté jésuite d’Amsterdam. Cela ne signifie pas que la peur est infondée. Simplement qu’il n’est pas nécessaire d’avoir peur. Saint Ignace se veut rassurant. L’objet de sa peur peut se réaliser. Mais il ne faut pas en avoir peur : nous saurons faire face.

5Vivre dans le présent

Qu’en est-il de l’objet de votre peur au moment présent ? Pourquoi s’angoisser d’une guerre dont nous ne sommes pas sûrs, à l’instant t, qu’elle franchira les frontières de l’Ukraine ? Se projeter dans des scenarios apocalyptiques n’aide pas à chasser la peur. Au contraire, cela l’amplifie et nous plonge dans l’anxiété. La peur d’un futur qui n’existe pas nous empêche de vivre pleinement dans le présent qui lui existe bel et bien. 

6S’unir pour promouvoir la paix

Que ce soit par la prière, le dialogue fraternel, les initiatives solidaires, le jeûne… ce sont autant de manières de s’unir et de se mettre au service de la paix. Ainsi, nous ne laissons pas la panique se propager.

7S’en remettre à Dieu

« La prière chasse toute peur », déclarait le pape François lors de l’audience générale du 27 février 2019. « Le premier pas de la prière chrétienne est toujours de s’en remettre à Dieu, à sa providence, car il connaît notre cœur mieux que nous-mêmes. Ainsi, la confiance nous conduit à demander ce dont nous avons besoin, sans angoisse ni agitation », exhortait-il alors. Avoir confiance en la miséricorde divine, s’en remettre à Dieu est une bonne manière de se libérer de la peur : « Il me semble que vous devriez vous résoudre à faire avec calme ce que vous pouvez. Ne soyez pas inquiets de tout, mais abandonnez à la divine Providence ce que vous ne pouvez accomplir par vous-même », écrivait encore saint Ignace.

Les initiatives de prière depuis le début de l’offensive russe ne manquent pas en France. Le pape a notamment appelé à participer ce mercredi 2 mars à une « Journée de jeûne pour la paix » en Ukraine : « À l’absurdité diabolique de la violence, on répond par les armes de Dieu, par la prière et le jeûne », a déclaré le Pape ce 23 février, en demandant particulièrement aux croyants de s’y engager « intensément » ce mercredi.

8Quelques prières d’abandon

Autre façon de s’en remettre à Dieu, et d’y croire vraiment, lui lancer régulièrement de courtes prières telles que « Jésus, j’ai confiance en toi, Jésus j’ai confiance en toi » (Claude de la Colombière) ou ce verset de psaume : « Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge » (Ps 15).

Ces prières d’abandon des grands saints offrent aussi un grand réconfort, dans la mesure où elles invitent à se décharger de toutes ses inquiétudes et de se réjouir de l’amour de Dieu qui seul suffit.

La prière de saint Ignace de Loyola :

« Prends Seigneur, et reçois toute ma liberté, ma mémoire, mon intelligence et toute ma volonté. Tout ce que j’ai et tout ce que je possède. C’est toi qui m’as tout donné, à toi, Seigneur, je le rends. Tout est à toi, disposes-en selon ton entière volonté. Donne-moi seulement de t’aimer et donne-moi ta grâce, elle seule me suffit. »

La prière de sainte Thérèse d’Avila :

« Que rien ne te trouble,
que rien ne t’effraie ;
tout passe.
Dieu ne change pas :
la patience obtient tout ;
celui qui possède Dieu
ne manque de rien
Dieu seul suffit ! »

La prière de Saint Claude de la Colombière :

« Mon Dieu, je suis si persuadé que tu veilles sur ceux qui espèrent en toi, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de toi toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur toi de toutes mes inquiétudes : « Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance » (Ps 4, 9). Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de te servir, je puis même perdre ta grâce par le péché; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : « Dans la paix, moi aussi, je me couche et je dors ». Certains peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leurs pénitences, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières. Pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne. Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de toi, ô mon Dieu, que je l’espère. Amen. »

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