Aleteia logoAleteia logoAleteia
Mardi 24 mai |
Saints Donatien et Rogatien
Aleteia logo
Culture
separateurCreated with Sketch.

« Mort sur le Nil » : un Hercule (Poirot) affaibli par l’amour

HERCULE POIROT

© IMDB

Louise Alméras - publié le 08/02/22

Après "Le Crime de l’Orient-Express", sorti en 2017, le réalisateur Kenneth Branagh s’attaque à un autre best-seller d’Agatha Christie : "Mort sur le Nil". Ce nouveau film, très attendu par tous les fans de la romancière, sort ce 9 février au cinéma. S'il éblouit par son casting, il brille moins par la caractérisation de certains personnages et la mise en scène.

Tout le monde se souvient des interprétations remarquables de Peter Ustinov, Mia Farrow et Jane Birkin dans l’adaptation du livre Mort sur le Nil de la romancière anglaise sortie en 1978 et réalisée par John Guillermin. Tant et si bien que les images du film resteront celles que l’on associe au livre. Mais l’œuvre d’Agatha Christie demeure assez puissante et ingénieuse pour sauver quiconque s’attachera à la mettre en bobines.

Kenneth Branagh, grand acteur et réalisateur britannique issu de la Royal Shakespeare Company, s’est lui aussi lancé le pari d’adapter le célèbre roman policier. Mais il ne s’est pas contenté de mettre en scène son film. Il incarne, lui-même, le célèbre détective belge Hercule Poirot pour la seconde fois. Et le casting est brillant, avec Gal Gadot (Wonder Woman) en Linnet Ridgeway et Armie Hammer en Simon Doyle (Call me by your name) pour jouer le couple mythique de l’histoire. Mais la mise en scène manque parfois de nous faire véritablement croire au suspens. 

Les crimes d’amour justifient-ils l’overdose d’amour ?

On ne se souvenait pas à quel point le livre d’Agatha Christie prêtait aux personnages autant d’attaches amoureuses car le film tourne essentiellement autour de cela. La scène d’ouverture, plutôt réussie, nous montre Hercule Poirot en soldat, en pleine guerre, déjà brillant par son intelligence. Guerre qui lui fit perdre la femme qu’il aimait. On passe ensuite à la présentation des personnages où la passion amoureuse se devine déjà en filigrane. Le voyage en Égypte arrive, enfin, avec son lot d’inquiétudes, bien qu’il s’agisse d’un voyage dédié au mariage des deux protagonistes. Hercule Poirot, engagé secrètement pour une affaire, est de la partie en guise d’invité.

Parmi eux, l’ex-fiancé de Linnet, accompagnée de son infirmière, son directeur financier et une célèbre chanteuse avec sa nièce. Et, en marge, son ancienne amie — à qui elle a volé son fiancé — désespérée et déterminée à poursuivre le couple de jeunes mariés. Au bout d’un moment, on ne sait plus si l’intrigue est de savoir qui aime ou a aimé qui, ou s’il s’agit de trouver l’auteur des tentatives d’assassinats, puis des crimes. Mais l’action bien menée et le jeu des acteurs nous aident à poursuivre l’histoire.

Mort du passé sur le Nil

L’essentiel de l’intrigue se situe sur un bateau de croisière au beau milieu du Nil. Le faste et l’amour y sont les principaux carburants. Pendant ce temps là, Hercule Poirot avance dans son enquête gardée secrète et ne manque pas de tomber amoureux, lui aussi. On aurait préféré l’entendre dégainer quelques répliques piquantes au lieu de le voir s’amollir au contact de l’amour. Malgré tout, Kenneth Branagh l’interprète à la perfection.

Il faut attendre le premier crime pour qu’Hercule Poirot entre véritablement en scène et que l’action devienne plus intéressante. C’est alors que le piège de l’amour se referme et dévoile tous ses plus fins poisons. Si certaines scènes rehaussent l’intrigue, d’autres apparaissent hors-sujet comme la volonté d’évoquer le racisme ou l’homosexualité — des sujets absents du roman d’Agatha Christie — et qui ne servent pas l’histoire. En effet, en regardant Hercule Poirot, on se plait davantage à admirer sa fabuleuse matière grise plutôt qu’à le voir en défenseur des injustices du monde. Malgré tout, les moyens et le casting sont là et certaines répliques valent le détour. Et en sortant, on se demande quels crimes n’a pas commis l’amour, puisqu’il a même réussi à affaiblir Poirot. 

Pratique :

Mort sur le Nil, de Kenneth Branagh, avec Keneth Branagh, Armie Hammer, Gal Gadot, Tom Bateman, Emma Mackey, 2h07, en salles le 9 février.
Tags:
CinémaFilm
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
FR_2_NEW.gif
Le coin prière
La fête du jour





Confiez vos intentions de prière à notre communauté de plus de 550 monastères


Top 10
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement